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En expédition en Antarctique, des scientifiques découvrent par hasard une île qui n'apparaît sur aucune carte

Une équipe scientifique internationale a découvert par hasard une île inconnue dans la mer de Weddell, en Antarctique, lors d’une expédition à bord du brise-glace Polarstern. Repérée dans une zone signalée comme dangereuse mais jamais cartographiée, cette terre pourrait bientôt apparaître officiellement sur les cartes nautiques.

Les glaces de l'Antarctique, photographiées par la NASA

Crédit : Chris LARSEN / NASA / AFP

Yasmine Boutaba

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C’est une trouvaille aussi rare qu’inattendue. Comme le révèle le magazine scientifique Phys, des chercheurs ont mis au jour une île jusque-là absente des cartes, dans le nord-ouest de la mer de Weddell, en Antarctique.

Depuis le 8 février, une équipe internationale de 93 scientifiques explore cette région stratégique pour les courants océaniques mondiaux, à bord du navire de recherche Polarstern, le brise-glace de l’Institut Alfred Wegener. Leur mission porte notamment sur l’écoulement des glaces depuis la plateforme de glace de Larsen et sur le recul de la banquise.

Mais c’est en interrompant leurs recherches à cause de conditions météo difficiles, alors qu’ils cherchaient refuge près de l’île de Joinville dans la péninsule Antarctique, que les scientifiques ont fait cette découverte. Sur leur itinéraire, les cartes nautiques mentionnaient une zone de dangers inexpliqués, sans précision.

Intrigué, le spécialiste en bathymétrie Simon Dreutter a mené l’enquête. En observant ce qui semblait être un iceberg "sale", l’équipe a rapidement compris qu’il s’agissait en réalité de roche. En s’approchant, ils se sont aperçus qu'une île se dressait devant eux.

Une île de 130 mètres de long

Les navigateurs ont prudemment approché, avec une marge de sécurité de 50 mètres sous la quille. Le navire Polarstern est parvenu à s’approcher à moins de 150 mètres, permettant une première exploration complète.

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Un sondeur multifaisceau cartographiait les fonds marins tandis qu’un drone survolait la zone. Grâce à une analyse photogrammétrique, les chercheurs ont réussi à obtenir un modèle précis de l’île.

Concrètement, l'île découverte mesure environ 130 mètres de long et 50 mètres de large, pour 16 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la mer. 

Reste un mystère : pourquoi cette île apparaissait-elle comme une zone dangereuse sur certaines cartes, sans être identifiée comme une terre émergée ? Et pourquoi sa position réelle diffère-t-elle d’environ un mille nautique ? Sa couverture de glace, la rendant presque indiscernable des icebergs sur les images satellites, pourrait expliquer cette invisibilité.

Une future inscription officielle sur les cartes

L’île n’ayant pas encore de nom officiel, un processus de dénomination international va être engagé. Et le Dr Boris Dorschel-Herr, responsable de la bathymétrie à bord, connaît bien la procédure : en 2014, son équipe avait déjà fait inscrire deux montagnes sous-marines sur les cartes de l’Atlantique Sud.

Une fois baptisée, l’île sera intégrée aux cartes nautiques internationales ainsi qu’aux grandes bases de données comme l’IBCSO, essentielle pour la cartographie des fonds de l’océan Austral.

Ce travail est crucial : dans une région où les données sont encore lacunaires, des éléments comme cette île peuvent tout simplement être ignorés ou "effacés" des modèles.

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