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"Si le décret ne se fait pas, on continuera de camper" : comment l'expulsion d'une retraitée de 87 ans a fait descendre les Espagnols dans la rue

La crise du logement en Espagne provoque une mobilisation grandissante à Madrid, où des centaines de manifestants campent depuis plusieurs nuits sur la Puerta del Sol. Déclenché par l'expulsion d'une retraitée de 87 ans, le mouvement dénonce la flambée des loyers et fait pression sur le gouvernement de Pedro Sánchez pour obtenir des mesures d'urgence.

Des manifestants campent sous la pluie dans des tentes pour protester contre les expulsions et la crise du logement sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, le 28 septembre 2026.

Crédit : Oscar DEL POZO / AFP

Espagne : les manifestations se poursuivent après l'expulsion d'une retraitée de 87 ans

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Aurélie Chamerois - édité par Eléonore Aparicio

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Emmanuel Macron se rend mardi 29 septembre à la mi-journée à Madrid pour une visite d'Etat, la première d'un président français en Espagne depuis 17 ans. Mais dans la capitale espagnole, l'actualité est aussi marquée par des manifestations qui se poursuivent depuis ce week-end pour réclamer des mesures d'urgence contre la crise du logement.

Tout est parti de l'expulsion d'une retraitée de 87 ans de son logement qu'elle occupait depuis 17 ans. Marie Carmen, dont il a été appris lundi soir qu'elle allait finalement pouvoir retourner chez elle, est devenue le symbole d'une colère plus large. Car au-delà de ce cas, la mobilisation continue et s'installe dans le centre de Madrid. Des centaines de personnes campent depuis trois nuits sur la Puerta del Sol, l'une des plus grandes places de la capitale. 

Des jeunes en première ligne face à la crise du logement

Sur place, de jeunes Madrilènes racontent leur impossibilité à se loger. Ravi et Anna, 26 et 28 ans, sont assis devant leur tente. Tous deux vivent encore chez leurs parents, faute de pouvoir payer un appartement. Pour eux, l'expulsion de Marie Carmen a servi de déclencheur, "la goutte qui a fait déborder le vase" et parlent d'un mécontentement généralisé de la jeunesse.

La ministre de la Santé Mónica García Gómez a annoncé sur X la suspension des expulsions de logements jusqu'en 2030 et le renouvellement automatique des contrats de location, afin d'endiguer la crise du logement qui frappe le pays, en pleine contestation sociale. Ces deux mesures s'inscrivent dans deux textes de l'exécutif qui doivent encore franchir l'étape du vote au Parlement, où le gouvernement de Pedro Sánchez est minoritaire.

Ravi prévient : "Si le décret ne se fait pas, on continuera de camper". "Économiquement, le pays va bien, mais l'économie ne peut pas permettre que les droits soient bafoués et ne peut pas être au prix des droits les plus basiques de l'être humain", ajoute Anna.

Une alliance avec les retraités

La nuit, les jeunes restent sur place. Le jour, ils sont rejoints par des soutiens plus âgés. Damian, 72 ans, estime que les jeunes comme les retraités n'ont pas les moyens de faire face aux loyers actuels avec les salaires et les pensions qu'ils perçoivent. "Les jeunes et les personnes âgées, avec les retraites et les salaires qu'ils touchent, n'ont pas du tout assez pour faire face aux loyers dans les conditions déshumanisées qu'il y a en ce moment", dénonce-t-il. 
Le gouvernement, lui, cherche en urgence une majorité pour faire adopter les mesures réclamées. L'objectif est de tenter d'enrayer la hausse des loyers, qui ont augmenté de 40% en dix ans. C'est ce chiffre qui nourrit aujourd'hui la colère des manifestants et donne à cette mobilisation un écho bien au-delà du seul cas de Marie Carmen.

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