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Incendie à Grande-Synthe : que s'est-il passé sur le camp ?

ÉCLAIRAGE - Des rixes entre migrants afghans et kurdes seraient à l'origine de l'incendie qui a ravagé le camp de migrants.

Un incendie a complètement détruit le camp de migrants de Grande-Synthe (Nord) dans la soirée du 10 avril 2017.
Un incendie a complètement détruit le camp de migrants de Grande-Synthe (Nord) dans la soirée du 10 avril 2017.
"Le camp de Grande-Synthe est ce soir un amas de cendres", déplore le préfet du Nord
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Ludovic Galtier & AFP

"Un amas de cendres". Selon le préfet du Nord, les dégâts sont si importants que le camp de migrants de Grande-Synthe (Nord) ne pourra pas être reconstruit. Dans la soirée du 10 avril, un important incendie a fait au moins une dizaine de blessés d'après le Centre opérationnel d'incendie et de secours du Nord, et détruit le camp de La Linière et ses 300 chalets en bois (70 sont restés intacts), où résidaient fin mars 1.500 migrants, principalement des Kurdes irakiens rêvant de passer en Angleterre. Matthias Fekl et Emmanuelle Cosse, respectivement ministres de l'Intérieur et du Logement, se rendent sur place mardi 11 avril.

"Il sera impossible de remettre des cabanons à la place de ceux qui existaient auparavant", a déclaré à la presse Michel Lalande, le préfet du Nord, accouru sur place depuis Lille. "Il a dû y avoir des mises à feu volontaires en plusieurs endroits différents, ce n'est pas possible autrement. Il semble que ce soit lié à des rixes, entre Irakiens et Afghans, c'est l'enquête qui le dira", a déclaré de son côté Olivier Caremelle. "À ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé. Il reste une cuisine communautaire et le point d'information. Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts."

Jusqu'à 600 migrants impliqués

La première étincelle est due à une rixe entre Afghans et Kurdes. De source policière, une première bagarre entre 200 migrants - sur les 1.500 présents dans le camp - aurait éclaté vers 18h45, entraînant une première intervention des CRS. En fin d'après-midi, on dénombrait six blessés à l'arme blanche.

À 20h, l'affrontement se serait arrêté avant de reprendre à 21h30, impliquant cette fois 600 migrants. Il y a eu plusieurs départs de feu. Vers 23h40, les pompiers constatent la destruction de 220 cabanons. À 0h40, sommation est faite d'évacuer le camp. Le préfet du Nord en décrète officiellement la fermeture à 1h.

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Selon plusieurs témoignages, la discorde est venue de l'augmentation du nombre d'Afghans, arrivés après le démantèlement de la "Jungle" de Calais, à 40 km de là. Les Afghans étaient mécontents d'être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n'a pas été accru. Les rixes entre migrants se sont poursuivies tard dans la nuit, et les deux compagnies de CRS qui tentaient de les faire cesser progressaient difficilement, parfois visées par des pierres.

Les migrants seront relogés

Les migrants ont été évacués du camp et transportés vers des gymnases de la ville de Grande-Synthe. Ils seront relogés dans des hébergements d'urgence, a assuré le préfet. À 00h50, 165 personnes avaient été mises à l'abri, selon la préfecture. Une camionnette faisait des allées et venues sur un parking où attendaient des migrants.

La préfecture du Nord avait refusé de cautionner l'ouverture du camp

Lors de l'hiver 2016, la préfecture du Nord avait refusé de cautionner l'ouverture du camp, invoquant notamment des défauts de sécurité, notamment en cas d'incendie. La mairie de Grande-Synthe avait fait faire des travaux supplémentaires, et l'État avait finalement accepté de financer le fonctionnement de ce camp aux normes ambitieuses. Le sinistre de lundi n'est "pas lié" à des failles de sécurité, a néanmoins insisté Olivier Caremelle. Il y a moins d'un mois, la convention renouvelant pour six mois le soutien de l'Etat avait été signée à Grande-Synthe par M. Carême et la ministre (écologiste) du Logement Emmanuelle Cosse, avec pour ambition d'améliorer les conditions d'accueil et de sécurité.

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