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Un panneau indiquant la base aérienne 105 d'Évreux-Fauville où un avion Lingus, en provenance de Dublin et à destination de Rome, a été dérouté et escorté par des avions militaires suite à une alerte à la bombe le 5 novembre 2026.
Crédit : Guillaume Saligot / AFP
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Pour la troisième fois cette semaine, de fausses alertes à la bombe ont perturbé le trafic aérien européen, poussant jeudi 5 novembre plusieurs vols à se dérouter, notamment au départ de l'Italie et à destination de la Bulgarie ou de la République tchèque.
Un Airbus A320 Dublin-Rome a notamment été contraint de se poser à Évreux, en Normandie, pour procéder à une levée de doute. Selon les informations de RTL, aucun engin suspect n'a été découvert à bord de l'appareil.
La manœuvre n'a en effet pas été aisée car le pilote irlandais "aurait refusé" d'atterrir sur la base militaire d'Evreux, "préférant un aéroport civil", ce qui a conduit la justice française à ouvrir une enquête. L'Airbus A320, et ses 151 passagers, a finalement "atterri en toute sécurité", selon la compagnie.
Le vol EI402 de la compagnie irlandaise Aer Lingus a décollé à 6h40 depuis Dublin pour rejoindre Rome en Italie. Mais alors qu'il se trouvait au-dessus de la France, l'appareil a fait demi-tour au sud de Paris, avant de tourner dans les airs non loin de Chartres, pour retourner vers le Nord. Il s'est finalement posé à Évreux, dans l'Eure. Un changement de parcours motivé par une alerte à la bombe.
Selon l'armée de l'Air française, l'appareil - un avion de ligne A320 - a été escorté par deux de ses avions de combat en Normandie. Il s'est posé sur la base 105 de l'armée de l'air et de l'espace à Évreux.
"Notre permanence opérationnelle a décollé pour intercepter cet avion de ligne suite à une suspicion d'alerte à la bombe", a-t-elle précisé auprès de l'AFP. "L'avion est dérouté et escorté sur le terrain d'Évreux", a-t-elle ajouté. Selon le site Flightradar qui traque les avions en vol en temps réel, l'appareil a atterri à 10h05.
L'appareil s'est posé sans encombre dans la ville normande et les 151 voyageurs et 6 membres de l'équipage ont été mis à l'abri. "L'ensemble des passagers a été pris en charge dès l'atterrissage, dans le respect du protocole de sûreté et de déminage", précise Matignon.
Selon le procureur de la République d'Evreux, Rémi Coutin, qui s'est rendu sur place, les passagers ont été "contrôlés par les gendarmes" puis ont été envoyés dans un gymnase de la base aérienne par bus. Dans un communiqué, Aer Lingus a assuré que le vol EI402 avait "atterri en toute sécurité" et que la compagnie travaillait à acheminer ses clients vers leur destination finale "le plus rapidement possible".
D'après les informations de RTL, aucun engin suspect n'a été trouvé à bord de l'appareil lors de la levée de doute.
La procédure de déroutement ne s'est néanmoins pas déroulée comme prévue. D'après le parquet, le pilote de l'avion "aurait refusé" dans un premier temps d'atterrir sur la base militaire d'Évreux, "préférant un aéroport civil".
Un refus d'obtempérer confirmé par Matignon. "Le pilote n'ayant pas coopéré comme attendu avec les autorités, le Premier ministre a immédiatement ordonné que des avions de chasse interceptent l'appareil et l'escortent".
"Je suis sur place pour éclaircir le comportement du pilote irlandais de l'avion Aer Lingus qui aurait refusé d'obtempérer à l'ordre donné d'atterrir sur un aéroport militaire, préférant un aéroport civil", a également déclaré le procureur Rémi Coutin. "Il s'agit d'une infraction spécifique du code des transports", a-t-il poursuivi. Le pilote irlandais "sera entendu en audition libre et je déciderai plus tard d'une éventuelle garde à vue", a ajouté le magistrat.
Le refus du pilote d'obtempérer a contraint la justice à ouvrir une enquête. Elle a été confiée "à la section de recherche des transports aériens de Roissy, de l'armée de l'air et de l'espace de Villacoublay et au groupement de gendarmerie de l'Eure", selon le procureur.
Après de fausses alertes similaires en début de semaine, au moins une douzaine de vols - pour la plupart de compagnies low-cost - avaient été visés par des alertes à la bombe jeudi à la mi-journée, selon plusieurs autorités et compagnies aériennes. Tous les appareils ont atterri sans incident, ont-elles précisé. Deux vols de la compagnie Finnair, reliant Helsinki à Rome et Vienne, ont notamment été visés par une fausse alerte à la bombe.
Ces alertes à la bombe s'inscrivent dans un contexte de recrudescence d'attaques hybrides en Europe, parfois liées par les autorités ou les chercheurs à la Russie ou à l'Iran. "Toute menace contre des civils est inacceptable", a affirmé le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, ajoutant qu'il était "trop tôt pour tirer des conclusions sur le fait que ces incidents étaient liés".
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