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"J'ai été abandonnée" : le cri d'alarme de la mère de Rosa, victime présumée de Jérôme Barella, pour sauver la loi contre les violences sexuelles

Tandis que l'Assemblée nationale examine la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, des mères de victimes et plusieurs associations féministes ont marché afin d'apporter leur soutien à la loi et dénoncé un "abandon" de la justice.

Me Pierre Debuisson, avocat de la mère de Rosa qui avait déposé plainte contre Jérôme Barella dès août 2025 pour des viols sur sa fille

Crédit : AFP

"J'ai été abandonnée" : des mères de victimes et des associations se mobilisent pour préserver les moyens de la loi intégrale contre les violences sexuelles

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Sophie Neumayer

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Les associations féministes maintiennent la pression pour l'adoption de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles dont le texte est actuellement examiné à l'Assemblée nationale.

Comme depuis la mort de Lyhanna, au mois de juin, les manifestations continuent, tous les lundis soirs. Audrey, la mère de Rosa, l'enfant qui a accusé Jerôme Barella d'une cinquantaine de viols y participe, accompagnée de son avocat, Maître Pierre Debuisson.

Au micro de RTL, elle témoigne. "C'est important parce que le jour où j'ai posé plainte pour ma fille, j'ai été abandonnée. Aujourd'hui, je veux être là pour que cette loi passe, et que les autres victimes obtiennent le soutien que je n'ai pas eu avec ma fille", explique-t-elle. 

Et d'ajouter : "C'est important qu'on protège nos enfants. Je veux que cette loi passe parce qu'on a besoin d'accompagnement. On a besoin de personnels qui soient capables d'accompagner des personnes comme moi, comme ma fille, pour mieux comprendre  les situations. Pendant neuf mois, je n'ai pas eu de réponse, ni de la part de la justice, ni de la part de la gendarmerie, ni de personne".

"Les institutions ferment les yeux"

La présidente de la fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert était aussi présente à cette marche. Auprès de RTL, elle explique que "cette mobilisation est extrêmement importante". "On a plus peur que les députés cherchent à amoindrir le texte en sortant certains types de violences du texte, en enlevant certaines dispositions qui peut-être coûteraient plus cher que d'autres, en amoindrissant aussi la portée de certaines réformes pour éviter d'avoir à faire des grands changements en profondeur qui sont toujours pas faciles à porter quand on est ministre", détaille-t-elle. 

À écouter aussi

Anne-Cécile Mailfert souligne que "des mesures de bon sens" figurent dans la proposition de loi, comme par exemple, le fait qu'une enquête doit être ouverte à chaque fois qu'il y a une plainte. Elle salue aussi la mobilisation des familles des victimes. "Grâce à toute la mobilisation qui est la nôtre depuis plusieurs mois, on se rend compte que le problème n'est pas que les enfants et les femmes ne portent pas plainte. Le problème n'est pas qu'il n'y ait pas de preuves. Le problème est que les institutions ferment les yeux parce qu'elles ne veulent pas faire en sorte d'avoir les moyens et la bonne organisation pour faire face à ce phénomène terrible", critique-t-elle.

"Une violence ultime"

Emmanuelle Pouédras, la maman de Clément, jeune lorientais qui s'est suicidé en septembre 2024 après du cyberharcèlement, a aussi participé au cortège. Elle avait alerté en janvier 2026 le garde des Sceaux sur des dysfonctionnements supposés de la justice.

Si elle juge la loi intégrale "indispensable", elle estime que l'on ne "va pas assez loin aujourd'hui". "Quand un enfant met fin à ses jours, c'est une violence ultime et aujourd'hui la justice ne cherche pas à savoir pourquoi un enfant met fin à ses jours et pourquoi il se fait cette violence ultime", estime-t-elle. "C'est valable aussi pour une femme. Derrière cette violence ultime, il y a forcément des déclencheurs et d'autres violences potentielles. Marcher aux côtés d'autres femmes, d'autres mamans, c'est indispensable parce qu'on n'a pas d'autre possibilité de se faire entendre", a ajouté Emmanuelle Pouédras.

3 juges en 3 ans, "ce n'est pas normal", dénonce la mère de Lindsay

Betty Gervois, la maman de Lindsay qui s'est donnée la mort à 13 ans en mai 2023 à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) après avoir été victime de harcèlement, figure aussi parmi les participantes qui marchent en faveur de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. 

"Je suis là aussi par rapport au juge parce que ça fait 3 ans et demi que je mène un combat et qu'aujourd'hui on en est à 3 juges différents. Ce n'est pas normal, on n'est pas entendus, on n'est pas soutenus. On nous écoute au début et après on nous laisse de côté", dénonce-t-elle. Selon Betty Gervois, ces affaires "sont assez banalisées et ce n'est pas normal". 

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