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Les abattoirs normands AIM devant le tribunal

Les abattoirs AIM en difficulté font face au tribunal ce mardi.

Deux anciens dirigeants de la société Spanghero, accusés d'avoir vendu de la viande de cheval en la faisant passer pour du boeuf, sont jugés à partir de lundi par le tribunal correctionnel de Paris.
Deux anciens dirigeants de la société Spanghero, accusés d'avoir vendu de la viande de cheval en la faisant passer pour du boeuf, sont jugés à partir de lundi par le tribunal correctionnel de Paris.
Crédit : AFP / DANIEL MIHAILESCU
La rédaction numérique de RTL & AFP

La justice doit examiner ce mardi à Coutances (Manche) le sort des abattoirs normands AIM qui emploient près de 600 personnes en France et dont les syndicats redoutent à moyen terme un scénario similaire à celui de leur concurrent breton GAD SAS dont les effectifs ont drastiquement chuté.

CGT, CFDT et CFE-CGC appellent à un rassemblement devant le tribunal de commerce de Coutances pendant l'audience qui doit débuter à 11h00. "On n'en est pas du tout au stade de savoir s'il va y avoir une restructuration industrielle. Il s'agit de demander un redressement judiciaire, pour trouver un ou plusieurs investisseurs sur lesquels s'adosser", a assuré pour la direction une chargée de communication d'AIM (Abattoirs industriels de la Manche).

Discussions avec des industriels

"Il y a des discussions approfondies en cours" avec des industriels, a-t-elle ajouté sans pouvoir en dire plus à ce stade. La direction espère boucler son tour de table dans les "premiers mois" de 2015. AIM emploie 591 personnes, selon la direction, 616 selon la CFDT, principalement à Sainte-Cécile (Manche), le siège, et à Antrain (179 salariés) en Ille-et-Vilaine.

"Un repreneur oui, mais à quelles conditions? Nous ce qu'on ne veut pas, c'est un petit Gad", a résumé ce lundi Johnny Poisnel, délégué CFDT d'AIM à la sortie d'un comité central d'entreprise (CCE). En Bretagne, GAD SAS est passé de 1.700 salariés mi-2013 à la promesse en octobre 2014 d'en maintenir 530 sur 755 dans le seul abattoir restant du groupe, à Josselin (Morbihan) racheté par la SVA Jean Rozé, filiale d'Intermarché.

Peurs

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Pour la reprise d'AIM "des noms (comme ceux des entreprises de salaison Loste ou Brient, un client d'AIM) circulent mais ce ne sont que des rumeurs, les mêmes depuis 18 mois", ajoute Poisnel. "L'écrémage qu'il peut y avoir au niveau salarial nous fait très très peur (à nous syndicalistes, ndlr). Mais (la plupart) des salariés ne réalisent pas", a ajouté Aurélie Balleroy, délégué CGT (majoritaire).

"Tant qu'il y a des porcs, du travail, les gens se disent que l'abattoir va pas fermer", précise-t-elle. Hors représentants syndicaux, aucun des salariés interrogés lundi à la sortie de l'usine n'a souhaité s'exprimer. "Les gens ont l'impression que tout le monde va être réembauché comme en 2003 lorsqu'on a été repris par notre actionnaire principal actuel CAP 50", a renchéri Sébastien Lafon (CFE-CGC).

"Il a bon dos l'embargo russe"

Mais en 2003, le changement d'actionnaire était dû au départ à la retraite des propriétaires et non à des difficultés financières, selon les syndicats. Les salariés d'AIM ont d'ailleurs passé Noël en n'ayant perçu en décembre que 800 euros au lieu des 3.000 (salaire de décembre plus 13e mois) qu'ils auraient dû recevoir en moyenne, selon la CFDT. Le conseil général de la Manche a partiellement compensé cette mauvaise nouvelle en faisant un don de 500 euros à la plupart des salariés normands.

La direction d'AIM explique qu'elle fait face à "une impasse de trésorerie" et précise que l'AGS (l'organisme qui garantit le paiement des salaires en cas de défaillance des entreprises), pourra verser le complément de salaire après l'ouverture du redressement judiciaire.

Comme chez Gad, la direction met en avant l'embargo russe sur le porc européen, mais aussi "la concurrence de l'Allemagne et de l'Espagne sur l'espèce porcine avec l'utilisation du dumping social", ou "la guerre des prix de la grande distribution". Il a bon dos l'embargo russe", a estimé de son côté Poisnel. Lafon, lui, a dénoncé "la gestion de l'entreprise depuis le rachat en 2003. A une époque on a dépensé beaucoup plus qu'on gagnait". AIM est détenu à 64% par la coopérative Cap 50, son principal fournisseur, et à 34% par le groupe d'aliments pour bétail JDIS.

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