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Procès de Dominique Cottrez : 18 ans de prison requis par les avocats généraux

L'énigme Dominique Cottrez, qui a étranglé ses huit bébés à la naissance et conservé leurs corps, paraît parfois difficile à élucider.

Dominique Cottrez encourt 18 ans de prison pour avoir commis tué ses huit enfants
Dominique Cottrez encourt 18 ans de prison pour avoir commis tué ses huit enfants
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Alors que Dominique Cottrez vient de tenter de se remémorer l'enchaînement macabre des infanticides à son domicile, les avocats généraux de la cour d'assises du Nord ont requis à son encontre 18 ans de réclusion criminelle. Le visage de l'avocat de la défense, Me Frank Berton, reste impassible. Celui de l'accusée est marqué par une grimace de douleur. Elle a du mal à retenir ses larmes. Sa famille vient l'entourer

La journée a encore été éprouvante pour Dominique Cottrez au 5e jour de son procès, jugée pour l'infanticide de huit nouveau-nés, alors que ses souvenirs semblent s'évanouir au fur et à mesure des naissances clandestines. Assaillie de questions par la présidente -c'est le seul moyen de la faire parler-, Dominique Cottrez s'est remémorée les six nourrissons nés après son déménagement dans une nouvelle maison et dont les corps ont été retrouvés au fond d'une cuve, dans le garage. 

Les récits de chaque accouchement

Les cadavres des deux premiers avaient été retrouvés dans le jardin de l'ancienne maison des parents de l'accusée à Villers-au-Tertre (Nord), le même jour, le 24 juillet 2010. "J'ai caché jusqu'au bout", se souvient Dominique  Cottrez, des sanglots dans la voix. Petit à petit, elle dévoile le récit de la troisième naissance. "Je l'ai attrapé, mis dans une serviette, serré au niveau du cou (...) j'ai tout mis dans un sachet", raconte Mme Cottrez. 

"Vous pleurez ?" lui demande la présidente. "Dans la panique, non", répond l'accusée. Il faut donner des numéros aux bébés tués, pour s'y retrouver dans les souvenirs de Dominique Cottrez. Une seule fois, elle a accouché dans son lit. Les autres fois, aux toilettes. Elle décrit les gestes faits ce jour-là, enfin ceux dont elle se rappelle. La présidente note que le premier accouchement clandestin avait nécessité un grand nettoyage. 
"J'étais peut-être plus organisée", acquiesce Dominique Cottrez. "Plus ça avançait", commence la présidente. "Plus c'était facile", a-joute-t-elle

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La voix de l'accusée se brise moins, au fur et à mesure de son récit sur les infanticides. Elle revient sur une éventuelle complicité tacite de son mari. "J'ai fait ça toute seule, je l'affirme", lance Dominique Cottrez, expression limpide qui lui fait parfois défaut. Mais son mari ? "Je pense qu'il savait", dit-elle timidement, sans plus de détails. Son père, incriminé dans ses premières déclarations ? "J'ai tout inventé."  

La réclusion criminelle à perpétuité ?

Lundi, Dominique Cottrez avait mis un terme à la thèse de l'inceste, qu'elle avait elle-même émise pour expliquer ses gestes. "L'explication d'inceste nous rassurait, mais nous endormait aussi", lance l'avocat général Eric Vaillant. Comprendre, mais pas excuser, voilà le fil rouge du réquisitoire. Le parquet a retenu la préméditation pour sept des infanticides, mais, dans le doute, a considéré le premier cas comme un simple meurtre. Des actes "accomplis avec une certaine détermination, pleine conscience, organisation et sang-froid malgré tout", a noté de son côté la magistrate Annelise Cau, qui requérait aux côtés de M. Vaillant. 

En introduction, ce dernier avait communiqué pour la première fois les prénoms donnés, récemment par la loi, aux huit nourrissons: Xavier, Hubert, Fleur, Ingrid, Alphonse, Mariette, Blandine, Judith, "une occasion de penser un  peu différemment à ces bébés nés, ces bébés assassinés". "Il faut que Dominique Cottrez, même pour elle, reparte en prison. Qu'elle comprenne l'horreur absolue des crimes qu'elle a commis", a rapidement commenté  M. Vaillant à la sortie de l'audience. 

Il a reconnu au cours de ses réquisitions certaines circonstances atténuantes. "Vous allez prendre en compte la personnalité de Dominique Cottrez, son hyper-fragilité, le fait qu'elle soit hyper-névrosée, vous allez retenir ses conditions de vie, ses troubles psychiques", explique le magistrat en s'adressant directement au jurés. Tout en ajoutant immédiatement qu'en droit pénal, "l'extrême souffrance ne peut absolument pas être une excuse".   Pour les crimes dont elle est accusée, l'accusée encourt théoriquement la réclusion criminelle à perpétuité. Ses avocats plaideront jeudi matin, avant que le jury ne se retire pour délibérer

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