3 min de lecture Économie

VIDÉO - Ascoval : 4 questions sur les négociations entre le gouvernement et Vallourec

ÉCLAIRAGE - Bruno Le Maire a mis en garde Vallourec concernant la reprise de l'usine Ascoval. "Vallourec ne peut pas se laver les mains de salariés qui étaient les siens", a déclaré le ministre de l'Économie et des Finances sur RTL.

>
Ascoval : le désespoir des salariés Crédit Image : FRANCOIS LO PRESTI / AFP | Crédit Média : M6/Emmanuel Michel/Félix Thomen | Date :
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
et AFP

"Depuis huit mois, je me bats, tous les jours pour trouver un repreneur" à Ascoval. Bruno Le Maire a apporté son soutien aux 281 salariés de l'entreprise, à l'antenne de RTL, ce mercredi 24 octobre. 

Le tribunal de Strasbourg a accordé un sursis de deux semaines à l'aciérie, en redressement judiciaire. Le site est bloqué depuis mardi 23 octobre, par ses salariés qui espèrent toujours qu'un repreneur sauve leurs emplois du site à Saint-Saulve, dans le Nord. 

La chambre commerciale du tribunal a décidé un renvoi au 7 novembre. Ce délai doit permettre de valider l'offre de reprise du franco-belge Altifort et de trouver un accord avec Vallourec, son actionnaire et son unique client aujourd'hui, ont indiqué des représentants de la direction et du personnel d'Ascoval à l'issue de l'audience. 

À lire aussi
Des véhicules sur l'autoroute (illustration) économie
Privatisation des autoroutes : pourquoi l'État n'a pas fait son travail

1. Que se passe-t-il à Ascoval ?

Créée en 1975 par Vallourec, l'aciérie de Saint-Saulve, spécialisée dans les aciers spéciaux, est devenue Ascoval en 2017. Vallourec, dont l'État est actionnaire, en avait cédé 60% au groupe Asco Industries, en conservant 40% avec des engagements de commandes. Asco Industries a été placé en liquidation en février et depuis, l'aciérie attend un repreneur

2. Quelles sont les offres de reprise ?

Le groupe Altifort a fait "une offre ferme" en s'engageant à investir 140 millions d'euros, à maintenir les 281 emplois d'Ascoval et à en créer 133 nouveaux. Mais, en contrepartie, l'entreprise a demandé à Vallourec le maintien du volume de commandes et des prix pendant les 18 mois suivant la reprise. Ces conditions ont été rejetées lundi par Vallourec. Selon l'actionnaire, cette demande représente un effort de 51 millions d'euros qui serait "contraire à la préservation des intérêts du groupe", a exposé sa direction. 

Un autre candidat repreneur, le groupe iranien Boost, n'a remis qu'une lettre d'intention au TGI. Autre offire : l'industriel valenciennois Pascal Cochez a affirmé "porter une offre de reprise alternative" à l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), placée en redressement judiciaire. "Jusqu'ici, les différents candidats repreneurs se reposaient sur des accords avec Vallourec. C'était sans issue", a déclaré à l'AFP Pascal Cochez, dont la candidature a été révélée par La Voix du Nord

Âgé de 41 ans, l'industriel est à la tête du groupe Cochez (services à l'industrie), qui emploie 150 personnes, et de la conserverie de poissons Petit Pierre, près de Boulogne-sur-Mer, qu'il avait reprise en 2017. Il attend désormais le feu vert de l'administration judiciaire pour avoir "accès à l'intérieur de l'entreprise, rencontrer les dirigeants et les syndicats". "Ils ont vu le calendrier rapproché, il nous faut maintenant du temps pour nous permettre de préparer notre offre"

3. Quel rôle joue le gouvernement ?

Bruno Le Maire s'est dit "prêt à ce que l'État mette un euro d'investissement sur Ascoval, dès lors qu'un euro d'investissement privé aura été trouvé pour un projet qui soit durable". Le ministre de l'Économie et des Finances a aussi ajouté qu'il recevra "à nouveau les salariés et les élus, quand ils le souhaitent, soit en fin de semaine, soit en début de semaine prochaine, pour voir quelles décisions nous prenons ensemble".
 
Le soutien de l'État au projet de reprise a jusqu'alors donné aux salariés l'impression de "suivre" la position de Vallourec, selon Olivier Burgnies. Mais les dernières déclarations de Bruno Le Maire "semblent montrer que l'État est en train de changer sa position"

4. Que fait Vallourec ?

"Nous demanderons à Vallourec de jouer un rôle dans tous les cas de figure. Vallourec ne peut pas se laver les mains de salariés qui étaient les siens. La dignité, ça compte en économie. La dignité, c'est essentiel en économie", a taclé Bruno Le Maire. 

Les salariés de l'aciérie ont décidé mercredi en assemblée générale de poursuivre le blocage de l'usine jusqu'à l'issue d'une réunion avec Vallourec. "On reprendra le travail à condition que Vallourec suive le projet Altifort", a promis Nacim Bardi, délégué syndical CGT à la sortie de l'AG organisée à l'intérieur d'un hangar de l'usine.

"Qu'ils nous donnent avant la fin de semaine une date de réunion avec Vallourec, Altifort, l'intersyndicale et l'État, a-t-il ajouté. La balle est dans le camp de Vallourec"

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Économie Usine Bruno Le Maire
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7795306369
VIDÉO - Ascoval : 4 questions sur les négociations entre le gouvernement et Vallourec
VIDÉO - Ascoval : 4 questions sur les négociations entre le gouvernement et Vallourec
ÉCLAIRAGE - Bruno Le Maire a mis en garde Vallourec concernant la reprise de l'usine Ascoval. "Vallourec ne peut pas se laver les mains de salariés qui étaient les siens", a déclaré le ministre de l'Économie et des Finances sur RTL.
https://www.rtl.fr/actu/politique/video-ascoval-4-questions-sur-les-negociations-entre-le-gouvernement-et-vallourec-7795306369
2018-10-24 14:58:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/2eik0X9-EZoNjSccfrKf-w/330v220-2/online/image/2018/1024/7795309583_des-salaries-sur-le-site-de-l-usine-d-ascoval-a-saint-saulve-dans-le-nord.jpg