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Le deuxième test de François Hollande

Le projet présidentiel officiel de François Hollande est publié ce jeudi matin. On en parle sur RTL. Le quotidien "Le Parisien/Aujourd'hui-en-France" en présente l'essentiel. Alors, la question que tout le monde va se poser évidemment, c'est de savoir si ce projet est réaliste. La chronique d'Alain Duhamel.

Alain Duhamel
Alain Duhamel
La Semaine Politique - Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

C'est le deuxième grand test pour François Hollande. Dimanche, la question implicite au Bourget, c'était : a-t-il l'envergure ? La réponse a été oui. D'ailleurs, notre sondage BVA en donne la confirmation. Aujourd'hui, la question, c'est : le projet socialiste que présente François Hollande est-il réaliste ? Alors, la réponse. Non, pas la réponse, ma réponse, parce que je sais qu'il y en aura d'autres, mais ma réponse, c'est : sérieux mais sévère. C'est-à-dire que c'est un projet, au fond, social-démocrate suédois. On pourrait dire que c'est un projet luthérien.

Pourquoi sérieux ? Sérieux parce que le taux de croissance prévu est globalement réaliste, parce que les objectifs de réduction des déficits et le fait de contenir la dette, tout ça c'est assez logique. Parce que aussi, et c'est l'essentiel, sur beaucoup de points, François Hollande évite de prendre des risques.

Par exemple, il avait été question de 3.000 emplois jeunes d'avenir. C'est coupé en deux. Il était question de recruter magistrats et policiers. C'est coupé en deux par rapport à ce que lui-même disait. Mais surtout, il y avait deux dossiers qui étaient gigantesques, qui auraient pu être gigantesques, qui étaient des dossiers dépensiers par nature, qui était l'accueil à la petite enfance et la dépendance pour les personnes âgées. Et là dessus, il ne prend aucun risque. De même qu'il n'en prend pas du tout à propos Smic. Donc, tout ça, c'est sérieux, et c'est sévère. C'est sévère pourquoi ? Evidemment, on le sait très bien. La question qui va provoquer une polémique dès ce matin partout, ça va être la question de la fiscalité. Et là dessus, il est vrai que quand on reprend, non pas chaque mesure, mais l'addition des mesures envisagées, le moins qu'on puisse dire est que c'est assez ambitieux. Il y a des mesures sur l'impôt sur la fortune. Il y a des mesures sur les successions. Il y en aura sur le quotient familiale. Il y aura une tranche d'impôts sur le revenu supplémentaire. Il y a la question des niches fiscales. Il y aura de la progressivité même qui sera introduite sur toute une série d'activités. Bref, ça fait beaucoup. De même que en ce qui concerne les grandes sociétés et les banques, ça fera également beaucoup. Dimanche dernier, François Hollande avait dit : "L'âme de la France c'est l'égalité". Eh, bien, c'est un projet égalitaire.

Alors, François Hollande va présenter ce projet à 11 heures. Mais l'autre épreuve de François Hollande aujourd'hui, ce sera, ce soir, ce débat sur France 2 avec Alain Juppé dans "Des paroles et des actes".

Oui, c'est un deuxième grand défi, un deuxième dans la journée, ça fait d'ailleurs je t trouve beaucoup pour ne seule personne. On sait très bien qu'ils sont tous les deux débatteurs, rapides, qu'il connaissent leurs dossiers, qui sont courtois l'un et l'autre. Avec, peut-être, un peu plus de vivacité ou de jovialité du côté de François Hollande. Un peu plus d'autorité du côté d'Alain Juppé. Chacun des deux joue assez grand dans l'affaire. Alain Juppé joue son prestige, sa réputation d'être la tête la mieux faite de la droite ou peut-être des espoirs, si Nicolas Sarkozy l'emportait, d'être le prochain Premier ministre, etc. Enfin, on le sait.

Quant à François Hollande, c'est extrêmement simple, la question est : il ne peut pas se permettre d'être dominé, de donner le sentiment d'être dominé. En aucune façon. Et on sait que dans ces débats, qui ne changent jamais rien sur les intentions de vote, ils peuvent changer beaucoup sur les images. Rappelez-vous, il y avait eu un débat célèbre entre Laurent Fabius et Jacques Chirac. Laurent Fabius, jeune Premier Ministre, qui avait dit à Jacques Chirac, à un moment d'un air furieux : "Vous parlez au Premier Ministre de la France". Il avait été ridicule et son image ne s'en était jamais remise.

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