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Steeve Briois (FN) élu à Hénin-Beaumont : les quatre raisons de son succès

DÉCRYPTAGE - Un combat sur la longueur, l'aura médiatique de Marine Le Pen, les erreurs de la gauche... Plusieurs facteurs permettent d'expliquer la victoire du candidat Front national à Hénin-Beaumont.

Le secrétaire général du FN Steeve Briois
Le secrétaire général du FN Steeve Briois Crédit : AFP / PHILIPPE HUGUEN
Héloïse Leussier
Héloïse Leussier
Journaliste RTL

Il est le signe de la percée indéniable du Front national au premier tour des élections des municipales. Steeve Briois a réussi à se faire élire dès le premier tour à Hénin Beaumont. C'est la première fois qu'un candidat de l'extrême droite recueille plus de 50% des voix dès le premier tour dans une ville de plus de 10.000 habitants. Le résultat d'un combat acharné pour arracher une victoire sur ce terrain favorable au Front national. Retour sur les raisons de ce succès.

Un candidat très bien ancré localement

Steeve Briois est "l'enfant du pays" par excellence : résidant à Hénin-Beaumont depuis son plus jeune âge, il y milite pour l'extrême droite depuis qu'il est adolescent. A 16 ans, il collait déjà des affiches du Front national en face de son lycée.

Cet ancien représentant commercial vit de la politique depuis qu'il a été élu conseiller régional en 1998. Il a su s'imposer comme une personnalité politique clé d'Hénin-Beaumont, ne ratant jamais une occasion de serrer des mains sur le marché, d'assister aux thés dansants des séniors ou aux réunions d'anciens combattants. C'était la quatrième fois qu'il se présentait aux municipales. Et comme le rappelle Libération, "il a mis en avant sa personne, plus que son étiquette FN".

Le soutien de poids de Marine Le Pen

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Steeve Briois est tout sauf un parachuté, mais il a tout de même profité du débarquement d'une personnalité nationale forte : Marine Le Pen en personne a fait d'Hénin-Beaumont le laboratoire de son parti depuis 2007. A l'époque, c'est son directeur de la communication, Bruno Bilde, et Steeve Briois qui ont imaginé cette stratégie : "Briois voulait l'aide d'une tête d'affiche qui lui permettrait de gagner la mairie tandis que Marine Le Pen recherchait une solide implantation locale pour les législatives", explique Le Point.

De fait, grâce à l'ancrage réussi de Marine Le Pen, le score du Front national à Hénin-Beaumont n'a cessé de progresser. En 2007, elle parvient à se hisser au second tour des législatives, braquant les projecteurs médiatiques sur l'ancienne cité minière du Pas-de-Calais. Elle s'y présente à nouveau lors des régionales de 2010, réalisant de très bons scores. Aux législatives de 2012, elle est battue de justesse au deuxième tour par le candidat socialiste. Pour sûr, l'aura de la présidente du Front national a bénéficié au moins charismatique Steeve Briois.

Une candidature dynamisée par les ratés de la gauche

Le parachutage de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont ne doit rien au hasard. Si la présidente du Front national a décidé de s'y implanter, c'est qu'elle savait qu'elle pourrait capitaliser sur les erreurs de la gauche dans ce bastion ouvrier.

Une succession d'affaires politico-financières dans les années 2000 ont décrédibilisée la gauche sur un terrain qui lui était autrefois acquis. L'ancien maire d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, étiquette "divers gauche" puis socialiste, a laissé une ville exsangue, endettée de plusieurs dizaines de millions d'euros, sur fond de corruption. Révoqué en 2009, il a été condamné en 2013 à trois de prison pour détournement de fonds.

Des adversaires divisés

Pour ces élections, Steeve Briois a également pu compter sur l'éclatement de la gauche. Le maire sortant, Eugène Binaisse (divers gauche), a dû faire face à la concurrence sur sa gauche du candidat Gérard Dalongeville. Ils ont respectivement recueilli 32,04% des voix et 9,77% des voix. Mais Eugène Binaisse devait aussi affronter son propre adjoint, Georges Bouquillon, qui a décidé de se présenter sous l'étiquette divers-gauche et a récupéré 4,05% des voix.

Par ailleurs, le Parti communiste avait lâché le Front de Gauche pour rallier Eugène Binaisse une semaine avant la clôture des listes, déclenchant la fureur du Parti de Gauche et de la CGT. Tous ces remous à gauche ont probablement démobilisé les électeurs. Pour autant, même en additionnant les voix des trois candidatures de gauche, Steeve Briois reste largement en tête.

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DÉCRYPTAGE - Un combat sur la longueur, l'aura médiatique de Marine Le Pen, les erreurs de la gauche... Plusieurs facteurs permettent d'expliquer la victoire du candidat Front national à Hénin-Beaumont.
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2014-03-24 13:40:00
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