3 min de lecture Dopage

Maria Sharapova suspendue 2 ans pour dopage : qu'est-ce que le meldonium ?

ÉCLAIRAGE - L'ancienne n°1 mondiale, 29 ans, avait fait l'objet d'un contrôle antidopage positif en janvier dernier lors de l'Open d'Australie. Elle avait reconnu le 7 mars avoir pris du meldonium.

Maria Sharapova le 26 janvier 2016 à Melbourne
Maria Sharapova le 26 janvier 2016 à Melbourne Crédit : Bi Mingming/Xinhua/SIPA
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

La sanction est tombée mercredi 8 juin en fin d'après-midi, annoncée par le Fédération internationale de tennis : Maria Sharapova a écopé de deux années de suspension pour un contrôle antidopage positif au meldonium au tout début de l'année. Et bien qu'elle ait elle-même reconnu avoir consommé la substance incriminée, l'ancienne numéro 1 mondiale, redescendue au 26e rang depuis sa suspension provisoire en mars, a immédiatement décidé de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport.

Inconnu du grand public, le meldonium (ou mildronate) est un médicament créé au milieu des années 1970 en Lettonie. Il sert notamment dans la prévention des infarctus et contre l'ischémie, un manque de sang oxygéné à un organe. Maria Sharapova affirme l'avoir utilisé sur prescription d'un médecin depuis dix ans pour "traiter des problèmes de santé récurrents, un déficit en magnésium, une arythmie cardiaque et des cas de diabète dans [sa] famille". Principalement utilisé dans les pays de l'ex-URSS, ce produit n'a jamais été autorisé en Europe et aux États-Unis par les autorités sanitaires compétentes.

Un médicament détourné

Ce n'est que depuis le 1er janvier 2016 que cette solution clinique est considérée comme illicite pour les sportifs par l'Agence mondiale antidopage (AMA). Une interdiction récente que semblait ignorer Maria Sharapova : "Le règlement a changé et ce médicament est devenu un produit prohibé, ce que je ne savais pas. (...) Je suis pleinement responsable, j'ai fait une énorme erreur. J'ai reçu un mail de l'AMA fin décembre et je n'ai pas contrôlé la liste pour voir si ce médicament figurait maintenant sur la liste des produits prohibés".

Or, le meldonium est désormais classé dans la catégorie des hormones et modulateurs métaboliques car il est suspecté d'avoir été détourné de son usage premier. De nombreux athlètes l'utiliseraient "dans le but d'augmenter leurs performances" grâce à cette substance qui permet d'apporter plus d’oxygène aux tissus musculaires et de réduire le dépôt des résidus toxiques dans le myocarde, indique The Guardian. Les spécialistes s'étaient d'ailleurs étonnés des résultats d'une étude, menée en 2015 par l'Institut de biochimie et le Centre de recherche préventive sur le dopage en Cologne, qui montrait que 2,2% de 8.320 échantillons urinaires issus de contrôles antidopage contenaient des traces de meldonium.

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Si ce médicament connaît désormais une notoriété soudaine, ce n'est pas la première fois qu'il est impliqué dans un contrôle antidopage positif. Depuis son interdiction, de nombreux sportifs ont été cueillis. C'est notamment le cas de l'athlète suédoise Abeba Aregawi, championne du monde 2013 du 1.500 mètres, la patineuse russe Ekaterina Bobrova, la biathlète ukrainienne Olga Abramova ou encore le cycliste Edouard Vorganov de la formation russe Katusha.

Avec sa communication de crise rondement rodée - "Je suis pleinement responsable" - et sa justification affirmant qu'il s'agit d'une affaire de dopage par négligence, Maria Sharapova semble avoir limité quelque peu limité les dégâts. Pour autant, son cas sème le trouble sur son utilisation du meldonium pendant une dizaine d'années.

L'ancienne joueuse américaine, Jennifer Capriati, n'a d'ailleurs pas caché sa colère envers la Russe : "Quel intérêt pour quelqu'un de prendre un médicament pour le cœur qui aide à récupérer plus vite, à moins d'avoir un problème cardiaque ?", s'est-elle interrogée dans une série de tweets avant de poursuivre ses attaques : "Je n'avais pas une équipe de docteurs payés à prix d'or qui trouvent une façon de contourner le règlement en attendant que la science les rattrape". Celle qui avait remporté Roland-Garros en 2001 n'a alors pas hésité à réclamer que Maria Sharapova soit "dépossédée de ses titres, si tout cela était avéré".

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