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Quenelle au mémorial de l'Holocauste : Alain Soral condamné à 10.000 euros d'amende

Le polémiste d'extrême-droite Alain Soral a été condamné mardi 12 mai à 10.000 euros d'amende pour sa "quenelle" commise au Mémorial de l'Holocauste.

L'écrivain Alain Soral lors d'une conférence de presse pour la liste "anti-sioniste" conduite par Dieudonné pour les élections européennes, le 4 juin 2009 (archives)
L'écrivain Alain Soral lors d'une conférence de presse pour la liste "anti-sioniste" conduite par Dieudonné pour les élections européennes, le 4 juin 2009 (archives) Crédit : AFP / BORIS HORVAT
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

L'essayiste d'extrême droite Alain Soral a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Paris à 100 jours amende d'un montant unitaire de 100 euros, soit 10.000 euros d'amende, pour une photo le représentant au Mémorial de l'Holocauste à Berlin en train de faire le geste  de la "quenelle". En cas de non paiement, les jours amende deviennent des jours de détention et le condamné effectue tout ou partie de sa peine en prison. 

Outre l'amende pour injures à caractère racial, le tribunal l'a condamné à verser 14.001 euros de dommages et intérêts au profit des sept associations qui s'étaient constituées parties civiles. Fin 2013, la photo d'Alain Soral faisant ce geste controversé dans les allées de la fondation commémorative des juifs assassinés en Europe avait commencé à circuler sur plusieurs sites internet.

La justice reconnait la portée antisémite du geste

Alertées, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et l'association "J'accuse" avaient saisi le tribunal correctionnel sur citation directe (sans l'intervention du ministère public) afin qu'Alain Soral comparaisse devant lui pour injures publiques à caractère racial. À l'audience, le 12 mars, Alain Soral s'était présenté comme victime d'une méprise doublée d'une manipulation

Il avait assuré que le cliché avait été récupéré par des pirates informatiques alors qu'il n'était destiné, au départ, qu'à son cercle d'amis. Il avait également contesté le sens et la portée donnés à son geste, affirmant n'avoir jamais cherché à porter atteinte à la mémoire des déportés, dont trois étaient venus témoigner à l'audience et dire leur indignation. 

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"La personnalité même d'Alain Bonnet (son vrai nom) dit Soral, telle que perceptible dans ses écrits ou prises de position publiques antérieurs, fragilise, pour ne pas dire prive de toute portée, ses dénégations réitérées quant aux accusations d'antisémitisme dont il ferait injustement l'objet", a estimé le tribunal dans son jugement, consulté par l'AFP. 

Une condamnation parmi tant d'autres

Dès lors, la photographie "ne peut être perçue que comme une injure visant la communauté juive dans un de ses lieux les plus symboliques et les plus sacrés", a-t-il conclu. "La jurisprudence évolue. On n'est plus sur une condamnation à une simple amende", s'est félicité Nicolas Salomon, conseil du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), l'une des associations parties civiles. Alain Soral n'était pas présent lors de la lecture du jugement et n'était pas représenté par son conseil, Me Lahcène Drici. Contacté par l'AFP, Me Drici n'était pas immédiatement joignable. 

Popularisé comme un geste anti-système semblable à un bras d'honneur par le polémiste Dieudonné M'bala M'bala, la quenelle (bras tendu vers le bas et main opposée posée sur l'épaule) ressemble à un salut nazi inversé, selon ses détracteurs. 

Par ailleurs, dans une autre affaire, le tribunal correctionnel de Paris a également condamné mardi Alain Soral à 4.000 euros d'amende pour des propos tenus dans un livre dont il est co-auteur. Liant homosexualité et pédophilie, il avait cité le nom de Pierre Bergé. Connu pour son homosexualité, l'homme d'affaires l'avait attaqué pour diffamation publique en raison de l'orientation sexuelle. 

Outre l'amende, le tribunal correctionnel a condamné Alain Soral a verser à Pierre Bergé 10.000 euros de dommages et intérêts, solidairement avec l'éditeur du livre, Hugues Robert de Saint Vincent. L'essayiste et animateur Eric Naulleau, co-auteur de ce livre d'échanges, a lui été relaxé. 

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