3 min de lecture Affaire du Carlton

Affaire du Carlton : relaxe pour Dominique Strauss-Kahn

DSK est resté impassible à l'annonce de sa relaxe, ce vendredi, à Lille. Comme "Dodo la saumure", l'ancien patron du FMI a été innocenté dans cette affaire de proxénétisme.

Dominique Strauss-Kahn au tribunal de Lille le 17 février 2015 (archive).
Dominique Strauss-Kahn au tribunal de Lille le 17 février 2015 (archive). Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
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C'est l'épilogue de l'affaire du Carlton de Lille. La justice a relaxé Dominique Strauss-Kahn d'accusations de proxénétisme ce vendredi 12 juin. Une décision qui clôt une série de scandales sexuels ayant anéanti la carrière politique de l'ex-patron du Fonds monétaire international.

L'ancien homme politique vedette du PS, un temps favori pour la présidentielle de 2012, est resté impassible à la lecture du jugement, devant le tribunal correctionnel de Lille (Nord). Dans cette affaire révélée en 2011, il lui était reproché d'avoir participé à des parties fines avec des prostituées organisées par des amis à Lille, en Belgique et à Washington, où siège le FMI.

14 accusés

DSK, 66 ans aujourd'hui, n'a jamais nié avoir participé à ces séances de sexe collectif. Mais il a soutenu ne pas avoir su que certaines de ses partenaires étaient des professionnelles.

À l'issue des audiences, qui ont duré trois semaines en février, le procureur avait requis la relaxe "pure et simple" faute de preuves.

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Quatorze personnes au total étaient accusées dans cette affaire dite "du Carlton", du nom d'un hôtel de luxe où travaillaient certains des prévenus. 

Dodo la Saumure relaxé aussi

Le tribunal a relaxé sept des protagonistes, dont le propriétaire de maisons closes en Belgique Dodo La Saumure, et condamné à un an de prison avec sursis un ancien responsable de l'hôtel du Carlton de Lille. Il a jugé que DSK n'était pas l'instigateur de parties fines avec des prostituées. En droit français, inciter ou favoriser le recours à des prostituées est considéré comme du proxénétisme et passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison. Être simple client est en revanche autorisé.

Le tribunal a également prononcé la relaxe pour sa compagne, Béatrice Legrain, et pour les anciens responsables de l'hôtel Hervé Franchois et Francis Henrion, ou encore l'avocat Emmanuel Riglaire. Ces deux derniers étaient soupçonnés d'avoir mis en relation clients et prostituées dans cette affaire où comparaît également Dominique Strauss-Kahn et le parquet avait requis à leur encontre huit mois de prison avec sursis.

Un an de sursis pour René Kojfer

L'ancien chargé des relations publiques de l'hôtel Carlton, René Kojfer a en revanche été condamné à un an de prison avec sursis, contre les 15 mois réclamés par le procureur, qui l'avait qualifié de "sergent-recruteur". Le tribunal a considéré que ce pivot de l'affaire avait aidé à la prostitution cinq femmes, sans circonstances aggravée de la réunion et d'avoir servi d'intermédiaire avec des clients. Il est le seul a avoir été reconnu coupable de proxénétisme.

Les deux amis entrepreneurs, principaux organisateurs des soirées, également relaxés par le tribunal dans ce volet de l'affaire, ont en revanche été condamnés à de la prison avec sursis dans le volet financier de l'affaire, tout comme une troisième prévenue, accusée d'avoir libellé les factures. Relaxe également pour le commissaire Jean-Christophe Lagarde, qui a participé à des voyages à Washington, à l'époque où DSK y était encore en poste.

Quatre ans de scandales sexuels

Cette relaxe intervient après quatre ans de déboires, liés à une sexualité que DSK  a lui-même reconnue "plus rude que la moyenne". 

Le premier scandale remonte à la fin 2008, quand une ancienne membre du FMI, Piroska Nagy, l'accuse d'assiduités appuyées. DSK présente publiquement ses excuses et garde son poste.

Au même moment, en France, la jeune journaliste Tristane Banon l'accuse d'une tentative de viol qui serait intervenue en 2003. L'été 2011, elle dépose une plainte, classée sans suite quelques mois plus tard.

L'affaire du Sofitel de New York

Entre-temps, la carrière de DSK a été brisée nette, un jour de mai 2011. Arrestation, menottes, prison... Une femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New York, Nafissatou Diallo, l'accuse de viol. L'affaire s'achève par un accord financier confidentiel. Mais Dominique Strauss-Kahn a tout perdu. 

En 2011 toujours, son nom apparaît en octobre dans l'affaire du "Carlton" de Lille. En mars 2012, il est inculpé dans ce dossier, qui le conduit au tribunal deux ans plus tard.

Fin de carrière politique

À l'ouverture des débats, et en présence de nombreux médias français et étrangers, le président de la cour avait demandé aux participants de bien distinguer le droit de la morale.

Même si le climat est resté "serein", les échanges sur les pratiques sexuelles de l'ancien ministre ne l'ont pas épargné. Des prostituées ont ainsi évoqué des séances d'"abattage", ou une "boucherie". Lui a assumé son goût pour une sexualité de groupe, parfois "rude", mais s'est comparé à un libertin aimant "la fête".

Dans les sondages, DSK est toujours considéré comme un homme compétent. Depuis 2012, il s'est lancé dans le conseil international. Mais ses tentatives dans le secteur des banques d'affaires ont échoué. 

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