3 min de lecture Sexisme

Le président des gynécologues de France répond à la polémique

ÉCLAIRAGE - Lors du congrès du Collège national des gynécologues et obstétriciens de France, une phrase partagée sur une diapositive comparant les femmes à des juments a choqué de nombreuses personnes. Le CNGOF s'est excusé.

La profession de gynécologues sous le feu des projecteurs
La profession de gynécologues sous le feu des projecteurs Crédit : iStock / Getty Images Plus
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

La profession des gynécologues et obstétriciens est une fois de plus sous le feu des projecteurs. Après les propos polémiques du président du syndicat national des gynécologues et obstétriciens qualifiant l'avortement "d'homicide", une phrase tirée d'une présentation lors du congrès national du Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF), a attiré l'attention des associations de défense des droits des femmes : "Les femmes c'est comme les juments, celles qui ont de grosses hanches ne sont pas les plus agréables à monter, mais c'est celles qui mettent bas le plus facilement", était-il écrit sur une slide de présentation à ce congrès qui s'est déroulé du 5 au 7 décembre à Strasbourg, 

"Sexisme honteux au congrès national des gynécologues obstétriciens", a ainsi dénoncé  l'association Osez le féminisme dans un message publié sur Twitter le 7 décembre. 

Les excuses du CNGOF

Le président du CNGOF a répondu à la polémique dans un communiqué publié sur son site et une vidéo dévoilée sur les réseaux sociaux au moment du congrès. "Lors de la présentation de la Recommandation pour la pratique clinique Protection périnéale (...), une diapo citant un texte ancien de 999 a choqué de nombreuses personnes. Sortie de son contexte, elle peut faire croire que celui qui l'a présentée en valide le sens, ce qui n'est pas pas le cas", a assuré Israël Nisand.

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"Quoi qu'il en soit, je souhaite très officiellement dire au nom de CNGOF, que toute notre profession est arc-boutée sur la défense des femmes, de leur santé et de leur dignité", a-t-il ajouté. "Je prie donc tous ceux qui ont pu être choqués par l'affichage inapproprié de cette phrase moyenâgeuse d'accepter les excuses du CNGOF qui, bien sûr, regrette cet acte déplacé."

Renaud De Tayrac, professeur à l'origine de la présentation, a également publié un communiqué dans lequel il présente ses excuses. "L'intention n'était absolument pas d'être provocateur ou polémique", a-t-il affirmé, "mais de faire un rappel historique sur la vision de l'anatomie du bassin féminin et des difficultés de l'accouchement au Moyen-Âge. Mon objectif était de démontrer au cours de la présentation qui suivait que les connaissances obstétricales avaient beaucoup progressé depuis".

"Nous attendons plus que des 'excuses'", a alors répondu l'association ENDOmind au collège national. "Un vrai changement, une vraie écoute, une réelle prise en considération des attentes des femmes, de leurs besoins, de la réalité de leurs vies... un vrai respect". 

Un programme remettant en cause la réalité des violences obstétricales ?

Osez le féminisme a également signalé le programme de ce congrès. Initialement, ce dernier aurait proposé une conférence intitulée : "Ces prétendues violences obstétricales : les enjeux juridiques" et "Comment se prémunir des plaintes pour attouchements sexuels". Osez le féminisme estime que ces intitulés traduisent une certaine défiance des femmes se plaignant de violences obstétricales et un déni de l’existence même de ces dernières.

Cet été pourtant, le Haut conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) tirait la sonnette d'alarme, parlant des violences obstétricales et gynécologiques comme des faits loin d'être isolés, allant de l'injure sexiste au manque d'écoute, en passant par des actes médicaux non-consentis ou des agressions sexuelles.

Contacté par nos soins, le président du collège, Israël Nisand, explique à RTL Girls que ces intitulés dénoncés par l'association féministe étaient des brouillons qu'il n'avait pas validés alors même qu'ils étaient dévoilés dans la presse. 

"Je ne cherche pas à ce que les médecins se prémunissent des violences, je cherche à faire en sorte qu’ils n’en fassent pas", a-t-il expliqué avant de s'étonner qu'Osez le féminisme ne soit pas venu parler directement avec lui de ce problème.

J'ai toujours dit que certains collègues ont un comportement inadapté

Israël Nissand, président du CNGOF
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L'intitulé final du programme dénoncé par l'association féministe parle alors "des enjeux juridiques des 'violences obstétricales'". "Le discours est le même", accuse encore une fois Osez le féminisme qui parle d'un déni des violences gynécologiques et obstétricales.

"J'ai toujours dit que certains collègues ont un comportement inadapté, il ne s'agit pas du tout de nier cela", s'est justifié Israël Nissand à RTL Girls. "Il n'y a pas de déni sur l'existence de femmes qui sont en souffrance grave". Le professeur assure cependant "ne pas avoir les moyens" de modifier les comportements inadaptés des gynécologues. "Les femmes ont ces moyens de faire en sorte que les comportements déplacés disparaissent", en faisant appel à la justice, par exemple. 

Lorsqu'on le questionne alors sur le manque de formation des gynécologues sur les "violences obstétricales", Israël Nissand répond que "oui, bien sûr", il y a un travail à effectuer et que les congrès sont là pour ça, ainsi que les associations. 

Le professeur appelle donc les groupes féministes à venir aider le collège national "pour que les soins aux femmes s'améliorent" et assure à RTL Girls que l'association ENDOmind aura une réponse comme elle l'a demandé sur Twitter. 

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Le président des gynécologues de France répond à la polémique
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ÉCLAIRAGE - Lors du congrès du Collège national des gynécologues et obstétriciens de France, une phrase partagée sur une diapositive comparant les femmes à des juments a choqué de nombreuses personnes. Le CNGOF s'est excusé.
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2018-12-10 12:34:00
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