3 min de lecture Le Hobbit

"Le Hobbit : la bataille des cinq armées" : des adieux infidèles

NOUS L'AVONS VU - Peter Jackson a laissé libre cours à ses fantasmes dans ce troisième et dernier volet du "Hobbit". Le film, épique à souhait, comporte des transgressions à l'oeuvre de Tolkien plus fragrantes qu'à l'accoutumée.

Le Hobbit 3 : la Bataille des Cinq Armées
Le Hobbit 3 : la Bataille des Cinq Armées Crédit : Warner Bros
Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron
Journaliste RTL

Pour tous les fans, il est temps de dire adieu à la Terre du Milieu. Après 13 années d'aventures au cinéma, les personnages de J.R.R Tolkien, mis en scène par Peter Jackson, tirent leur révérence. Ce mercredi 9 décembre sort Le Hobbit : la bataille des cinq armées, dernier volet d'une trilogie qui aura autant charmé qu'exaspéré.

En adaptant une nouvelle oeuvre de Tolkien en 2012, le réalisateur néo-zélandais a ravi les fans peu disposés à quitter cet univers devenu si populaire. Mais le livre Le Hobbit - aussi profond et poétique soit-il - n'avait pas la structure voire la matière pour une trilogie, contrairement au Seigneur des anneaux. Un voyage inattendu, La désolation de Smaug et La bataille des cinq armées reposent en moyenne sur 6 chapitres chacun. Au fil des années, les adaptations se sont révélées épiques et fantaisistes à souhait, mais également infidèles à l'oeuvre de Tolkien. C'est particulièrement vrai dans ce troisième volet. 

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Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées - Bande Annonce Officielle (VF) - Peter Jackson

Pendant une heure, seul le bruit des armes résonne

Pour meubler, Peter Jackson a laissé libre cours à ses fantasmes. Certains personnages du Seigneur des anneaux peuplent ainsi ce troisième volet plus pour le sport que pour l'intrigue. Legolas (Orlando Bloom) rythme les 2h40 de ses acrobaties spectaculaires et alimente le triangle amoureux introduit par Peter Jackson. Galadriel (Cate Blanchett) offre un face à face hors contexte avec Sauron. Cette scène, pourtant terriblement accrocheuse, ne semble être qu'un prétexte pour lier à tout prix Le Hobbit au Seigneur des anneaux.

La bataille - qui se concentre sur peu de pages dans Le Hobbit - s'étire sur une bonne heure dans le film de Peter Jackson. Fort de sa réussite avec la bataille du gouffre de Helm (Le Seigneur des anneaux), le réalisateur néo-zélandais a chargé d'effets spéciaux cette nouvelle guerre entre nains, hommes, elfes et gobelins. Pendant plus d'une heure, seul le bruit des armes résonne. Pas un dialogue. Le spectateur est à la fois captivé par ce spectacle guerrier très bien orchestré et surpris par ce vide.

Si c'est ça l'amour, je n'en veux pas. Pourquoi cela fait-il si mal ?

Tauriel dans "Le Hobbit 3"
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Contraint de romancer pour combler, Peter Jackson a mis l'accent sur l'histoire d'amour entre le nain Kili et le personnage elfique inventé de toute pièce, Tauriel (Evangeline Lilly). Sans contester ce choix, le cinéaste aurait pu épargner quelques répliques à ses fans : "Si c'est ça l'amour, je n'en veux pas", pleure Tauriel auprès de Thranduil. "Pourquoi cela fait-il si mal ?", insiste-t-elle. "C'est que tu as connu le véritable amour", lui répond le roi des Elfes. Ou encore, message de Kili le nain à Tauriel : "Tu me fais me sentir vivant".

L'histoire d'amour entre Kili et Tauriel prend une place importante dans le 3ème volet
L'histoire d'amour entre Kili et Tauriel prend une place importante dans le 3ème volet Crédit : Capture d'écran

Un grand goût de nostalgie

Les adaptations du Hobbit n'ont pas besoin d'être fidèles pour fonctionner au box-office. Un voyage inattendu en 2012 avait récolté 1 milliard de dollars de recettes dans le monde. La désolation de Smaug, l'année suivante, avait engrangé 958 millions de dollars de bénéfices. La bataille des cinq armées devrait atteindre ces mêmes chiffres, surtout que ce dernier volet comporte tout de même quelques pépites visuelles. Les 30 premières minutes - celles de l'attaque de Smaug - sont les plus palpitantes et aussi les plus spectaculaires. Peter Jackson et ses équipes prouvent une fois de plus toute leur maîtrise technique de l'univers et des paysages de Tolkien. 

L'attaque de Smaug dans "Le Hobbit 3"
L'attaque de Smaug dans "Le Hobbit 3" Crédit : Capture d'écran

Que l'on juge ses adaptations infidèles ou non, sans Peter Jackson les livres de Tolkien n'auraient probablement jamais connu une telle popularité à notre époque, ni fidélisé plusieurs générations. Aussi fantaisiste soit-il, ce troisième volet laisse un grand goût de nostalgie lorsque retentit le générique de fin pour (normalement) la toute dernière fois.

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