2 min de lecture Télévision

Isabelle Morini-Bosc : "Personne ne peut accuser Vincent Bolloré de cacher ses intentions"

ÉDITO - Vincent Bolloré, patron de "Canal +" suit obstinément le calendrier qu'il s'est fixé en 2014. Il compte se dépenser pour que ses troupes ne dépensent pas sans compter.

Vincent Bolloré, président du groupe Vivendi
Vincent Bolloré, président du groupe Vivendi Crédit : AFP PHOTO / ERIC PIERMONT
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

C'est quand même curieux de constater à quel point, dans les médias, nous écoutons tous mal. Ce n'est pourtant pas faute de tendre l'oreille à toutes les rumeurs qui courent, qui passent, voire qui traînent. Nous avons ainsi régulièrement relayé les petites phrases et les premières décisions de Vincent Bolloré, principal actionnaire du groupe Vivendi, et à ce titre big boss de Canal+.
Celle de ses actions qui a suscité le plus de réactions ? Avoir "acté" au début du mois de juillet la fin de la diffusion des Guignols de l'info en clair au quotidien. Un fait globalement ressenti comme un méfait, même par ceux qui oubliaient de plus en plus souvent de regarder ce rendez-vous quotidien naguère encore "incontournable". Vincent Bolloré ne s'était pas encore exprimé que tout le monde l'avait déjà fait parler, en lui prêtant d'abord l'intention de supprimer complètement les marionnettes, lui qui tirait les ficelles.

Impunité sur le plan éditorial

On peut comprendre d'ailleurs la détresse des premiers auteurs des Guignols, contraints au départ alors qu'ils avaient toujours constitué un état dans l'état craint par tous et donnant le ton avant la consécration du Petit Journal. En fait, quelque brutal que cela puisse être ou paraître, Vincent Bolloré suit obstinément le calendrier-GPS qu'il s'est fixé en 2014 et qu'il avait prévenu qu'il allait suivre ! Peut-on être surpris qu'un décideur nommé pour décider prenne effectivement des décisions ? Qu'il s'entoure de gens en qui il a toujours eu confiance ? Qu'il compte se dépenser pour que ses troupes ne dépensent pas sans compter ? Qu'il veuille faire grimper, et l'audience et le nombre d'abonnés ?

Les équipes avaient jusque-là vécu en toute impunité sur le plan éditorial. Rédaction et direction se croisaient aussi peu que des droites parallèles pour "les choses qui fâchent". Ou si peu. C'était une sorte de séparation de l'église et de l'état médiatique, en somme. Une autre époque commence. En clair (même pour le crypté), Vincent Bolloré dit ce qu'il fait, fait ce qu'il dit, et personne ne peut l'accuser de cacher ses intentions quand il annonce qu'il sera sur tous les fronts.

Risques d'autocensure

D'où des craintes et des appréhensions légitimes au sein des troupes du groupe canalien. D'où également des risques d'autocensure. Alors ? Alors il faut attendre. Saluer le départ de grands professionnels (Rodolphe Bellmer, Ara Aprikian, Bertrand Méheut). Et tout bêtement observer l'antenne et les coulisses en attendant les premiers résultats. Parce que, pour reprendre une expression triviale qui serait -je l'admets- plus adaptée dans L'amour est dans le pré, c'est à la fin du marché qu'on compte les bouses. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Télévision Canal+ Guignols de l'info
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants