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Des policiers montant la garde près de l'école du village de Lucenay, au cœur du Beaujolais, à une trentaine de kilomètres au nord de Lyon, le 30 avril 2026.
Crédit : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
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L'affaire glaçante secoue le Beaujolais depuis plusieurs mois. À Lucenay, un père de famille est mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur de très jeunes enfants. Devant l'école, l'émotion est immense. "C'est quelque chose qui est effroyable", confie un parent, encore sous le choc.
"C'est quelqu'un qui était suffisamment pervers pour se livrer à des actes pendant que les parents à l'étage supérieur prenaient gentiment l'apéritif. C'est quelqu'un qui était très manipulateur, qui invitait les enfants avec une confiance aveugle des parents. La question aujourd'hui, c'est de savoir quels vont être les dégâts sur les enfants dans les années à venir. C'est trop tôt pour le dire", poursuit cet habitant au micro de RTL.
Dans ce village de 2.000 habitants, au cœur du Beaujolais, à une trentaine de kilomètres au nord de Lyon, personne n'imaginait une telle ampleur. L'enquête révèle aujourd'hui un dossier hors norme : 34 enfants, âgés de 2 à 9 ans, sont désormais identifiés comme victimes de faits commis entre 2020 et 2024.
L'affaire débute fin 2024. Trois familles déposent plainte auprès de la gendarmerie d'Anse (69) après des révélations de leurs enfants évoquant "des faits d'agressions sexuelles" commis "par un parent d'élève résidant à Lucenay, à l'occasion de soirées pyjama à son domicile".
Après des investigations, le suspect Romain G., 40 ans, est interpellé en décembre 2024 et placé en garde à vue.
Laetitia Francart, procureure de la République près le tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône, précise que le père de famille a ensuite fait l'objet d'une "hospitalisation sous contrainte" avant l'ouverture d'une information judiciaire le 27 janvier 2025 pour "viols sur mineurs de 15 ans, agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans et corruption de mineurs, faits commis sur les trois enfants entendus et sur des victimes non encore identifiées".
Présenté au juge d'instruction le 31 janvier 2025 après son hospitalisation, il est finalement "mis en examen des chefs susvisés et du chef d'enregistrement et détention d'images présentant un caractère pornographique de mineurs de 15 ans".
Entre 2020 et 2024, Romain G., aurait ciblé des enfants de l'école de ses propres enfants, invités lors de soirées pyjama, goûters ou anniversaires organisés à son domicile.
Lors des investigations, les enquêteurs découvrent 127 vidéos et 197 photos, captées via téléphone ou caméras dissimulées. Un travail minutieux permet d'identifier les enfants et la nature des faits.
Le parquet souligne que "les investigations se concentraient rapidement sur l'exploitation du matériel informatique saisi" afin d'identifier les mineurs "apparaissant sur les images extraites".
À l'issue des différentes auditions et du travail des enquêteurs, un réquisitoire supplétif est délivré en février 2026, des chefs de "viols sur mineurs de 15 ans, agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans, enregistrement et détention d'images présentant un caractère pornographique de mineurs de 15 ans, qualifications précisées enfant par enfant".
La procédure recense désormais 34 enfants. "34 enfants, âgés de 2 à 9 ans au moment des faits, sont dénombrés comme victimes", précise le parquet, ajoutant que "tous n'ayant pas été victimes des mêmes faits".
Une cellule de soutien a été mise en place et "l'ensemble des familles a ainsi été contacté", tandis qu'"une réunion d'informations (…) sera organisée dans les prochaines semaines", ajoute la procureure
Déjà mis en examen en janvier 2025 pour les mêmes chefs, Romain G. est de nouveau mis en examen en avril 2026, après la découverte de ces nouvelles victimes. Il a été placé en détention provisoire il y a désormais plus d'un an.
Sans antécédents judiciaires, Romain G. a reconnu, selon le parquet, "les faits dans leur grande majorité".
Laissé libre après son hospitalisation "sous contrainte" fin 2024, le suspect écrira une lettre formulant son intention de se suicider, adressée à ses enfants, ses proches, et aux familles et aux enfants victimes.
"Je pense être né comme ça, je n'ai pas choisi d'aimer les garçons... les trop jeunes garçons (...) Je me suis haï pour ça, mais je n'ai pas eu la force d'en parler", relate-il notamment, comme cité par Le Monde.
Le suspect tente ensuite de se pendre à un chêne dans la forêt de Charnay, dans le Rhône, mais sera récupéré vivant par les gendarmes.
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