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Issy-les-Moulineaux, Valence-d'Agen, Boisseuil : des candidats aux municipales poursuivis pour violences sexuelles dans le viseur d'associations

Plusieurs associations de défense des droits des femmes et de la protection de l'enfance ont présenté des pétitions contre la présence aux élections municipales de candidats mis en cause pour des violences commises sur des femmes ou des mineurs.

André Santini, visé par des plaintes pour harcèlement et agression sexuelle - des accusations qu'il conteste - et dont la liste est arrivée en tête au premier tour des municipales à Issy-les-Moulineaux

Crédit : Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Marie-Pierre Haddad & AFP

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Ils sont poursuivis pour violences sexuelles et ont été qualifiés pour le deuxième tour des municipales ou élus dès le premier tour. Le collectif féministe #Noustoutes a estimé qu'il s'agissait d'une "insulte" faite aux victimes, ce mercredi 18 mars dans un communiqué. L'association déplore aussi que la question des violences sexuelles contre les femmes soit reléguée au second plan. 

#Noustoutes n'est pas le seul collectif à s'être mobilisé. En effet, plusieurs associations de défense des droits des femmes et de la protection de l'enfance se sont émues ces dernières semaines de la présence parmi les candidats aux scrutins des 15 et 22 mars de personnalités mises en cause pour des violences commises sur des femmes ou des mineurs. 

L'association Mouv'enfants en a notamment dénombré une quinzaine.

"Instaurer un principe d'inéligibilité"

Parmi eux, le maire sortant d'Issy-les-Moulineaux, André Santini, visé par des plaintes pour harcèlement et agression sexuelle -des accusations qu'il conteste - et dont la liste est arrivée en tête au premier tour. Ou encore l'ancien ministre Jean-Michel Baylet qui a été réélu à la mairie de Valence-d'Agen dans le Tarn-et-Garonne. Il était visé par une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans, enquête classée sans suite pour cause de prescription.  

À Boisseuil, en Haute-Vienne, Philippe Janicot, mis en examen pour viols - une qualification pénale qu'il conteste - a également été réélu dès le premier tour.  

Le Parti socialiste a annoncé qu'il retirait "toute forme de soutien" au candidat LFI d'Argenteuil dans le Val d'Oise Yassin Zeghli, en raison de sa condamnation par la justice pour "violences conjugales". La formation d'Olivier Faure a indiqué dans un communiqué avoir "pris connaissance de la condamnation par la justice du candidat insoumis à Argenteuil, Yassin Zeghli, pour violences conjugales, des faits d'une extrême gravité révélés ce jour par voie de presse" en l'occurrence par Le Figaro. En conséquence, le PS "retire toute forme de soutien à (sa) liste" qui "ne pourra en aucun cas se prévaloir du logo du parti et demande instamment à ses militants de se mettre en retrait de la campagne de monsieur Zeghli sans délai". 

"Instaurer un principe d'inéligibilité"

"C'est une insulte aux victimes et c'est assez désespérant", a réagi auprès de l'AFP Marie, membre de #Noustoutes. "Non seulement ces candidats sont désignés par leur parti mais en plus des gens votent pour eux. On se dit vraiment que les violences sexistes et sexuelles c'est le cadet des soucis de la société". "Quand on nous dit que les dénonciations pourrissent la vie des gens et mettent à mal leur carrière, on voit bien que ce n'est pas le cas", a-t-elle ajouté, déplorant l'"impunité persistante" à la fois des partis politiques et de la société.  

Pour Mouv'enfants, qui a lancé une série de pétitions, il faut "instaurer un principe d'inéligibilité pour les candidats mis en cause ou condamnés pour des violences sexuelles, conjugales et des faits de pédocriminalité." 

La fin de la "complaisance" et du "silence"

En février, Emmanuel Macron avait prôné une "peine d'inéligibilité pour les responsables politiques condamnés pour des propos racistes, antisémites ou discriminatoires", rappelle l'association. "Si l'exemplarité est nécessaire face aux discours de haine, elle doit l'être a fortiori lorsqu'il s'agit de violences sexuelles".  

Un avis partagé par un collectif d'élues et représentantes du monde associatif de la Haute-Vienne qui ont appelé à ce que 2026 marque la fin de la "complaisance" et du "silence". "La fonction d'élu implique des responsabilités fortes : exemplarité, respect des personnes, intégrité et confiance des habitants", a souligné l'association Sororité basée dans les Bouches-du-Rhône. 

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