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Les salariés de Lanvin réclament le retour d'Alber Elbaz et envisagent un recours en justice

REPLAY / INFO RTL - Les salariés de la maison Lanvin ne digèrent pas le départ du créateur et envisagent un recours en justice pour dénoncer la mauvaise gestion de la direction générale de l'entreprise.

RTL Midi -  Christelle Rebière RTL Midi Christelle Rebière iTunes RSS
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La révolte gronde chez Lanvin après le départ d'Alber Elbaz Crédit Image : AFP | Crédit Média : Bénédicte Tassart | Durée : | Date : La page de l'émission
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Bénédicte Tassart
et Benjamin Hue

La révolte gronde au sein de la plus ancienne maison de couture française en activité. Alber Elbaz va quitter la direction artistique de Lanvin, sonnant le glas d'une collaboration de presque quinze ans. La date effective du départ du créateur israélo-américain de 54 ans n'a pas été communiquée. Mais le designer ne signera pas le défilé Lanvin de la prochaine Fashion Week féminine parisienne début mars. Son départ a été brutal. Son bureau a été déménagé rapidement. Il n'a pas pu dire au-revoir à ses collaborateurs. Tout juste leur envoie-t-il des SMS pour leur dire "I love you". Ceux qui communiquent avec lui le disent très éprouvé, en pleurs. 

Une réunion d'information houleuse

Le personnel n'a pas compris son départ. Mercredi, la direction générale a convoqué Alber Elbaz au siège historique de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Un huissier de justice était sur place. Le signe, selon les personnes présentes, que la direction s'attendait à des débordements. Peut-être la peur de voir se répéter les violences qui ont perturbé le comité d'entreprise d'Air France récemment. La direction a annoncé ce divorce artistique sur fond de pleurs, de cris et d'applaudissements. "Les gens étaient abasourdis. Ils se demandaient comment ça se fait, qu'est-ce qui va se passer, où est-ce qu'on va ? Tout le monde était sous le choc. On était là pour le remercier. Mais il faut qu'il revienne. Il est le seul à comprendre les clés pour qu'on puisse se développer", confie un salarié.

Les quelque 330 salariés de la maison de couture pressentaient une annonce importante depuis une semaine. Mais ils ne s'attendaient surtout pas à un départ d'Alber Elbaz. Les derniers mois ont été fastes pour le créateur, qui a fêté les 125 ans de la maison de couture l'année passée. Du 8 mars au 23 août, il a participé à l'exposition Jeanne Lanvin au palais Galliera, le musée de la mode de la ville de Paris. Pas plus tard que la semaine dernière, il s'est vu remettre des mains de Meryl Streep le prestigieux prix Superstar lors de la Fashion Group International Night Of Stars à New York. Son parcours à la tête de la maison Lanvin est toujours exposé à la Maison européenne de la photographie à Paris et il s'est offert un dernier défilé très applaudi au début du mois d'octobre pendant la Fashion Week. 

Entre Alber Elbaz et Lanvin, c'est une histoire de presque quinze ans. La maison de couture était quasiment en faillite lorsque la nouvelle actionnaire majoritaire taïwanaise, Shaw-Lan Wang, est allé le chercher pour succéder à l'espagnole Cristina Ortiz en 2001, l'année où L'Oréal a cédé la griffe à un groupe d'investisseurs. Ses collections ont vite rencontré le succès et Lanvin a enregistré en 2007 ses premiers bénéfices depuis 35 ans. Mais depuis deux ans, les problèmes ont refait surface. Le chiffre d'affaires est en baisse, le bénéfice dégringole. Une nouvelle directrice générale a repris les choses en main. Les rumeurs parlent d'un Alber Elbaz fatigué, moins présent. On le dit dépassé par des créateurs plus jeunes comme Olivier Rousteing chez Balmain.

Les salariés veulent rencontrer l'actionnaire taïwanaise

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Le personnel réfute cette version des faits et évoque une créativité sans faille. Les anciennes petites mains restent très attachées au créateur. Elles racontent comment il envoyait des bouquets de fleurs à son équipe pour la remercier après un défilé. Son départ violent s'ajoute aux craintes des salariés sur la nouvelle direction générale mise en place par l'actionnaire majoritaire taïwanaise. Les salariés ont pris contact avec un avocat et réfléchissent à une assignation en référé devant le tribunal de commerce pour dénoncer les décisions de gestion de la maison Lanvin et faire entendre leur voix. Charles-Henri Paradis, membre du comité d'entreprise, résume leur état d'esprit : "Nous demandons à notre actionnaire majoritaire qui vit à Taïwan de revenir en urgence à Paris pour écouter nos craintes, répondre à nos questions et rassurer l'ensemble des salariés. Nous souhaitons aussi lui faire passer un message. Nous voulons le retour d'Alber Elbaz".

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