3 min de lecture Grève des intermittents

Intermittents : la réforme de leurs indemnités chômage ne les concernerait pas tous

D'après ses simulations, l'Unedic affirme que la part des intermittents touchés par le projet de réforme de leurs indemnités chômage est minime.

Des intermittents sur le toit du chantier du Philharmonie à Paris.
Des intermittents sur le toit du chantier du Philharmonie à Paris. Crédit : Anais Bouissou
Antony Milanesi
Antony Milanesi
et AFP

L'accord dit du "22 mars" négocié entre l'Unedic (qui gère l'assurance chômage) et trois syndicats (CFDT, CFTC, FO) prévoit plusieurs modifications du régime spécial d'allocation chômage dont bénéficient les intermittents du spectacle

Cet accord prévoit un plafonnement du cumul des indemnités et du salaire à 4.381 euros mensuels, un allongement du délai de carence entre le dernier salaire perçu et le versement de l'indemnisation, et une augmentation des cotisations sociales.

Un revenu brut moyen de 2.600 euros

Les intermittents sont bien sûr unis contre ces propositions qui doivent être examinées par le médiateur nommé par le gouvernement avant validation. Mais selon l'Unedic, tous ne seraient pas concernés par ces modifications. 

Le Midi Libre a relayé les chiffres révélés par l'organisme concernant les effets de la réforme. On découvre que seuls 6% des intermittents devraient être concernés par l'instauration d'un plafonnement à 4.381 euros.

À lire aussi
Des manifestants s'allongent en signe de protestation à Avignon, le 12 juillet 2014. Grève des intermittents
Avignon : neuf spectacles annulés en raison de la grève

Selon les données de l'Unedic, 80% des intermittents cumulent actuellement un salaire et une allocation chômage chaque mois. Mais le salaire moyen est de 1.500 euros et l'indemnisation moyenne de 1.100 euros, soit un revenu brut moyen de 2.600 euros.

Les manifestations ont lieu dans toute la France. Ici le 14 mai à Paris
Les manifestations ont lieu dans toute la France. Ici le 14 mai à Paris Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Concernant l'allongement du délai de carence avant le versement de l'indemnisation, la réforme n'entraînerait aucun changement pour les allocataires dont le salaire horaire est inférieur à 16 euros, "soit plus de la moitié" des intermittents du spectacle, assure l'Unedic.

Les simulations de l'organisme stipulent enfin que 25 % des ouvriers et techniciens du spectacle et 74 % des artistes n'auront aucun jour de différé. 44% des ouvriers et techniciens et 85 % des artistes auront un différé compris entre 0 et 12 jours.

Les intermittents fraudeurs pris pour cible

Si la culture n'a pas de prix, elle a un coût : l'impact du régime spécial sur l'assurance chômage est estimé à 1 milliard d'euros par an.  D'après l'Unedic, la réforme actuelle devrait permettre d'économiser environ 150 millions d'euros chaque année.

À terme, le but est de régler le problème des entreprises privées ou publiques qui profitent du système pour payer moins de charges. 

Les intermittents du festival d'Aix en Provence ont manifesté à Marseille le 16 juin 2014
Les intermittents du festival d'Aix en Provence ont manifesté à Marseille le 16 juin 2014

Des sociétés de production de spectacle ou d'audiovisuel emploient en effet techniciens, preneurs de son, et assistants qui se relaient toute l'année et occupent en réalité des postes permanents. 

L'allocation des intermittents permet pour ces personnes de toucher plus qu'avec l'assurance chômage normale. Les intermittents reçoivent l'équivalent de huit mois d'indemnisation pour trois mois travaillés (il faut totaliser 507 heures de travail en 10 mois pour les toucher), alors que l'indemnisation chômage normale est indexée sur le nombre de jours travaillés. 

Ce système implique également que certains intermittents refusent des contrats pour garder leurs indemnités et continuer à bénéficier de ce régime, très avantageux lorsqu'il est fraudé.

Un précédent en 2003

En France, on compte environ 100.000 intermittents. Ils représentent 3% des cotisants à l'assurance chômage. 

Si modifier leur statut est si compliqué, c'est parce que leur union les rend très puissants. Les intermittents donnant vie à 300 films et 2.000 festivals chaque année. 

En juillet 2003, la réforme du régime spécifique aux intermittents avait coûté sa place au ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon. Les manifestations de l'époque avaient fait annuler le festival d'Avignon, plus grand festival de théâtre du monde. La durée maximale pour cumuler les 507 heures de travail était passée de 12 à 10 mois.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Grève des intermittents Société Culture-loisirs
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants