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Un chantage à la sextape pour violer des adolescents : un jeune bûcheron au cœur d'un procès à 43 victimes dans le Doubs

Dans le Doubs, un jeune homme de 25 ans est accusé d'avoir obtenu des vidéos intimes de 43 victimes, en se faisant passer pour une femme. Certaines victimes racontent avoir été violées sous la menace de la diffusion d'images intimes.

Le palais de justice de Besançon

Crédit : AFP

Jérémy Billault

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Un procès hors normes s'ouvre ce lundi 9 mars à Besançon. Un jeune bûcheron de 25 ans est accusé d'avoir, en se faisant passer pour une femme, convaincu plus de 40 adolescents de lui envoyer des photos et vidéos intimes, et parfois de les avoir violés en menaçant de les diffuser.

Visage joufflu encadré d'une barbe châtain, Théo D. s'est assis calmement dans le box des accusés de la cour criminelle du Doubs. L'accusé, qui reconnaît les faits, encourt 20 ans d'emprisonnement. Il comparaît pour viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel ou encore atteintes à la vie privée, commis auprès de 43 jeunes (41 garçons et deux filles) de son entourage scolaire, amical ou professionnel, entre 2018 - à partir de sa majorité - et 2023.

Les victimes étaient "âgées de 13 à 19 ans environ" au moment des faits, selon le résumé de la présidente de la cour, Delphine Thibierge. Parmi elles, sept adolescents ont dénoncé des viols, a précisé vendredi à l'AFP le substitut du procureur de Montbéliard, Jérémy Lhadi, qui représente le ministère public lors de ce procès.

Des dizaines de dossiers nominatifs contenant des vidéos intimes de victimes

L'enquête avait débuté en 2021 dans un village du Doubs : un garçon avait dénoncé des agressions sexuelles, allant jusqu'au viol, de la part de Théo D., qui suivait un apprentissage de bûcheronnage dans un centre de formation.

Dans le téléphone et l'ordinateur du suspect, les enquêteurs de la gendarmerie découvraient des dizaines de dossiers nominatifs, contenant des photos et des vidéos intimes des victimes, dont des viols.

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D'après les investigations, Théo D. abordait des garçons de son entourage sous couvert d'un profil de femme, appelée Aurélie, qu'il s'était créé sur les réseaux sociaux. Au fil des échanges, il obtenait ainsi des photos intimes d'eux, nus ou en train de se masturber, puis menaçait certains de diffuser ces images s'ils refusaient des relations sexuelles avec Théo D.

"Anéantis par la honte"

Beaucoup de ces jeunes hommes sont "anéantis par la honte", a confié à l'AFP Jean-Baptiste Euvrard, qui défend quatre victimes, dont le premier garçon à avoir osé déposer plainte. 

Ils n'ont obtempéré aux demandes de l'accusé "que sous le chantage", mais restent marqués par "l'omerta" et les "tabous" qui prévalent dans "ce milieu rural et agricole", analyse-t-il.

Pour les avocats de la défense, Baptiste Monnot et Jules Briquet, l'enjeu des débats sera de "comprendre le passage à l'acte" du jeune bûcheron, et le lien avec son "homosexualité refoulée". Aucune demande de huis clos n'a été formulée pour cette audience prévue sur trois semaines.

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