3 min de lecture Tour de France

Tour de France 2014 : sur les pavés, "survivre" était le seul objectif des coureurs

REPORTAGE - Entre pluie et pavés, les protagonistes de la 5e étape de la 101e édition de la Grande Boucle ont vécu un calvaire, mercredi 9 juillet entre Ypres et Arenberg.

L'Italien Vincenzo Nibali ( au second plan) a été le grand vainqueur de "l'étape des pavés", mercredi 9 juillet 2014
L'Italien Vincenzo Nibali ( au second plan) a été le grand vainqueur de "l'étape des pavés", mercredi 9 juillet 2014 Crédit : AFP/E.Feferberg
Guillaume Gorgeu Journaliste RTL

Les témoignages donnent une nouvelle fois raison à un personnage de l’histoire du Tour, Eugène Christophe, qui, en 1919, a été le premier à parler "d’enfer du Nord", en évoquant les pavés. "Zubeldia m’a dit : survis juste" pendant la traversée des pavés, a raconté Pierre Rolland. 

Le leader de la formation Europcar a tenté de limiter l’écart avec le maillot jaune lors de cette 4e étape du Tour 2014 (4 minutes 16 secondes de retard à l’arrivée), mercredi 9 juillet, mais l’important était ailleurs. "Je préfère prendre deux minutes et avoir mes deux clavicules indemnes", a déclaré le Français.

Un avis partagé par Contador, Van Den Broeck, Romain Bardet et tous ceux qui visent un podium ou un top 10. Les conditions apocalyptiques ont eu pour conséquence de voir des cyclistes esseulés sur plusieurs kilomètres. Du premier, Lars Boom, au dernier, Janier Acevedo (32 minutes de retard), tous peuvent se satisfaire de s’être sortis entiers, ou presque, d’un "enfer du Nord" à la hauteur de sa légende. 

L'Espagnol Alejandro Valverde aterminé 26e de l'étape entre Ypres et Arenberg
L'Espagnol Alejandro Valverde aterminé 26e de l'étape entre Ypres et Arenberg

Une étape à jamais dans l’histoire

Ce 9 juillet restera dans les annales du Tour avec ces images marquantes. À une époque où toutes les courses par étapes sont formatées, la distance totale réglementée, le nombre d’étape au dessus de 200 km limité, l’étape de 155 km entre Ypres et Arenberg a renoué avec les souffrances d’un temps perdu, comme ceux de Darrigade et bien d’autres.

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Le peloton coloré a laissé place aux "gueules noires". Le temps d’une journée, les 194 acteurs au départ ont montré un spectacle comme seul ce sport peut le montrer. Des hommes qui se battent coûte que coûte contre les conditions atmosphériques, mais surtout contre eux même et la crainte de ne jamais voir l’arrivée. Ceux qui ont évité les chutes sont ceux qui ont surmonté leur peur, comme Vicenzo Nibali. 

Les pavés font partie de l'histoire du Tour

Christian Prudhomme
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Certes, ces étapes du Nord sont dangereuses. Mais comme l’a très bien rappelé le directeur de la course Christian Prudhomme, "les pavés font partie de l’histoire du Tour". Même les plus grands vainqueurs de la Grande Boucle ont dû se battre avec. En 1979, Bernard Hinault l'a emporté alors qu’il avait perdu près de trois minutes sur le leader provisoire lors d’une étape qui comportait plus de 50 km de chemins en pierre.

Bernard Hinault en juillet 1979
Bernard Hinault en juillet 1979

Les organismes devront s’en remettre

Alors que les coureurs poursuivent ce Tour de France 2014 avec une 6e étape entre Arras et Reims, sur un parcours a priori plus aisé, les organismes, eux, devront se remettre des pavés. Il faudra attendre les quelques jours qui suivent pour voir qui seront les plus touchés. Les sept secteurs pavés interminables dans les flaques et la boue ont remué les coureurs, en particulier les non spécialistes de Paris-Roubaix.

Car si "l’enfer du Nord" n’a entraîné aucun abandon, celui de Christopher Froome s'étant produit avant le début des pavés, le stress, la concentration, les efforts et la fatigue musculaire auront sûrement leurs importances dans l’étape 6, où la pluie est à nouveau annoncée, et jusqu’au premier jour de repos. Les coureurs n’ont fait qu’un mini Paris-Roubaix, mais ils ont terminé l’étape, pourtant courte, avec les mêmes stigmates et la même fatigue physique et nerveuse qu’après la classique d’avril.

Pour terminer en jaune, il faut être un coureur complet

Pierre Rolland, leader de la formation Europcar
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Si certains n’acceptent pas le tracé des organisateurs dans une course de trois semaines, d’autres, comme Pierre Rolland, estiment que ceux qui ne sont pas contents "le savaient et n’auraient pas du prendre le départ" du Tour de France. Et il conclut : "Pour terminer en jaune, il faut être un coureur complet", sur n’importe quel terrain. 

Le profil de la 5e étape du Tour de France 2014
Le profil de la 5e étape du Tour de France 2014 Crédit : FH/PLD L. SAUBADU/D. MAYER / AFP
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