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Ses deepfakes sexuels ont fait près de 15.000 victimes et cumulaient 4 millions de vues par mois : fin de partie pour le site CFake

Un informaticien français habitant à Nice a été interpellé puis déféré ce vendredi 12 juin. Il est soupçonné d'être l'administrateur de CFake, un site de deepfakes sexuels cumulant 4 millions de vues par mois.

Une personne devant son ordinateur (illustration)

Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Marine Langlois

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Un Français soupçonné d'administrer le site CFake, célèbre pour les deepfakes sexuels, a été déféré ce vendredi 12 juin, annonce le parquet de Paris dans un communiqué. Inconnu des services de police, cet informaticien né en 1979 a été interpellé mercredi à son domicile à Nice. 
Du matériel informatique ainsi que l'équivalent de 48.521 euros, les revenus illicites perçu avec la publicité diffusée sur le site. Il va être jugé le 7 juillet prochain pour "mes infractions d’administration de plateforme permettant des transactions illicites et complicité de diffusion de deepfakes".


CFake a été créé en 2007, précise le parquet. On pouvait y retrouver 300.000 images et 7.000 vidéos "à raison d’environ 50 nouvelles mises en ligne par jour, au préjudice de 14.000 victimes originaires de tous pays". En tout, 200.000 comptes utilisateurs avaient été créés pour consulter les contenus, soit 4 millions de vues par mois. 

Les deepfakes, un phénomène grandissant grâce à l'IA

Avec les progrès de l’intelligence artificielle, il n’a jamais été aussi facile de créer de fausses vidéos pornographiques à l’effigie d’une personne. Environ 96% des deepfakes produits à travers le monde sont des montages pornographiques, ciblant dans la quasi totalité des cas les femmes. Le phénomène s’est structuré  : des communautés entières se sont formées sur Internet, sur des forums et des messageries privées. La création d’un deepfake pornographique est passible de 3 ans de prison et de 75.000 euros d’amende.

En mars dernier, les représentants des 27 à Bruxelles ont approuvé un amendement proposé par la France et l'Espagne à une proposition de loi en matière d'IA, qui vise à interdire ces services dans toute l'UE. La disposition approuvée "interdit les services d'IA en matière de génération d'images sexuelles et intimes non consenties, ou pédopornographiques", précise un communiqué du Conseil, l'instance de l'UE réunissant les Etats membres.

À écouter aussi

L'objectif des Européens est d'interdire les services d'IA et autres applications permettant de "dénuder" des personnes adultes ou mineures, ou de créer des images à caractère sexuel qui les mettent en scène sans leur consentement, à partir de photos ou vidéos réelles.

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