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Feuille de route énergétique: les motions de censure RN et LFI largement rejetées

Les députés ont repoussé ce mercredi 25 février les deux motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise contre le gouvernement. En cause : la publication par décret de la feuille de route énergétique, dénoncée par les oppositions comme un contournement du débat parlementaire.

L'Assemblée nationale le 23 janvier 2026

Crédit : AFP

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Les députés ont sans surprise largement repoussé ce mercredi 25 février les motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise pour protester contre la publication par décret de la feuille de route énergétique du gouvernement. 

La motion LFI a recueilli 108 voix, loin des 289 nécessaires pour faire tomber le gouvernement. Le RN ne l'a pas votée, contrairement à son habitude lorsqu'ils déposent une motion sur le même sujet. Sa propre motion, non soutenue par la gauche, avait recueilli auparavant 140 voix. 

Un préalable au remaniement

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a sans surprise surmonté ces deux motions. Invoquant le "respect du Parlement", il avait fait de leur examen un préalable au remaniement gouvernemental.

Principale figure sortante, la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, a officialisé son départ mercredi soir, peu après l’échec des tentatives de censure.

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Dans le détail, la motion insoumise a rassemblé 108 voix : une large majorité du groupe écologiste (29 députés sur 38) l’a soutenue, ainsi que six membres du groupe communiste et ultramarin et deux députés socialistes.

La motion du RN, examinée auparavant, a obtenu 140 voix, dont celles de ses alliés du groupe ciottiste et d’une députée du groupe Droite républicaine.

Le RN refuse de voter la motion LFI

Contrairement à son usage lorsqu’il dépose lui-même une motion, le RN n’a pas voté celle de LFI. Le député Jean-Philippe Tanguy a invoqué « l’indécence du comportement, le soutien assumé et ré-assumé des Insoumis à une milice séditieuse haineuse » après la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon.

Sur la forme, les orateurs des deux camps ont dénoncé le recours à un décret plutôt qu’à une loi pour mettre en œuvre la programmation pluriannuelle de l’énergie. "Quand les macronistes perdent avec les règles de la démocratie, ils choisissent de passer en force avec cette PPE3. Votre dérive illibérale est totale", a fustigé Jean-Philippe Tanguy. "C’est une nouvelle sorte de 49.3 que vous imposez au pays", a renchéri Maxime Laisney.

Un clivage de fond sur le nucléaire et les renouvelables

Sur le fond, RN et LFI s’opposent diamétralement sur l’équilibre entre nucléaire et énergies renouvelables. Le RN dénonce "une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques".

LFI regrette à l’inverse une "relance massive du nucléaire » et un « coup de frein sans précédent sur le développement des énergies renouvelables", "seules à pouvoir se substituer aux énergies fossiles à court terme et à nous permettre de répondre à l’urgence climatique".

Le Premier ministre a balayé ces critiques, voyant dans ces motions "la démonstration d’un désordre politique inutile". "Renverser un gouvernement ne produira pas un mégawattheure", a-t-il lancé, accusant le RN d’avancer des "chiffres inventés" et LFI de "préférer importer du gaz russe plutôt que de produire de l’électricité nucléaire décarbonée française".

Le groupe socialiste, qui avait annoncé ne pas voter la motion LFI, a confirmé sa position. Le député Karim Benbrahim a assuré ne pas vouloir "renoncer à lancer de nouvelles capacités nucléaires", évoquant "un risque majeur sur notre sécurité d’approvisionnement" en cas d’abandon.

Une stratégie dévoilée par décret

Le gouvernement a dévoilé par décret le 12 février sa nouvelle stratégie énergétique, après trois ans de débats et de reports successifs.

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) met l’accent sur la relance de la consommation d’une électricité décarbonée, notamment d’origine nucléaire, afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées. Elle acte également un moindre déploiement de l’éolien terrestre et du solaire, choix qui cristallise une partie des critiques.

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