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Procès en appel de Nicolas Sarkozy : "Je n'étais pas demandeur ni désireux de m'y rendre", Brice Hortefeux s'explique sur son voyage en Libye

Le procès en appel de l'affaire du financement libyen, qui a déjà valu l'incarcération de Nicolas Sarkozy à l'automne, se poursuit à la cour d'appel de Paris. Brice Hortefeux, 67 ans, va être entendu ce mercredi 25 mars. La justice lui reproche d'avoir agi comme intermédiaire du financement à travers le réseau de Ziad Takieddine.

Brice Hortefeux le 25 septembre 2025 au tribunal de Paris

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

La rédaction numérique de RTL

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Les 3 infos à retenir
  • Pour le premier interrogatoire d'Alexandre Djouhri, la cour d'appel de Paris a choisi de se concentrer sur son rôle dans le départ précipité de France, en mai 2012, de Bechir Saleh, l'ex-directeur de cabinet du dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Le prévenu de 67 ans s'expliquera ultérieurement sur d'autres volets du dossier. Il ne s'agissait pas d'une "exfiltration", a assuré l'homme d'affaires mardi 24 mars.
  • La justice a entendu ce mercredi 25 mars l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Il est notamment accusé d'avoir agi comme intermédiaire du financement à travers le réseau de l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine. 
  • En première instance, Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal correctionnel à deux ans de prison, une peine aménageable à effectuer sous bracelet à domicile assortie de l'exécution provisoire, et à une amende de 50.000 euros.
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Ce direct est désormais terminé

Ce direct consacré à la sixième journée d'audience du procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 est désormais terminé. 

Les auditions reprendront lundi prochain après-midi. Merci de nous avoir suivis sur RTL.fr.

Pourquoi Brice hortefeux n'a pas parlé de cette rencontre à nicolas sarkozy ?

Le président de la cour demande à Brice Hortefeux pourquoi il n'a pas parlé de cette rencontre à Nicolas Sarkozy. Brice Hortefeux explique "Pour au moins deux raisons. D'abord j'étais mécontent de cette rencontre, vexé de cette rencontre qui m'avait été imposée, quand on est vexé, on ne prend pas un porte-voix, on ne va pas claironner", affirme-t-il. 


"La deuxième raison : parce qu'il ne s'est rien passé. S'il y avait eu quelque chose de délictueux ou qui l'aurait mis en danger, oui, j'en aurais parlé. Mais je n'en ai pas parlé à Nicolas Sarkozy pour deux raisons : une réaction humaine et une réaction rationnelle", résume-t-il. 

Brice Hortefeux clame son innocence

"Je suis ici sous le label infâme d'association de malfaiteurs. Comment peut-on sérieusement parler d'association quand on ne se voit pas, on ne se contacte pas, on ne se fréquente pas et on n'a pas d'intérêt commun !", lance à la barre l'ancien ministre. 

"Il s'agit d'un piège tendu par Takieddine", précise l'ancien ministre

Le président semble toujours aussi dubitatif : "Je ne comprends pas en quoi consiste le piège en 2005 dans quel but ?" Brice Hortefeux répond : "Il s'agit d'un piège tendu par Takieddine pour me faire passer devant le fait accompli chez M. Senoussi. C'était "pour se crédibiliser". 


Selon Brice Hortefeux, il avait besoin de se crédibiliser pour recevoir de l'argent pour son propre profit. Le president l'admet mais dans ce cas "Quel est l'intérêt de Senoussi, je ne comprends pas". 

Alors Brice Hortefeux décide de citer un autre intermédiaire Alexandre Djouhri : "Il y a un an M. Djouhri a donné la définition de ce qu'est un intermédiaire, j'ai retenu sa réponse : 'Cest celui qui ment à l'un et qui ment à l'autre'. Et ça correspond à la réalité. Ziad Takieddine m'a menti en ne me disant pas que j'allais rencontrer Abdallah Senoussi. Et il a bien fait de ne pas me prévenir, j'aurais dit non. Moi ma supposition, c'est qu'il a bien sûr menti à Senoussi en expliquant qu'il était mandaté et qu'on pouvait intervenir pour lui". 

Brice Hortefeux assure que sa rencontre avec Abdallah Senoussi était "imprévue"

Brice Hortefeux assure qu'il avait jamais entendu le nom d'Abdallah Senoussi avant de le rencontrer. Le président lui demande alors s'il maintient que la rencontre avec Abdallah Senoussi était un piège et dans ce cas-là, pourquoi ?


L'ancien ministre commence une longue réponse : "Cette rencontre était pour moi imprévue, involontaire. Si j'avais rencontré Abdallah Zenoussi de manière délibérée, je le dirais. Mais je ne le dis pas parce que ce n'est pas la vérité", assure-t-il.  

"Je comprends la douleur des familles des victimes de l'attentat (du DC10). Mais moi, je n'ai pas rencontré de manière délibérée Abdallah Senoussi. Ce que je dis n'a pas moins de valeur que ce que disent ces gens-là et je peux le prouver : dans la note préparatoire de mon déplacement, il n'apparaît jamais le nom d'Abdallah Senoussi et le rendez-vous d'Abdallah Senoussi n'était pas inscrit au programme alors j'imagine les sourires dans la salle : 'Bah oui il allait pas prévenir qu'il allait rencontret un terroriste !' Mais il faut en tenir compte", poursuit Brice Hortefeux. 

"Jamais Abdallah Senoussi a dit que j'ai demandé à le rencontrer. Il a été entendu de nombreuses fois", ajoute-t-il. 

"ce sont eux qui me demandent de venir", lance Brice hortefeux

Le président demande à Brice Hortefeux : "Pourquoi si vite y retourner alors que les choses sont en train de se faire ?" 
Brice Hortefeux assure : "Les Libyens sont demandeurs avec beaucoup de force et d'insistance pour revenir dans le cercle des pays fréquentables".
Le magistrat doute : "Là où je suis dubitatif c'est qu'à ce moment là, c'est plutôt la France qui demande à ce que vous y alliez". 
Brice Hortefeux nie : 
"La preuve que ce sont eux qui me demandent de venir, c'est qu'ils me demandent de lier des liens avec leurs collectivités territoriales. Il y a avait deux raisons pour lesquelles les Libyens voulaient qu'on vienne". 

Le président le questionne sur une lettre envoyée au ministre de l'intérieur libyen

Le président de la cour évoque maintenant une lettre que Brice Hortefeux a envoyé au ministre de l'Intérieur libyen, le 15 novembre 2005. "Vous insistez pour que la rencontre ait lieu avant la fin de l'année, pourquoi ?", le questionne-t-il. 


Réponse de Brice Hortefeux : "Parce que le début d'année est une période très intense pour les vœux. J'y suis allé quand j'étais disponible. Il n'y a aucun intérêt autre que les relations diplomatiques avec ce pays."

"Je n'étais pas demandeur ni désireux de m'y rendre" : Brice Hortefeux s'explique sur son voyage en libye

L'ancien ministre en vient maintenant à expliquer son voyage en Libye : "Je n'étais pas demandeur ni désireux de m'y rendre. j'ai reçu cette invitation et j'en ai parlé à la cellule diplomatique au sein du ministère de l'Intérieur et elle m'a répondu qu'il s'agissait de continuité. D'une visite qui s'ajoute à d'autres. Je n'ai jamais demandé à aller dans ce pays".

LE SMS DE RACHIDA DATI

Le président décide d'interroger Brice Hortefeux sur un SMS de Rachida Dati devenu public : 
"Mme Dati vous écrit, elle est furieuse, car vous avez fait sauter une facilité de passage à l'aéroport. Elle vous accuse d'interventions à l'époque et elle ajoute : 'Je vais dénoncer l'argent liquide que tu as perçu pour organiser des rendez-vous auprès de Sarkozy tout aussi liquide que tes relations avec Ziad Takieddine' et elle termine alors 'maintenant fous moi la paix espèce de voyou'." 
Brice Hortefeux répond : "Mes relations avec Mme Dati, elles sont de notoriété publique très médiocres. Et mes mots sont aseptisés par rapport à ce que je pense. Des messages, j'en ai reçu un certain nombre. Et elle a même dit publiquement que c'était des conneries. Enfin, il y a une enquête qui est sortie récemment sur les SMS de Mme Dati. Elle a le SMS généreux et large. Enfin les juges ont accordé tellement peu de crédit à ces propos, ils n'ont pas souhaité m'entendre."

Le président reprend : "Mais moi, je m'interroge pourquoi Mme Dati en 2013 fait état de vos relations avec Ziad Takieddine. Brice Hortefeux précise :

"Mme Dati a elle-même expliqué, car on parlait dans la presse du fait que je connaissais Takieddine. Sur ce plan là au moins c'est la vérité".

"Je n'ai jamais reçu de fonds de la part de personne", se défend brice hortefeux

"Je n'ai jamais reçu de fonds de la part de personne", se défend à la barre Brice Hortefeux. "Ziad Takieddine a donné je crois 16 versions différentes et sur ces 16 versions. Il y a un point commun : il n'a jamais dit que j'avais reçu le moindre centime d'euros parce que je n'en ai jamais reçu", ajoute-t-il. 

"Je n'ai pas de permis scooter..." : le trait d'humour de Brice Hortefeux

Brice Hortefeux explique que les allées et venues sont notées dans les ministères. Le président de ma cour interrompt : 
"Il me semble qu'à au moins deux présidents,  il est arrivé qu'ils n'étaient pas là où ils étaient censés être..." et il précise "ce n'était pas vous M. Sarkozy !". Rires dans la salle. "Je pense à Messieurs Giscard d'Estaing et Chirac..."
Brice Hortefeux répond : "Je n'ai pas de permis scooter..."
Le président le coupe : "Alors je n'ai pas cité celui auquel vous faites référence, je citais les anciens..."

Les rencontres entre Ziad Takieddine et brice hortefeux

Brice Hortefeux raconte qu'il a rencontré Ziad Takieddine pour la première fois à un dîner chez Thierry Gaubert. "Puis Je l'ai revu 12 ou 13 ans plus tard", déclare-t-il. 

"Thierry Gaubert m'a indiqué que Ziad Takkiedine que j'avais déjà rencontré une fois à son domicile voulait me parler de ses relations avec l'Arabie Saoudite. J'ai dit d'accord pour le recevoir. C'est la seule fois où j'ai reçu Ziad Takieddine en tête-à-tête ça ne s'est jamais reproduit. Il m'a parlé de ses relations avec le Premier ministre libanais et de ses relations fortes avec l'Arabie Saoudite. Qu'il y a avait des discussions sur un contrat et que lui pouvait aider. Et donc j'en ai parlé à Claude Guéant qui m'a confirmé qu'il s'agissait d'un contrat complétement enlisé et que les différents ministres n'étaient pas parvenu à le faire signer et Claude Guéant m'a confirmé que ce pouvait être intéressant", raconte-t-il.

Le président demande si cela remonte au premier passage de Nicolas Sarkozy à l'intérieur entre 2002 et 2004 demande le président. "Absolument", rétorque Brice Hortefeux qui complète que le contrat de chez Thales pouvait sauver 10.000 emplois 

"J'ai alors mesuré l'influence et le rôle que pouvait avoir Ziad Takieddine auprès de l'Arabie Saoudite à l'époque."

Brice hortefeux appelé à la barre

À la barre, Brice Hortefeux raconte sa première rencontre avec Nicolas Sarkozy en 1976, avant de le rejoindre à la mairie de Neuilly après son élection. Il revient aussi sur ses relations avec les différents prévenus : Claude Guéant et Thierry Gaubert.

Djouhri s'explique sur la rocambolesque fuite de l'argentier de Kadhafi

Hier, l'intermédiaire Alexandre Djouhri a réfuté que la France de Nicolas Sarkozy ait cherché à éloigner le grand argentier de la Libye pour l'empêcher de livrer ses secrets à la justice française. "Il a pas été exfiltré, M. Saleh", a déclaré sur le ton de l'évidence Alexandre Djouhri, en costume cravate, une écharpe sombre nouée autour du cou.

Brice Hortefeux bientôt entendu

L'après-midi d'audience sera marquée par l'audition de Brice Hortefeux. La justice reproche notamment à l'ex-ministre de l'Intérieur, 67 ans, d'avoir agi comme intermédiaire du financement à travers le réseau de l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, aujourd'hui mort. 

Il a aussi rencontré Abdallah Senoussi, un peu plus de deux mois après Claude Guéant. On lui reproche d'avoir organisé des transferts de fonds publics via des comptes offshore.

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy se poursuit

Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré à la sixième journée d'audience du procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

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