1 min de lecture Justice

Procès des écoutes de Liliane Bettencourt : l'ex-majordome et cinq journalistes relaxés

Le juge a reconnu que Pascal Bonnefoy n'avait "à aucun moment bénéficié des enregistrements" de son employeur.

Liliane Bettencourt le 12 octobre 2011 à Paris (illustration).
Liliane Bettencourt le 12 octobre 2011 à Paris (illustration). Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

Le procès des "écoutes" dans la tentaculaire affaire Bettencourt s'est conclu mardi 12 janvier 2016 à Bordeaux par la relaxe de l'ex-majordome de Liliane Bettencourt et de cinq journalistes de Mediapart et du Point, qui étaient poursuivis "pour atteintes à l'intimité de la vie privée" de l'héritière de L'Oréal. De simples amendes "de principe" avaient été requises en novembre lors du procès.

Le tribunal correctionnel a notamment estimé que Pascal Bonnefoy n'avait "à aucun moment bénéficié des enregistrements" effectués à l'insu de sa patronne, en 2009 et 2010, et qu'il avait remis ensuite à la fille de la milliardaire. Cet "acte socialement utile" répondait à la nécessité de protéger son employeur, a jugé le président Denis Roucou. "Dans ces conditions, une relaxe s'impose", a-t-il tranché. 

Transmises à la police et en partie reproduites dans Mediapart et Le Point, puis largement relayées dans le reste de la presse, ces écoutes, révélant la santé déclinante de la milliardaire mais aussi des fraudes fiscales et des immixtions politiques, avaient fait basculer un simple conflit de famille en une affaire d'État. Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi de Mediapart, Hervé Gattegno du Point, ainsi que les directeurs de publication des deux médias, Edwy Plenel et Franz-Olivier Giesbert, étaient poursuivis pour "détention et diffusion de documents portant atteinte à l'intimité de la vie privée".

Mais là encore, le tribunal a "retenu le caractère sérieux du travail d'enquête" des journalistes, reprenant l'argument du Point selon lequel n'ont été retranscrits dans ces enregistrements que des informations relevant de l'intérêt général et pas celles d'ordre privé. Mêmes conclusions pour Mediapart, dont les "articles ont participé au débat d'intérêt général et sociétal", selon les attendus du jugement. Les prévenus et leurs défenseurs avaient insisté à l'audience sur le "paradoxe" d'un tel procès, soulignant que ces enregistrements, certes clandestins, avaient été déterminants pour révéler les abus de faiblesse dont était victime Liliane Bettencourt, aujourd'hui âgée de 93 ans et placée sous tutelle.

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