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C'est illégal ? "Tant pis" : un boulanger de Lisieux cambriolé s'expose à un an de prison après avoir publié les images de vidéosurveillance de la voleuse

Le commerce de Nicolas situé dans cette commune de Normandie a été cambriolé par une femme, vendredi 4 septembre, ce qui l'a poussé à partager en ligne les images de vidéosurveillance montrant le vol.

Du pain dans une boulangerie (illustration).

Crédit : Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

C'est illégal mais "tant pis" : un boulanger publie les images de vidéosurveillance d'une voleuse après avoir subi un cambriolage

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Vincent Serrano

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Il a eu peur que sa plainte ne donne rien. Comme de plus en plus de commerçants, Nicolas, un boulanger de Lisieux dans le Calvados, a tenté de mettre lui-même la main sur une voleuse dans son établissement, après un cambriolage en pleine journée, vendredi 4 septembre. L'autrice de ce méfait est repartie avec plusieurs centaines d'euros de boissons, de confiseries et elle a également emporté le téléphone, le permis de conduire et la carte bancaire d'une vendeuse.

Même si c'est illégal, le boulanger a choisi de diffuser sur les réseaux sociaux les images captées par sa vidéosurveillance : trois photos en couleurs publiées sur la page Facebook de son magasin, moins d'une heure après le vol et avant même de se rendre au commissariat pour porter plainte.


"Elle est rentrée par l’extérieur du laboratoire", vers 16h15, expliquait-il à Ouest-France la semaine passée. "On a une cour commune qui donne derrière, elle est passée par ici, sans que la vendeuse ne s'en aperçoive. Elle est restée vingt minutes dans le laboratoire."

"Le commerçant est venu déposer plainte en nous fournissant des captures d'écran, de vidéosurveillance de son établissement, ce qui nous permet, tout de suite, de lancer les investigations. On s'aperçoit qu'il commence à y avoir une facilité de diffusion de ce genre d'images sur les réseaux sociaux", relate Raphaël Mangin, le patron du commissariat de Lisieux.

Présomption d'innocence et respect de la vie privée

"On verse sur un phénomène anglo-saxon, ça se fait beaucoup là-bas. D’un point de vue juridique, c’est contestable, il faut éviter ce genre de choses", soulignait-t-il encore auprès de la presse locale récemment. "Du point de vue de la procédure, c’est toujours mieux de travailler dans la confidentialité : quelqu’un qui se sait identifié peut prendre la poudre d’escampette. Ça peut aussi se retourner contre la personne qui diffuse ces images. Enfin, ça peut encourager une forme de vindicte populaire, ce qu’il faut éviter".

À écouter aussi

Le problème ? En France, c'est illégal. Diffuser soi-même la photo d'un suspect va à l'encontre de la présomption d'innocence et peut porter atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui, prévue à l'article 226-1 du Code pénal. Nicolas s'expose donc à une possible peine d'un an de prison et 45.000 euros d'amende. "Je ne savais pas, des clients me l'ont dit", raconte-t-il. On a supprimé, puis on a réfléchi et on s'est dit : 'Tant pis, on remet'. Je veux que justice soit faite. Le prix de ma matière première, à la rigueur, je m'en fous, mais c'est plus pour ma vendeuse, qui s'est fait tout prendre..."

Sa publication - depuis de nouveau supprimée - a été partagée plus de 500 fois. De son côté, la police poursuit son enquête. Aucune personne n'a pour l'heure été interpellée.

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