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VIDÉO - CES 2016 : Faraday Future, la mystérieuse start-up qui veut révolutionner l'automobile

Nouveau venu sur le marché des voitures électriques, le constructeur californien Faraday Future, financé par des Chinois et positionné sur un créneau proche de Tesla, est un peu sorti de l'ombre lundi 4 janvier en dévoilant son tout premier prototype.

Benjamin Hue & AFP

Le bruit courait depuis de nombreux mois. Une jeune entreprise californienne embauchait à tour de bras des ingénieurs, designers et cadres de l'industrie automobile, de l'aérospatiale ou de l'informatique. Son nom, Faraday Phuture. L'objet de ces débauchages en série a été révélé lundi 4 janvier, deux jours avant l'ouverture au public du Consumer Electronics Show de Las Vegas, le plus grand salon consacré à l'innovation technologique de la planète. 

Le mystérieux constructeur californien est sorti de l'ombre en dévoilant son tout premier prototype de véhicule électrique. Financée par des Chinois et positionnée sur un créneau proche de Tesla, cette société créée en mai 2014 et basée à Los Angeles a présenté son  "FFZERO1", un véhicule à l'allure futuriste, avec une carrosserie à mi-chemin entre voiture de course et Batmobile, un aménagement intérieur inspiré des recherches de la Nasa, et une vitesse de pointe censée atteindre 320 kilomètres/heure.

"L'Elon Musk chinois" aux mannettes

"C'est un concept", a insisté Nick Sampson, vice-président en charge de la recherche-développement - tout droit venu de chez Tesla - chez Faraday Future, dans une interview accordée à l'AFP. "De beaucoup de manières, cela représente ce que nous sommes en tant qu'entreprise,  quelque chose d'enthousiasmant, de rapide, d'innovant", mais seuls certains aspects du modèle, notamment une partie de ses lignes futuristes, devraient se retrouver dans les vrais véhicules destinés à la commercialisation. "Quand vous verrez une voiture de production il y aura un lien clair, mais ce ne sera évidemment pas aussi extrême."

Cela pourrait arriver très vite: Faraday veut avoir ses premières voitures sur le marché "dans les deux prochaines années", même si Nick Sampson affirme que cela ne se fera pas aux dépens de la qualité. Le calendrier est ambitieux pour une entreprise vieille de seulement dix-huit mois, et sur laquelle tellement peu de détails ont filtré jusqu'ici que certains observateurs s'étaient parfois demandés s'il ne s'agissait pas d'une vitrine cachant un projet top-secret d'Apple.

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Faraday Future compte en réalité parmi ses investisseurs le milliardaire chinois Jia Yueting, décrit dans le passé comme "l'Elon Musk chinois" par le site Business InsiderElon Musk est le patron du fabricant californien de voitures électriques haut de gamme Tesla et le fondateur de la société de transport spatial SpaceX, et il soutient aussi une série de projets visionnaires comme l'Hyperloop, un concept de transport en commun futuriste ultra-rapide; Jia Yueting est pour sa part à la tête d'une des plateformes de vidéo en ligne les plus populaires en Chine, LeTV, qui a aussi commencé à montrer des ambitions dans le secteur automobile.

Si elle continue de donner peu de détails sur la structure exacte de son capital, Faraday Future a confirmé lundi un "partenariat stratégique" avec LeTV. "Nous sommes deux sociétés séparées, mais nous coopérons sur plusieurs aspects", a noté Nick Sampson lors de la présentation officielle: c'est le cas par exemple des systèmes de divertissement embarqués ou des capacités de conduite autonomes intégrées aux véhicules. L'entreprise espère aussi profiter des importantes relations de LeTV en Chine pour accéder plus facilement à cet immense marché, et peut-être aussi y trouver d'autres investisseurs.  

"Redéfinir la nature des voitures et la mobilité"

"Nous sommes très rapides", en particulier car Faraday Future entend fonctionner "davantage comme une entreprise technologique que comme une entreprise automobile" traditionnelle, fait valoir Nick Sampson. Les véhicules "totalement électriques" de Faraday Future ambitionnent d'intégrer des technologies avancées en termes de connectivité et de divertissement embarqué, voire des applications de réalité augmentée et de conduite autonome.

Cela se reflète dans les effectifs, actuellement 750 personnes, dont 550 en Californie, recrutées chez d'autres constructeurs comme Tesla ou BMW, mais aussi chez des groupes technologiques comme Apple et Google, ou aéronautiques comme Boeing et SpaceX. L'entreprise a également vanté lundi sa plateforme de production innovante et modulable, utilisable selon elle pour n'importe quel type de véhicules, avec  plusieurs combinaisons de batteries ou de motorisation, ce qui permet d'accélérer le développement tout en réduisant les coûts.

Cette plateforme sera mise en oeuvre dans une première usine de production annoncée le mois dernier, où Faraday Future a dit vouloir investir un milliard de dollars, et dont la construction démarrera dans les prochaines semaines à quelques kilomètres au nord de Las Vegas.

Si l'entreprise se positionne sur le même créneau que Tesla, elle affirme ne pas voir la société d'Elon Musk comme une rivale. "Nous rivalisons avec les entreprises qui vendent des voitures à essence. Par certains aspects, nous devrions considérer Tesla comme nos alliés, pas nos concurrents", car ils contribuent à élargir le marché des voitures électriques, avance Nick Sampson. Il dit aussi vouloir contribuer à "redéfinir la nature des voitures et de la mobilité", prédisant un changement des modèles de propriété, avec par exemple des voitures en "propriété partagée". 

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