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5 min de lecture
Le logo de la police nationale (illustration)
Crédit : AFP
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De la fête au chaos en une poignée de secondes. À la veille de la finale de Coupe de France opposant l'OGC Nice au RC Lens au Stade de France, jeudi 21 mai, une violente rixe a éclaté pendant plusieurs minutes sur les quais du Canal Saint-Martin à Paris (10e arrondissement).
Les violences, dont les vidéos ont été largement reprises sur les réseaux sociaux, ont fait plusieurs blessés et ont conduit à de nombreuses gardes à vue.
Les faits débutent aux alentours de 23h30 dans ce quartier festif, souvent rempli de Parisiennes et de Parisiens regroupés sur les bords du Canal Saint-Martin afin de profiter du beau temps.
Selon les informations diffusées par la préfecture de police de Paris, une centaine de "supporters" de l’OGC Nice se sont "réunis dans le 10ème arrondissement de Paris, d’abord dans un bar puis sur la voie publique".
Ils ont ensuite "déambulé, cherchant manifestement à en découdre avec les badauds, jusqu’au Quai de Valmy où une importante rixe a éclaté pour un motif ignoré à ce stade".
Plusieurs vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent un attroupement de personnes pour la plupart vêtues de noir, groupées devant le bar l'Atmosphère situé à l'angle de la rue des Recollets. Sur ces documents, on peut y voir plusieurs personnes se battre à coups de poings, ainsi que du mobilier être utilisé par les supporters pour être projeté contre la devanture du bar.
Sur l'une des vidéos prises par les riverains, un véhicule de police esseulé reste un temps à distance des échauffourées. Ensuite, "un important déploiement de policiers a permis de faire cesser très rapidement les troubles et de procéder à l’interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", a indiqué la préfecture de police.
À la suite de ces violences, "des armes blanches et des armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués", toujours selon les autorités. Au total six personnes ont été blessées, dont une grièvement.
Des témoignages évoquent une bagarre avec un autre groupe de personnes, rixe au cours de laquelle les deux camps se sont jetés des verres, des chaises ou encore des poubelles. Sur les réseaux sociaux, des comptes spécialisés dans les mouvements hooligans ont rapidement évoqué la présence d'anciens ultras du PSG face aux Niçois. Il n'existe aucune confirmation officielle de l'implication d'ultras parisiens à ce stade.
Néanmoins, dans l'après-midi de ce vendredi, le journal L'Equipe évoque bien une implication d'ultras indépendants parisiens. Selon le récit du quotidien sportif, "après plusieurs échanges, les Niçois ont fini par retrouver à un point de rendez-vous des indépendants parisiens issus des anciens Karsud, indépendants du Virage Auteuil 91, et des membres de la Jeunesse Boulogne pour un fight entre hooligans, c'est-à-dire un affrontement bref à mains nues entre deux groupes".
Hélène Denéchère, porte-parole de la préfecture de police de Paris et invitée du journal de RTL à 12h30 ce vendredi 22 mai, a rappelé qu'une enquête était en cours, "sous l'autorité du parquet de Paris", afin de déterminer précisément les circonstances des affrontements. Elle a de plus précisé que "ces individus semblent effectivement être venus pour en découdre, et pour rentrer en opposition avec d'autres supporters sportifs probablement".
Au lendemain des affrontements, six nouvelles arrestations ont été effectuées à la gare de Lyon, point d'arrivée des supporters niçois, a dévoilé Hélène Denéchère. "Ce matin déjà, de nouvelles interpellations ont eu lieu puisque des individus ont été trouvés porteurs d'éléments qui laissaient penser qu'ils allaient participer à des rixes puisqu'ils venaient à nouveau équipés de cagoules ou de gants coqués, mais également de mortiers d'artifices", a révélé la fonctionnaire de police sur RTL.
Malgré le bilan de la veille, la porte-parole a nié toute sous-estimation des risques et s'est félicitée de l'"efficacité" ainsi que de la "réactivité" du dispositif policier mis en place "pour permettre les 65 interpellations".
Au lendemain matin des violences, les employés du bar étaient particulièrement secoués par ce qu'ils avaient vécu la veille. "On a vu une espèce de nuée de gens arriver. Ça a commencé à crier, les gens ont commencé à avoir peur. Et là, c'est parti en vrille. Ils ont pris tout ce qu'ils ont trouvé, les chaises, machin, et ils ont tout jeté contre les vitres, à l'intérieur aussi. Donc, on s'est cachés sous les tables comme on a pu, et puis on a attendu un peu que ça passe", relate Enzo, employé du bar l'Atmosphère, auprès de RTL.
"On a essayé de mettre des chaises, des tables pour empêcher les gens de rentrer. Mais à un moment, on ne savait pas qui était client… C'était le bazar. Avec ma collègue, on ne se rendait pas bien compte de ce qui s'est passé. On était un peu abasourdis", explique le serveur.
Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a condamné sur son compte X les "agissements" des supporters. "Je souhaite réaffirmer que Paris, fidèle à son histoire et ses valeurs, ne laissera aucune place aux groupuscules d'extrême droite pour déployer leur haine", a posté l'élu socialiste, avant de remercier les forces de l'ordre pour "leur réactivité et leur grand professionnalisme".
Marine Tondelier, de son côté, a fustigé les "actes ultra-violents" survenus dans la nuit à Paris. "Quant aux auteurs, que ces messieurs trouvent un autre passe-temps et un autre moyen de canaliser leur violence qu'en agressant des gens qui profitent d'une soirée de printemps", a écrit la cheffe de file des Verts, et supportrice du RC Lens, dans un post sur les réseaux sociaux.
Sur X toujours, le député LFI de Seine Saint-Denis Thomas Portes a de son côté évoqué "des supporters néonazis de Nice [qui] ont semé hier soir la terreur dans les rues de Paris, attaquant un bar et des passants au hasard dans le quartier du Canal Saint-Martin".
De son côté, le club de Nice "considère que ces comportements sont absolument inacceptables et en totale contradiction avec les valeurs et principes qu'il défend au quotidien", assurant que "rien ne peut justifier de tels agissements".
"L'OGC Nice appelle chacun à faire preuve de responsabilité et de sang-froid afin que de tels faits ne se reproduisent plus. Une finale doit rester un moment de passion, de fête et de partage populaire, dans un climat de sécurité et de respect pour tous", ajoutent encore les Rouge et Noir dans un communiqué.
Classée à risque en raison de l'animosité entre les ultras de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.200 policiers prévus.
"C'est un dispositif prévu, établi et très adaptable qui est déjà en cours de déploiement. (...) C'est un déploiement important et conçu pour répondre à tous les besoins", a voulu rassurer la porte-parole de la préfecture de police de Paris.
De son côté, la préfecture de Seine-Saint-Denis a décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.
Les ultras niçois se sont déjà illustrés le weekend dernier lors de l'ultime rencontre du championnat de France, au cours de laquelle certains se sont rués sur le terrain à la fin du match pour protester violemment contre les performances sportives du club et sa gestion par Ineos. En conséquence, l'OGC Nice jouera son match de barrage à huis-clos à domicile.
En attendant cette échéance cruciale pour les Aiglons, Lens et Nice s'affronteront pour le prestigieux titre de la Coupe de France avec à la clé, une qualification en Ligue Europa. Environ 40.000 supporters lensois sont attendus dans l'enceinte dyonisienne ce vendredi soir.
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