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VIDÉO - La visite virtuelle ratée de Mark Zuckerberg à Porto Rico

L'avatar de Mark Zuckerberg s'est rendu sur l'île dévastée dans une vidéo faisant la promotion de Spaces, le réseau social en réalité virtuelle de Facebook. Une initiative maladroite qui sape les efforts entrepris par le patron de Facebook depuis le début de l'année pour apparaître comme un homme accessible.

L'avatar de Mark Zuckerberg dans les rues dévastées de Porto Rico
L'avatar de Mark Zuckerberg dans les rues dévastées de Porto Rico Crédit : Capture d'écran
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

"Bizarre", "gênant", "voyeurisme", "indécent", "de mauvais goût", "un milliardaire sans cœur"...La presse américaine et les réseaux sociaux n'ont pas mâché leurs mots, lundi 9 octobre, après la diffusion en direct sur le compte personnel de Mark Zuckerberg d'une vidéo faisant la promotion de Spaces, le réseau social en réalité virtuelle de Facebook. On y voit le patron du plus grand réseau social de la planète se transporter virtuellement à Porto Rico, accompagné de Rachel Franklin, responsable de la réalité virtuelle au sein de l'entreprise. 

En un claquement de doigts, les avatars animés des deux dirigeants du Facebook passent de la quiétude du toit du siège social de l’entreprise à Menlo Park aux paysages de désolation des rues de Porto Rico, dévastées par les passages successifs des ouragans Irma et Maria les 8 et 20 septembre derniers.

Mark Zuckerberg est enthousiaste : "Ce qui est magique avec la réalité virtuelle, c'est qu'on a vraiment l'impression d'y être !". Rachel Franklin est tout autant ébahie : "C'est fou de penser qu'on est au milieu de tout ça !". "Les rues sont vraiment inondées", observe encore le patron de Facebook. Confortablement installés dans les locaux californiens de la société, Rachel et Mark sont émerveillés par les capacités de la réalité virtuelle sociale de Facebook Spaces alors que des survivants de l'ouragan défilent en arrière-plan.

Une initiative fraîchement accueillie

L'initiative a été très fraîchement accueillie aux États-Unis où la question du soutien insuffisant du pays à Porto Rico fait rage. Mark Zuckerberg a beau rappeler dans la vidéo sa contribution aux opérations de secours - un don de 1,5 million de dollars et un partenariat avec la Croix rouge locale pour optimiser l'aide aux populations -, son avatar flottant et souriant au-dessus des scènes de destruction fait mauvais genre dans une opinion déjà ébranlée par la visite déroutante de Donald Trump sur place quelques jours plus tôt.

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Cette opération de communication, décrite comme un "livestream de mauvais goût, mi-tourisme noir, mi opération promotionnelle" par le quotidien britannique The Guardian, tombe mal pour le patron de Facebook, à qui la presse américaine prête une ambition présidentielle pour 2020. Alors qu'il a entrepris de visiter tous les États américains pour prendre le pouls du pays et s'afficher comme un citoyen ordinaire, le voila taxé d'exploiter une crise humanitaire et ramené à sa tour d'ivoire de milliardaire. Une belle occasion manquée de marquer des points auprès des Américains et d'illustrer à nouveau la capacité de Facebook à se substituer à l'administration, comme Google et Tesla récemment.

"Je me rends compte que ce n'était pas clair"

Face au tollé provoqué par l'opération, Mark Zuckerberg a publié un mot d'excuses mardi soir. "L'un des atouts de la réalité virtuelle est sa capacité à générer de l'empathie. L'objectif était de montrer comment cette technologie peut entraîner une prise de conscience et aider à voir ce qu'il se passe dans différentes parties du monde", écrit le patron de Facebook". "Je voulais aussi évoquer notre partenariat avec la Croix rouge pour la reconstruction du pays. En lisant certains commentaires, je me rends compte que ce n'était pas clair et je suis désolé si quelqu'un s'est senti offensé".

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