5 min de lecture Bridget Jones

"Bridget Jones Baby" : un retour gagnant malgré quelques blagues éculées

NOUS L'AVONS VU - Que vaut le troisième volet de la saga "Bridget Jones" avec Renée Zellweger, Patrick Dempsey et Colin Firth ? Enfanté dans le douleur et de manière très tardive, le film va diviser.

Renée Zellweger dans "Bridget Jones Baby"
Renée Zellweger dans "Bridget Jones Baby" Crédit : Copyright 2016 UNIVERSAL STUDIOS, STUDIOCANAL AND MIRAMAX. ALL RIGHTS RESERVED
Benjamin Pierret
Benjamin Pierret

C’est le retour que les fans n’attendaient plus. Bridget Jones Baby, troisième volet de la célèbre saga romantico-comique, sort en salles le 5 octobre prochain. Il aura fallu douze ans pour que la célibataire la plus maladroite d’Angleterre revienne sur les écrans. Bridget Jones 2 : l’âge de raison, sorti en 2004, avait laissé l’anti-héroïne dans la meilleure des postures : fiancée au beau Mark Darcy (Colin Firth) après avoir (de nouveau) failli tomber entre les griffes du machiavélique Daniel Cleaver (Hugh Grant).

Douze ans plus tard, Bridget Jones a la quarantaine... et elle est de nouveau célibataire. Dans ce nouveau volet réalisé par Sharon Maguire (qui a signé le premier film), elle rencontre Jack Qwants (Patrick Dempsey) avec qui elle s'octroie une nuit d'amour. Quelques semaines (et un autre étourdissement avec Mark Darcy) plus tard, Bridget Jones est enceinte. Ce qui pose la question sur laquelle est basé ce troisième film : qui est le père du bébé ? 

Un scénario remanié plusieurs fois

La production du long-métrage s’est révélée aussi chaotique que la vie amoureuse de la trentenaire désespérée. Annoncé en 2009, le film a vu son scénario remanié plusieurs fois, son réalisateur changé à deux reprises et, coup de grâce, Hugh Grant abandonner le navire : mécontent de l’intrigue, l’acteur britannique, pilier des aventures de Bridget Jones, annonce en 2014 que le troisième volet se fera sans lui.

Renée Zellweger, qui n’est pas apparue à l’écran depuis My Own Love Song en 2010, fait quant à elle l’objet de toutes les critiques depuis 2014, quand une apparition sur un tapis rouge lance de persistantes rumeurs de chirurgie esthétique. Autant d’impondérables qui rendent un peu incertaine la sortie de ce troisième volet. D’autant que douze ans, c’est un peu long, pour une héroïne de comédie romantique. Comment Bridget Jones a-t-elle réussi à se relever des nombreux obstacles qui ont entravé son retour à l’écran ? Plutôt très bien. 

L'équilibre parfait entre continuité et renouvellement

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En douze ans, les téléspectateurs ont vu, vécu et aimé pas mal de choses. Heureusement, Bridget Jones aussi. Et c’est ce qui fait le charme de ce troisième volet ; l’héroïne se retrouve dans une situation radicalement différente de celle des deux premiers films. De journaliste peu sérieuse, elle est devenue productrice d’une émission de hard-news. Savamment enlaidie durant les deux premiers épisodes, à grands coups de kilos en trop, de tenues boudinantes et de graisse dans les cheveux, elle apparaît radieuse, élégante, et surtout très fière d’avoir enfin atteint son poids idéal. Seul paramètre inchangé : Bridget Jones attaque la quarantaine célibataire.

Alors que tous ses potes de galère sont mariés et embarrassés de guirlandes d’enfants, elle vit seule dans le même appartement. Une situation qui, évidemment, ne s’éternise pas. Car le paradoxe sur lequel la saga fonde son succès est toujours bien présent : Bridget Jones, présentée comme une indécrottable célibataire désespérée de trouver l’âme sœur, reste néanmoins la femme la plus courtisée de Grande-Bretagne (par les plus beaux hommes du pays). 

Patrick Dempsey, le vent de nouveauté

Sans le savoir, Hugh Grant a peut-être fait un joli cadeau à Bridget Jones en la laissant tomber. Parce qu’à bien y réfléchir, on se demande quelle direction aurait pu prendre son personnage. Le premier volet nous a fait découvrir que c’était un goujat, le deuxième a confirmé que c’était un goujat et le troisième aurait peiné à le renouveler dans la goujaterie. Finalement, l'homme à femmes ne manque pas tant que ça. Il faut dire aussi que pour palier son absence, les directeurs de casting ne se sont pas trompés. 

Patrick Dempsey, bon remplaçant de Hugh Grant
Patrick Dempsey, bon remplaçant de Hugh Grant Crédit : Copyright 2016 UNIVERSAL STUDIOS, STUDIOCANAL AND MIRAMAX. ALL RIGHTS RESERVED

En recrutant Patrick Dempsey, sex-symbol révélé au monde et à ses ménagères de moins de cinquante ans dans Grey's Anatomy, la caution glamour était déjà assurée. On regrette un personnage un peu lisse et, surtout, complètement improbable (on imagine plus facilement un quadra richissime faire le tour du monde avec des créatures à peine majeures qu'en train de courir après une madame tout-le-monde qu'il a mise enceinte par inadvertance) mais il fait le job : beau, gentil, charismatique, l'acteur de 50 ans ressemble à la quintessence du personnage de comédie romantique. Le manque de crédibilité du protagoniste, rapidement oublié, n'est pas l'unique reproche à faire à ce troisième volet globalement réussi.

De gags répétés en dialogues désuets

Bridget Jones est maladroite. Dans ses propos, comme dans sa gestuelle. Le public le sait depuis toujours, c'est pour ça qu'il l'aime, mais le a-t-il vraiment besoin de la voir encore bafouiller et tomber dans la boue une énième fois ? Ses vêtements sont sales, elle a l'air d'une folle, c'était très drôle en 2004 mais douze ans plus tard, ça devient quand même un peu lourd ; du clin d’œil à la répétition, il n'y a qu'un pas et, parfois, Bridget Jones Baby le franchit.

Il en va de même pour quelques excès de romantisme un peu difficiles à digérer. Certains dialogues sentent un peu trop fort la rose rouge et, si les répliques dégoulinantes d'amour pouvaient combler les spectateurs néophytes du début des années 2000, pour les yeux plus aguerris (et peut-être moins crédules) de 2016, la magie opère moins. 

Une Bridget Jones moderne pour une Renée Zellweger talentueuse

Avec ce troisième volet, à l'intrigue complètement différente des précédents, on sent l'envie de moderniser l'héroïne. Abonnée aux triangles amoureux, Bridget Jones se retrouve cette fois prête à donner naissance à un enfant qui aura trois parents. Les relations ambiguës des trois personnages principaux, à la limite du polyamour, sonnent comme une envie de nous montrer que l'héroïne, aussi caricaturale qu'elle soit, peut aussi être une femme 2.0. Un petit risque d'actualisation qui paye, même s'il n'est, malheureusement, pas assumé jusqu'au bout.

Les quelques défauts de Bridget Jones Baby sont, tout d'abord, largement compensés par quelques scènes franchement hilarantes. Le film, comme ses prédécesseurs, repose aussi sur sa galerie de second rôles savoureux : ses amis toujours aussi cash, sa mère intenable mais aussi Emma Thompson, hilarante en gynécologue pince-sans-rire et désabusée. Mais, surtout, sur René Zellweger qui reprend avec brio ce rôle qui lui va comme un gant.

Les quelques coups de bistouri qui ont tant fait couler d'encre prouvent surtout, finalement, que le talent de la comédienne ne tient pas à la forme de son nez mais bien à sa capacité à tenir tout un film avec l'honnêteté, la tendresse et l'humour par lesquels elle s'illustre depuis le début de la saga. Que les fans se rassurent : l'actrice et l'esprit de Bridget Jones sont bel et bien là.  

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