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"C'est un film d'horreur" : ce que l’on sait de l’enfant de 9 ans séquestré pendant plus d’un an dans une camionnette par son père

Un enfant de 9 ans, enfermé pendant plus d’un an dans une camionnette à Hagenbach (Haut-Rhin), a été découvert par les gendarmes lundi 6 mars au soir. Nu et dénutri, il a été hospitalisé à Mulhouse et est aujourd’hui hors de danger. Son père, âgé de 43 ans, a été mis en examen, tout comme la belle-mère.

Hagenbach, en Alsace, où un garçon de 9 ans a été découvert dénutri dans une camionnette en avril 2026

Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP

Haut-Rhin : ce que l'on sait de l'enfant de 9 ans séquestré plus d'un an dans une camionnette par son père

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Yannick Olland

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C’est une intervention des gendarmes, lundi 6 mars au soir, qui a permis de mettre au jour une situation terrible dans le petit village de Hagenbach, dans le Haut-Rhin. Les gendarmes ont découvert l'enfant dans cette petite commune de 800 habitants à quelque 20 km au sud-ouest de Mulhouse, après avoir été alertés par une habitante qui avait entendu des "bruits d'enfant" provenant d'une camionnette garée dans une cour.


À l’intérieur du véhicule, ils ont découvert un garçon de 9 ans, "couché en position fœtale, nu, recouvert d'une couverture sur un monticule de déchets et à proximité d'excréments". L’enfant était séquestré dans cet espace exigu depuis plus d’un an.  "En raison de la position assise prolongée", l'enfant, "pâle et manifestement dénutri", ne parvenait plus à marcher et a été immédiatement pris en charge à l'hôpital de Mulhouse, a précisé le procureur Nicolas Heitz dans un communiqué.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’enfant a été enfermé par son père, un homme de 43 ans, à la demande de sa belle-mère. Cette dernière ne voulait plus de lui dans l’appartement familial et souhaitait qu’il soit placé en hôpital psychiatrique.

Le père et la belle-mère mis en examen

Le père a alors choisi de l’isoler dans le véhicule, lui apportant de la nourriture deux fois par jour. Livré à lui-même,l'enfant, dont la dernière douche remonterait à fin 2024, avait un baluchon de vêtements et devait uriner dans des bouteilles en plastique et faire ses besoins dans des sacs poubelles.

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Le père de 43 ans, qui vivait avec sa compagne âgée de 37 ans et deux autres enfants - leurs filles respectives âgées de 12 et 10 ans - a reconnu avoir séquestré et privé de soins le petit garçon. Il a été incarcéré. Il a expliqué l'avoir "mis dans cette camionnette à partir de novembre 2024 pour le protéger car sa compagne voulait le faire interner en psychiatrie", a rapporté le procureur, qui a précisé qu'"aucun élément médical" n'a étayé d'éventuels problèmes psychiatriques de l'enfant.


Le quadragénaire a été mis en examen des chefs d'arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de mineurs de moins de 15 ans et privation de soins ou d'aliments compromettant la santé d'un mineur de 15 ans par ascendant. Sa compagne, qui n'est pas la mère de l'enfant, a quant à elle contesté l'intégralité des faits. Elle a été mise en examen pour non-assistance à mineur de moins de 15 ans en danger et non-dénonciation de mauvais traitements, privations, agressions ou atteintes sexuelles, et placée sous contrôle judiciaire.

L'enfant a "disparu du jour au lendemain"

Le garçon avait été scolarisé en CP jusqu'en 2023/2024 à Mulhouse et l'école avait "classé son dossier" quand la famille lui avait indiqué qu'il serait scolarisé autrement. Il a "disparu du jour au lendemain", selon des voisins et témoins interrogés par les enquêteurs.

Mais plusieurs voisins avaient entendu des bruits provenant du véhicule ou de l'appartement de la famille lorsqu'ils étaient absents. Le père a affirmé qu'il avait laissé sortir son fils avec lui jusqu'en mai 2025 et l'avait laissé accéder à l'appartement à l'été 2025, quand le reste de la famille était en vacances. Il lui avait confié un téléphone portable et lui disait quand il pouvait sortir du véhicule ou qu'il devait quitter le logement.

Il avait aussi installé une caméra de vidéosurveillance orientée en direction de l'utilitaire, ce qui a permis aux enquêteurs de voir qu'il se rendait "deux fois par jour au véhicule où il semblait lancer quelque chose à l'intérieur".

Un village sous le choc

Dans cette commune, c'est la sidération. Les habitants peinent à comprendre comment une telle situation a pu passer inaperçue pendant plus d’un an.

"Laisser un enfant nu apparemment dans une camionnette, ce n'est pas possible. Je pense que tous les voisins sont choqués… Ce n’est pas possible. C'est impensable dans un petit village de passer à côté d'une chose pareille. C’est un film d’horreur. On ne peut pas concevoir qu’on fasse du mal à un enfant", a confié au micro de RTL, en pleurs, une voisine.


Le parquet a ordonné le placement provisoire des trois enfants. Le petit garçon est toujours hospitalisé et se trouve "en sécurité", selon le procureur.
L'enquête se poursuivra pour "comprendre le déroulé précis des faits", "le niveau de responsabilité de chacun dans ce drame" et éventuellement savoir "si d'autres personnes ont pu avoir connaissance de la situation de l'enfant sans lui porter secours".

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