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Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting au Bourget, le samedi 7 novembre 2026.
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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"Ici est la force" : face à un public nombreux et enthousiaste samedi en meeting, Jean-Luc Mélenchon a promis de ne pas dévier de sa ligne résolument radicale, meilleur moyen selon lui de déjouer les pronostics de défaite et de l'emporter au second tour face à Marine Le Pen.
Comme à son habitude depuis le début de sa campagne, le tribun insoumis a su mobiliser sympathisants et militants : au parc des expositions du Bourget, en Seine-Saint-Denis, ils étaient plus de 20.000 selon les organisateurs.
"D'autres commentateurs me recommandent de mettre de l'eau dans mon vin pour séduire et être moins clivant. Je ne le ferai pas", a prévenu le candidat LFI devant ce public, plutôt jeune, qui scandait des chansons antifascistes et des appels à la victoire.
"Je n'ai qu'une chose raisonnable à vous proposer, il faut tout changer", a-t-il également lancé.
"Nous allons rester sur notre projet de rupture mais en élargissant sur des sujets que l'on évoquait peut-être moins", comme les "maladies écologiques", a explicité devant la presse son bras droit, le coordinateur de LFI Manuel Bompard.
Le leader insoumis a commencé son discours en faisant observer une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi, tué lors des attentats racistes de Trappes et La Verrière (Yvelines), et dont les obsèques avaient lieu samedi.
Puis il a attaqué les 10 années de gestion du pays par Emmanuel Macron. "Moment étrange", "agonie macroniste", "sombre fin de règne" : il n'a pas lésiné sur les adjectifs pour décrire la fin du mandat du chef de l'Etat, marquée par le mécontentement de la jeunesse et d'une partie du monde du travail. Dans les manifestations, selon lui, c'est "la sauvagerie des violences policières" qui est la réponse aux attentes qui s'expriment.
Il a également réservé quelques flèches au Rassemblement national : "Ils n'ont aucune idée, à part le racisme", a-t-il dénoncé. Jean-Luc Mélenchon, que les sondages placent actuellement au second tour face à Marine Le Pen mais largement défait par la candidate du RN, n'a jamais été aussi haut à ce moment de la campagne.
Après Clermont-Ferrand le mois dernier et avant Le Havre le mois prochain, La France insoumise effectuait ce week-end un retour en région parisienne, là où elle est le plus implantée, avec ce meeting au Bourget, dans le département très mélenchoniste de la Seine-Saint-Denis. "Ça va être très puissant", promettait en privé quelques minutes avant le meeting, le quadruple candidat à l'élection présidentielle.
Cet événement suivait la sortie en librairie vendredi du programme présidentiel des Insoumis, nouvelle version de "L'Avenir en commun", forte de 1.069 propositions.
A l'entrée du parc des expositions, des membres du collectif Nous Vivrons étaient cependant venus rappeler que le leader insoumis est régulièrement accusé de flirter avec l'antisémitisme, en chantant "la haine des juifs, c'est la passion de Mélenchon".
Le mouvement de gauche radicale, toujours féru d'innovations technologiques, entendait donner à voir de manière originale à quoi ressemblerait son programme appliqué.
Ainsi, avant la prise de parole de leur leader, les élus insoumis se sont livrés à des saynètes sur la scène, déclamant des éléments du programme dans une mise en scène chorale et quasi théâtrale.
L'occasion pour certains de jauger leur popularité, comme le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, le plus applaudi. "C'est le programme des humanistes, des collectivistes, des écologistes, des anticapitalistes et de tous ceux qui aspirent à une vie meilleure", a loué Manuel Bompard.
Les adversaires de Jean-Luc Mélenchon n'ont pas manqué de critiquer cette vision de la société. Marine Le Pen l'a assimilée à un "projet de démantèlement de la France", qui "pousse jusqu'à son terme la logique de déconstruction engagée par Emmanuel Macron".
Edouard Philippe (Horizons) a, lui, attaqué la "vision communautariste" et "l'économie administrée" du leader LFI, qui assume un discours collectiviste.
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