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L'animatrice Flavie Flament en 2022
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
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Invitée de C dans l’air ce jeudi 4 juin, l’animatrice Flavie Flament est revenue sur les accusations de viol qu’elle porte contre Patrick Bruel, qui continue de contester les faits. Celle-ci affirme avoir subi les faits en 1991, alors qu’elle était âgée de 16 ans.
Au cours de l’émission, Flavie Flament a expliqué les raisons qui l’ont empêchée de dénoncer publiquement les faits pendant des années. "Je n’avais pas à l’époque le pouvoir de dire 'non'", a-t-elle déclaré, avant d’évoquer ses débuts à la télévision.
"Imaginez à 23 ans, quand ma carrière commence à TF1 à la tête des émissions de variétés. Imaginez-moi dire : 'Je ne vais pas recevoir Patrick Bruel, qui est une star à l’époque, parce que j’ai vécu ça lorsque j’avais 16 ans'. Qu’est-ce qu’on m’aurait dit ? Qu’est-ce qu’on aurait fait ?"
L’animatrice a décrit la crainte des conséquences professionnelles qu’aurait pu entraîner une prise de parole à cette époque. "Je n’aurais pas eu de carrière, j’aurais renoncé à ma vie professionnelle, j’aurais été traitée de folle", a-t-elle affirmé. Elle a également estimé que certaines femmes ayant dénoncé des personnalités puissantes avaient parfois été discréditées ou marginalisées.
"J’aurais été planquée comme des lanceuses d’alerte qui un jour ont fini en hôpital psychiatrique en sortant d’un plateau de TV après avoir dénoncé l’abbé Pierre [qui a commis des violences sexuelles sur des femmes et des mineures entre 1950 et 2005]".
Pour Flavie Flament, cette peur participe à un mécanisme plus large de silence autour des violences sexuelles. "C’est ça la réalité, c’est ça qui nous muselle aussi dans ce 'tout le monde savait'", a-t-elle expliqué.
L’ancienne animatrice de TF1 raconte avoir été régulièrement confrontée à Patrick Bruel dans le cadre de son activité professionnelle, alors même qu’elle tentait de l’éviter.
"J’ai vécu pendant dix ans dans ce système-là. C’est-à-dire que j’ai retrouvé un jour sur mon plateau, au moment où je démarrais une carrière et où je présentais des émissions de variétés, celui que j’accuse aujourd’hui", a-t-elle raconté.
"Le hasard des décisions qu’on a prises pour moi dans ma vie professionnelle m’a amenée sur des plateaux de variétés où j’étais contrainte de le recevoir", a-t-elle déclaré.
"Ce système du 'tout le monde savait', je l’ai vu, je l’ai ressenti, je l’ai pressenti, tout en étant moi dans une situation d’extrême vulnérabilité".
Flavie Flament a également évoqué les difficultés rencontrées par les victimes de violences sexuelles lorsqu’elles tentent de faire entendre leur parole. Elle a notamment repris une réflexion développée dans son livre La Consolation.
"Les photos sont les traîtres des enfants qui ont été victimes de violences sexuelles", a-t-elle expliqué. "On leur montre des photos en leur disant : 'Bah regarde là tétais vachement bien, tu étais sur les genoux de ton oncle sur la photo de famille', mais c’est ce même oncle qui violait la petite fille."
Pour l’animatrice, les images de ses anciennes émissions de variétés ont parfois été perçues comme une preuve de normalité, alors qu’elles masquaient une souffrance. "C’est exactement ce qui se passe avec ces émissions. J’ai vécu dix ans dans ce système, je faisais en sorte de l’éviter", a-t-elle conclu.
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