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Cambadélis premier secrétaire du Parti socialiste : un tremplin pas si évident

DÉCRYPTAGE - L'élu de Paris devrait prendre la tête du Parti socialiste ce mardi 15 avril. Une fonction à double tranchant où il aurait autant à perdre qu'à gagner.

Jean-Christophe Cambadélis le 18 septembre 2013.
Jean-Christophe Cambadélis le 18 septembre 2013. Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'heure de la revanche a vraisemblablement sonné pour Jean-Christophe Cambadélis. Sauf énorme surprise, le député de Paris devrait être nommé premier secrétaire du Parti socialiste ce mardi 15 avril en fin de journée, après une réunion du conseil national du PS. 

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Candidat malheureux en 2012, l'élu de Paris, qui postulait déjà à la succession de Lionel Jospin en 1997, aura pour mission de survivre aux élections européennes, après la déroute historique des municipales, et de remettre le parti en ordre de marche, en œuvrant notamment au rassemblement de la gauche. Il devrait ensuite remettre sa fonction en jeu lors du prochain congrès socialiste, prévu fin 2015.

D'ici là, l'élu de 62 ans jouira d'une exposition médiatique sans commune mesure avec les mandats qu'il a exercé jusqu'ici. S'il parvient à redresser le Parti socialiste et à trouver le juste milieu entre la défense d'un gouvernement impopulaire et l'expression d'une voix autonome prompte à nourrir le débat public, "Camba" sortirait renforcé comme jamais de cette parenthèse à la tête de la rue de Solferino.

Un tremplin pour Mitterrand, Jospin et Hollande

Depuis 1971, trois premiers secrétaires du Parti socialiste ont été candidats à l'élection présidentielle. Élu premier secrétaire lors du Congrès d'Épinay en 1971, François Mitterrand met d'abord un terme à la supériorité du Parti communiste lors des élections législatives de 1973 avant de mettre l'appareil socialiste au service de son projet présidentiel, raté de peu en 1974, jusqu'à sa victoire de 1981.
Après avoir assumé les fonctions de premier secrétaire durant tout le premier septennat de François Mitterrand, Lionel Jospin reprend les rennes de l'appareil socialiste après sa défaite honorable face à Jacques Chirac au second tour de la présidentielle de 1995. Leader de l'opposition, il créé la gauche plurielle, selon une stratégie théorisée par Jean-Christophe Cambadélis, qui permet à la gauche de remporter les élections législatives de 1997 et à Lionel Jospin de devenir Premier ministre de cohabitation avant de conduire à nouveau le PS à la présidentielle de 2002.
Son successeur, François Hollande, connaît la plus grande longévité à la tête du parti. S'il essuie deux défaites aux présidentielles de 2002 et 2007, ses succès locaux et sa synthèse au Congrès du Mans en 2005 rattrapent un bilan mitigé aux commandes du PS. Ce qui ne l'empêchera pas de tirer son épingle du jeu, en mai 2012, après le retrait de Dominique Strauss-Kahn de la primaire socialiste un an plus tôt.

Un échec pour Désir et Rocard

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Si pour certains, comme Laurent Fabius, Pierre Mauroy ou Henri Emmanuelli, la direction du Parti socialiste n'aura constitué qu'une brève parenthèse dans des CV politiques déroulant de nombreux mandats, d'autres, en revanche, auront payé le prix fort leur passage à la tête de la rue de Solférino. 

Choisi au terme d'intenses tractations au nez et à la barbe de Jean-Christophe Cambadélis, Harlem Désir aura réussi à décevoir à la fois les militants et le Président lors de son passage à la tête du PS. Tous lui reprochent un mauvais bilan, sanctionné par la débâcle des municipales, et d'avoir été une voix inaudible dans le débat public, lorsqu'il n'entrait pas en contradiction avec le chef de l'État lui-même. Nommé secrétaire d'État aux Affaires européennes, il est attendu au tournant par ses nombreux détracteurs. 

Pour Michel Rocard, la direction du Parti socialiste restera un mauvais souvenir. Deux ans après avoir quitté Matignon, il prend la tête du PS en 1993, alors que la gauche est promise à une déroute électorale aux élections législatives. Malgré cet échec, il remanie profondément l'appareil socialiste en accordant l'autonomie au Mouvement des jeunes socialistes. Mis en minorité après la défaite aux européennes de 1994, il démissionne de son poste au profit d'Henri Emmanuelli. Il dira plus tard qu'avoir accepté cette fonction constitue "la faute de sa carrière"

Aubry a encore le temps

Enfin, il est encore trop tôt pour affirmer que le poste de premier secrétaire du Parti socialiste servira, ou non, de tremplin à Martine Aubry. Grande absente des gouvernements de Jean-Marc Ayrault puis de Manuel Valls, son retrait de la politique nationale est certainement dû à son inimitié chronique avec François Hollande. Épargnée par le bilan de la gauche au pouvoir, elle pourrait toutefois effectuer un retour en grâce lors de la prochaine échéance présidentielle, 

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