3 min de lecture

Municipales à Lyon : favori du scrutin, Jean-Michel Aulas au révélateur d'un premier débat télévisé très attendu après la mort de Quentin Deranque

Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet fait face à son grand rival Jean-Michel Aulas lors d'un débat télévisé qui s'inscrit dans un contexte tendu après la mort du militant identitaire. Une première pour l'ancien président de l'Olympique lyonnais qui caracole en tête des sondages à trois semaines du scrutin.

Jean-Michel Aulas, candidat aux municipales à Lyon et Grégory Doucet, maire sortant écologiste de la ville

Crédit : AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet se retrouve mardi pour la première fois et à trois semaines du premier tour des municipales face à son principal rival Jean-Michel Aulas, pour un débat télévisé qui relance une campagne occultée par la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque.

L'ancien patron de l'Olympique Lyonnais, soutenu par la droite et le centre-droit, part grand favori dans la course à la mairie de la troisième ville de France, avec 43% des intentions de vote au premier tour et une large victoire au second, selon un sondage Elabe publié lundi.

Mais à 76 ans, l'homme d'affaires, novice en politique, ne s'est encore jamais livré à l'exercice du contradictoire et est celui qui a le plus à perdre sur le plateau de BFMTV-Le Figaro, à partir de 21H00.

"Il a préparé sérieusement l'exercice car toutes les occasions de parler directement aux Lyonnais sont précieuses", souligne son entourage. "On a souvent beaucoup d'approximations, peu de maîtrise des sujets" de sa part, tacle pourtant Grégory Doucet, 52 ans, qui réclamait un tel débat depuis plusieurs semaines et dit à l'AFP être "très content qu'il ait enfin lieu".

Le maire sortant aura besoin de toutes les voix de la gauche

Alors que le scrutin se tient les 15 et 22 mars, les suites politiques de l'agression mortelle de Quentin Deranque, pour laquelle sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité, n'en finissent pas de percuter la campagne, en particulier à gauche.

À lire aussi

La proximité de plusieurs mis en examen avec le député LFI Raphaël Arnault a conduit l'ensemble de la classe politique à vouloir isoler le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, accusé d'être d'une "complaisance totale" par la présidente macroniste de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet.

Mardi, le président Emmanuel Macron a cependant enjoint le gouvernement à veiller à ce que la campagne "se déroule sereinement", après que "22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées" en une dizaine de jours, a assuré un participant à une réunion sur les groupes violents à l'Elysée.

Au-delà, le PS a posé ses conditions pour d'éventuelles alliances au second tour et ses partenaires écologistes et communistes, qui sont alliés dans certaines villes avec LFI, sont restés prudents.

Grégory Doucet, élu à la faveur de la vague verte de 2020 et qui accuse un retard de 14 points dans la dernière enquête d'opinion, pourrait être mis en difficulté sur cette question mardi soir. Jean-Michel Aulas a déjà fustigé "ceux qui n'excluent aucune alliance électorale pour remporter quelques sièges".

L'écologiste aura besoin de toutes les voix de la gauche. "Viendra le temps où nous pourrons tirer les conclusions sur la base de ce que la justice nous dira", a-t-il dit lors d'un meeting la semaine dernière, tout en refusant "l'amalgame systématique".

Le projet de tunnel sous la colline de Fourvière de Jean-Michel Aulas sera aussi abordé

Même si elle dénonce aussi les amalgames, la candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi sera sans doute interrogée sur les liens de LFI avec "la Jeune Garde" antifasciste, un groupe fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault et dissous en juin 2025, auquel appartenaient certains des suspects des violences contre Quentin Deranque.

Le gouvernement a saisi la justice au sujet d'une possible "reconstitution" de ce groupe, a d'ailleurs annoncé un participant à la réunion de l'Elysée.

"Personne ne devrait mourir pour ses idées", a redit à l'AFP Anaïs Belouassa-Cherifi en amont du débat. "Mais je resterai une militante antifasciste", a ajouté la députée qui, selon les sondages, flirte avec la barre de 10% des suffrages nécessaires pour se maintenir au second tour. Bien qu'elle ait reçu des menaces ces derniers jours, elle a précisé qu'elle maintenait un meeting jeudi avec Jean-Luc Mélenchon.

Dernier invité sur le plateau: le candidat UDR, soutenu par le RN, Alexandre Dupalais, pour l'instant crédité de moins de 10% des intentions de vote. D'autres prétendants, comme le centriste et ancien maire Georges Képénékian et plusieurs candidats de gauche ou d'extrême gauche, ne seront pas présents.

Les candidats lyonnais échangeront aussi sur leurs programmes. Sécurité, transports, logement: ils ont déjà égrené des propositions dont certaines, comme un projet de tunnel de 8 km sous la colline de Fourvière porté par Jean-Michel Aulas, ont suscité de nombreuses interrogations sur leur financement.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info