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Netflix : pourquoi il faut regarder "The Last Dance", le documentaire sur Michael Jordan

Netflix a eu la riche idée de diffuser un documentaire retraçant la dernière saison aux Bulls de Michael Jordan, icône mondiale et meilleur basketteur de tous les temps.

4 - Michael Jordan (32.292 points) en février 1998.
4 - Michael Jordan (32.292 points) en février 1998. Crédit : AFP/V.Bucci
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Il est peut-être (sans doute) le plus grand basketteur de l'histoire. Michael Jordan a tout gagné, sur le terrain et en dehors. Le petit gamin de Caroline du Nord est devenu une icône du sport et un entrepreneur milliardaire, symbole du sport business mondialisé avant même l'avènement des footballeurs. Et c'est pour cela que le documentaire diffusé sur Netflix, retraçant la saison de son dernier titre aux Chicago Bulls, est tant attendu.

Les deux premiers épisodes de The Last Dance sont disponibles depuis ce lundi 20 avril en France, sur la plateforme. Et si les fans de basket et de NBA attendent cet événement depuis plusieurs mois, le documentaire n'est pas uniquement adressé aux amateurs de sport. Car la vie de Michael Jordan, c'est une histoire digne d'un film, d'une success story à l'Américaine avec ses drames et ses happy ends. 

La légende sportive de Michael Jordan débute le 29 mars 1982, en finale du championnat universitaire NCAA. Sous le maillot de North Carolina, il inscrit au "buzzer" le tir de la victoire qui offre le titre au Tar Heels la mythique université. Sa réputation de joueur "clutch" (décisif) est alors lancée, sa faculté à rentrer des tirs décisifs devient sa signature. Et The Last Dance montre la manière dont le joueur a forgé cette faculté, à travers un mental d'acier et une exigence de tous les instants. 

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The Last Dance | Teaser VOSTFR | Netflix France

Un despote de la gagne

Une exigence qu'il imposait à tous ses coéquipiers, parfois de manière despotique au sein des Chicago Bulls. Jason Hehir, réalisateur du documentaire, a même confié que Michael Jordan avait peur que son image soit écornée par certaines anecdotes ou des témoignages de son obsession de la victoire. Mais cette attitude, qui a pu briser certains coéquipiers, était basée sur un postulat de départ : "Demandez à tous mes coéquipiers. Michael Jordan ne leur a jamais demandé de faire quelque chose que lui ne faisait pas", a confié His Airness ("sa majesté le roi des airs") au réalisateur. 

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Un exigence qui vient nourrir une arrogance certes déjà connue, mais dont les anecdotes viennent alimenter The Last Dance. On apprend qu'un soir de 1987, avant un match face à Atlanta, il entre dans le vestiaire adverse et file vers le joueur chargé de défendre sur lui conseillant de bien lacer ses baskets. À la fin du match, Jordan avait claqué 61 points. 

Un personnage public n'est jamais lisse, et Michael Jordan n'échappe pas à la règle. Dans une NBA au jeu rugueux, notamment dans la conférence Est, Jordan a dû perdre et prendre physiquement des coups avant de gagner. Il a eu à battre des joueurs devenus des légendes du jeu, une densité d'équipes capables de gagner le titre rarement vu en NBA. Il a ainsi battu 5 équipes différentes sur les 6 finales jouées.

Les ingrédients d'une bonne série

On apprend aussi comment Jordan s'est relevé de chaque défaite, en sachant ce qu'il ne fallait plus faire pour ne plus perdre, et ce qu'il fallait faire pour gagner. Il a su ainsi faire face à la critique après le cinquième titre, repoussant ceux qui pensaient ses Bulls vieillissants, afin de les mener aux sixième sacre. Regarder The Last Dance, c'est suivre une série. On y retrouve héros, des "bons", des "méchants", des cliffhangers, une mort et une renaissance. 

La mort, elle a frappé "MJ" lorsque son père a été tué par balles au bord d'une route en 1993, sans raison particulière, et qui amènera le joueur a prendre sa retraite à l'issue du premier triplé bouclé, au sommet de son art, pour s'essayer au baseball. Mais ne pas gagner est insupportable, et Jordan revient en cours de saison 1994-1995. Une reprise de marques avec le numéro 45 sur le dos avant d'entamer la saison suivante avec le mythique 23 sur les épaules et nouveau triplé en 1996, 1997, 1998. Michael Jordan n'a jamais perdu une finale NBA. La marque du GOAT (Greatest Of All Time, le meilleur de tous les temps). 

Le sportif le plus "bankable" jamais vu

The Last Dance n'est pas un documentaire comme les autres car les archives seront très nombreuses. Très tôt, Michael Jordan a été identifié par Nike et la NBA comme une icône publicitaire, et a donc été filmé, interviewé, il a vécu 20 ans avec les projecteurs braqués sur lui. 

C'est ainsi que des caméras ont été autorisées à suivre l'équipe lors de la saison 1997-98. Son image a fait exploser les ventes de Nike, qui lui a consacré une ligne puis une marque à son nom. La NBA et son commissionner de l'époque David Stern ont misé sur l'image de Jordan afin de mondialiser la ligue. 

Arrivé à la tête de la NBA en 1984, date de l'arrivée de Jordan dans la ligue professionnelle, David Stern a eu le flair de s'appuyer sur le joueur pour faire exploser la notoriété de sa compétition. Un virage marketing porté par un joueur qui a changé le jeu. Aérien, fluide, créatif, Michael Jordan a donné une esthétique au jeu. Il était un athlète sublime, il était beau à voir jouer, il avait un sourire "colgate" ; il était une bénédiction pour la NBA, qui cherchait aussi à se donner une image plus propre, nettoyées des scandales extra-sportifs. 

Rarement un joueur aura fait autant de publicités, jamais un joueur n'a été aussi payé (40 millions de dollars par an, uniquement via son contrat de joueur des Bulls sur la fin de sa carrière). Il a tourné au cinéma dans Space Jam, il a été une rock star lors des JO de Barcelone en 1992 avec le Dream Team, il aimait les paris et les jeux d'argent en général, sa silhouette est devenu l'un des logos les plus reconnus de la planète. Bref, il méritait largement un documentaire retraçant sa légende à travers celle d'une saison qui illustrera bien son parcours. 

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