2 min de lecture Littérature

Michel Houellebecq attaque "Le Monde" en justice

L'écrivain attaque le quotidien pour "violation des droits d'auteur" et "violation du secret de ses correspondances".

Michel Houellebecq le 19 janvier 2015 à Cologne, en Allemagne (archives).
Michel Houellebecq le 19 janvier 2015 à Cologne, en Allemagne (archives). Crédit : PATRIK STOLLARZ / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

L'écrivain Michel Houellebecq attaque Le Monde en justice pour "violation des droits d'auteur" et "violation du secret de ses correspondances", a annoncé le quotidien mercredi 9 septembre sur son site internet. L'avocat de l'auteur "a transmis au Monde une assignation en justice pour la 'violation des droits d'auteur dont il (Michel Houellebecq) dispose sur son oeuvre' et pour 'la violation du secret de ses correspondances', dont il s'estime victime" dans la série que lui a consacrée cet été le journal. 

Dans une récente émission de télévision, l'auteur de "Soumission" avait reproché au Monde d'avoir publié sa correspondance privée. "Je n'aime pas du tout qu'on publie ma correspondance privée", s'était insurgé l'écrivain au cours de l'émission, martelant : "Pas de photos, pas ma correspondance privée, le reste je m'en tape." Fin août, après la publication d'une série de six articles le concernant, l'écrivain avait accusé Le Monde de mettre en danger le travail des policiers chargés de sa protection. "Je devrais probablement porter plainte, mais surtout j'aurais dû le faire bien avant", avait affirmé l'écrivain dans une déclaration à l'AFP. "Si j'avais  été moins paresseux sur le plan judiciaire, j'aurais peut-être gagné le droit qu'on me foute la paix", avait-il ajouté. 

Le quotidien explique qu'au "cœur du litige" avec l'écrivain, il y a "un petit mot écrit sur un bout de papier", reproduit dans l'article relatant le procès en diffamation dans lequel Michel Houellebecq était poursuivi en 2002 pour ses propos sur l'islam. Au cours de l'audience, précisait l'article, Michel Houellebecq transmet à son avocat, Me Emmanuel Pierrat, "un petit papier sur lequel il a griffonné : 'Ma décision est irrévocable: les médias, pour moi, c'est fini.'" Le Monde avait publié une reproduction de cette note. "Une telle reproduction caractérise une violation des droits d'auteur dont il dispose sur son oeuvre protégée et la violation du secret de ses correspondances", précise, selon Le Monde, l'assignation transmise par le nouvel avocat de l'auteur. 

Le quotidien a récusé les accusations de l'écrivain. "C'est Me Pierrat, rencontré en juin à son cabinet, qui a lui-même ensuite adressé à Ariane Chemin ce document dans un mail, en l'autorisant explicitement  à le reproduire, en le créditant", explique Le Monde. L'écrivain avait catégoriquement refusé de collaborer avec la journaliste du Monde pendant son enquête et avait demandé à ses amis de faire de même. Selon Le Monde, il demande un euro symbolique, la publication du jugement et 3.000 euros au titre de l'article 700 du code civil. Contacté par l'AFP, l'éditeur de l'écrivain, Flammarion, n'a pas souhaité faire de commentaire. 

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