3 min de lecture

La victime souffrait de troubles psychiatriques : ce que l'on sait de la mort d'une sexagénaire à Plouasne après d'une intervention du maire

À Plouasne, l’enquête s’accélère après la mort de Catherine Josselin, 66 ans, lors d’une intervention menée pour la faire hospitaliser. Le maire de la commune a été mis en examen et placé en détention provisoire, sur fond de fortes interrogations sur les conditions de cette tentative de prise en charge.

Le domicile de Catherine Josselin, décédée lors d'une altercation avec le maire et un conseiller municipal le 7 avril 2026 à Plouasne.

Crédit : Mathieu Lopinot/RTL

Eléonore Aparicio

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

À Plouasne, dans les Côtes-d’Armor, la mort de Catherine Josselin, 66 ans, survenue à son domicile lors d’une intervention destinée à la faire hospitaliser, a provoqué une vive émotion dans cette petite commune bretonne. 

Les circonstances du drame ont conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour des soupçons d’"arrestation arbitraire ayant entraîné la mort", de "violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort" et de "non-assistance à personne en danger".

Dans ce dossier, le maire Michel Daugan, un conseiller municipal ainsi que deux autres personnes ont été placés en garde à vue. À l’issue de cette mesure, mercredi 15 avril, l’édile a été placé en détention provisoire.

Une voisine qui troublait le voisinage

Catherine Josselin vivait dans ce hameau depuis plus de vingt ans. Souffrant de troubles psychiatriques, elle avait arrêté son traitement et effectuait régulièrement des séjours en hôpital psychiatrique. 

À écouter aussi

Depuis plusieurs mois, les voisins de Catherine Josselin dénonçaient des troubles répétés dans le hameau de Launay Hellon : cris, insultes et menaces perturbaient le quotidien des habitants. Face à cette situation, plusieurs habitants ont adressé un courrier aux élus pour réclamer son hospitalisation d’office.

"Elle se promenait, elle passait son temps à déambuler partout. Elle ne faisait pas attention, elle était au milieu de la route. Elle criait sur les gens qui passaient quand elle était en défaut de traitement", a raconté à RTL Sophie, l’une de ses voisines. "J'ai signé la pétition le week-end de Pâques. (...) C'est pas pour lui faire du mal, c'est pour la protéger et pour éviter qu'il lui arrive quelque chose", a-t-elle assuré. 

Une altercation filmée avec le maire et un conseiller municipal

Le 7 avril dernier, le maire Michel Daugan et son conseiller municipal se rendent au domicile de Catherine Josselin pour tenter de la faire hospitaliser en psychiatrie, sans qu’aucun arrêté municipal d’hospitalisation d’office sous contrainte n’ait été pris. L'habitante refuse de suivre les deux hommes et leur échange vire à l'affrontement. Une scène filmée et relayée ensuite sur les réseaux sociaux.

Sur les différentes vidéos, on voit quatre personnes intervenir pour maintenir fermement la victime au sol en exerçant une pression sur elle et en lui attachant les jambes grâce à une sangle et une corde.

"Pendant 15 minutes, quatre personnes étaient intervenues physiquement, avec des degrés d'implication différents, pour contenir fermement la victime au sol en exerçant sur elle une pression", a confirmé dans un communiqué le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel.

Après avoir été maintenue au sol pendant de longues minutes, la sexagénaire a perdu connaissance. Malgré les tentatives de réanimation des personnes présentes puis des pompiers, elle est décédée devant son domicile.

L'autopsie évoque un lien entre le décès et l'altercation

Une autopsie du corps a été réalisée et elle a conclu qu'il existait "un lien entre les faits que venait de subir la victime et la survenance du décès". Une conclusion qui a engendré la mise en examen du maire de la commune, du conseiller municipal et de deux autres personnes. 

Les gardes à vue du maire Michel Daugan et du conseiller municipal ont été prolongées, les deux autres ont été levées. Les deux élus ont été présentés mercredi au parquet de Rennes, qui a ouvert une information judiciaire. Présenté ensuite au juge des libertés et de la détention, le maire de Plouasne a été placé en détention provisoire. Le conseiller municipal a, lui, été placé sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction de se rendre à Plouasne et d’entrer en contact avec les autres mis en cause, les témoins ou la famille de la victime.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info