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Trois Français arrêtés à Dubaï pour avoir filmé des images de la guerre : ce que l'on sait

Trois Français ont été arrêtés à Dubaï. Leur tort ? Avoir filmé et diffusé des images d'attaques iraniennes mercredi 18 mars 2026. Le gouvernement affirme que les autorités françaises sur place sont en contact avec eux pour les aider à gérer la situation.

Un panache de fumée près de l'aéroport de Dubaï ce 16 mars 2026 (image d'illustration).

Crédit : AFP

La rédaction numérique de RTL

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Des images que l'on aurait jamais dû voir. Mercredi 18 mars 2026, 13 missiles et 27 drones ont été lancés dans la ville favorite des influenceurs : Dubaï. Des vidéos de cette attaque iranienne ont été postées sur les réseaux sociaux. Pourtant, comme le veut la police dubaïote depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la diffusion de vidéos qui pourraient affoler la population est interdite

Trois vidéos ont échappé à la surveillance de ce pays des Émirats Arabes Unis. Celles-ci sont signées de trois Français qui ont malheureusement fait les frais de leur talent de vidéaste. Comme l'affirme plusieurs médias, dont franceinfo, ces ressortissants ont été arrêtés pour avoir filmé et diffusé l'attaque iranienne, comme 60 personnes actuellement en garde à vue à Dubaï.


Accusés d'avoir menacé la sécurité nationale des Émirats Arabes Unis, ils risquent 50.000 euros d'amende pour avoir "filmé la guerre". 

La France "en discussion" pour régler la situation

Du côté de l'État, aucun communiqué officiel à ce sujet n'a été publié à l'heure où ces lignes sont écrites. Mais nos responsables politiques, en répondant aux questions de journalistes, ont confirmé, de fait, l’arrestation de nos trois ressortissants français. C'est le cas d'Emmanuel Macron lui même. Alors qu'il s'apprêtait à participer à un Conseil européen à Bruxelles, il a indiqué que la France était "en discussion pour que leur situation soit réglée" jeudi 19 mars 2026.

À écouter aussi

"Nous avons lancé les démarches avec notre ambassade pour que la situation soit clarifiée et que nos compatriotes puissent être libérés dans les plus brefs délais", a affirmé le président de la République.

"Ils bénéficient de la protection consulaire. Le Quai d’Orsay est en lien avec eux, avec leurs avocats et donc nous suivons la situation avec la plus grande attention", a déclaré Maud Bregeon sur BFMTV jeudi 19 mars, ajoutant ne pas avoir plus de détails sur cette affaire. 

Le précédent de Maëva Ghennam

Si l'on ne connaît pas l'identité de ces trois Français, d'autres, plus médiatisés, ont vécu une histoire similaire. C'est le cas de Maëva Ghennam, star de la téléréalité vivant à Dubaï. Au premier jour de guerre, l'influenceuse marseillaise s'est filmée, visiblement paniquée. Deux jours plus tard, elle était convoquée par la police dubaïote. "Je n'ai rien dit de mal, j'ai eu peur. J'ai eu très, très peur", a-t-elle raconté dans une vidéo.

À Dubaï, les influenceurs français ont été contraints de revoir leur communication alarmiste autour de la guerre au Moyen-Orient, à la demande de la police. Au début de la guerre, ils étaient nombreux, à l'instar de Maëva Ghennam, à faire part de leur angoisse en direct. Passées les premières heures de panique, le ton a changé. De nouvelles vidéos, dans lesquelles les influenceurs partagent leur grand sentiment de sécurité, ont inondé les réseaux sociaux.

Que risquent-ils ?

Un discours qui colle à celui des autorités locales. Celles-ci ont menacé de poursuites toute personne relayant des informations ou des vidéos sur les réseaux sociaux. L'objectif : conserver l'image instragrammable de l'eldorado orientale

Sur son compte X, la police de Dubaï rappelait le 3 mars dernier qu'"il est interdit de diffuser des rumeurs, de fausses informations ou tout contenu qui contredit les annonces officielles ou qui pourrait provoquer la panique au sein de la population ou menacer la sécurité, l'ordre ou la santé publics". 

Et de préciser : "Les contrevenants s'exposent à des sanctions pénales, notamment à des peines d'emprisonnement et à des amendes d'au moins 200.000 AED", soit près de 50.000 euros. Le ministère de l’Intérieur a ajouté qu’il était également interdit de filmer les lieux de bombardements, au nom de la sécurité nationale.
En diffusant des images de missiles dans le ciel de Dubaï, nos trois Français se retrouvent bien dans ce cas-ci.

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