3 min de lecture

Retrait d'Allemagne de 5.000 militaires américains, 25% de taxes sur les voitures européennes... Les relations se tendent entre Berlin et Washington

L'annonce du retrait de 5.000 militaires américains du territoire allemand et d'une taxe de 25% sur les voitures européennes alimente les tensions entre Washington et Berlin. Ces décisions de Donald Trump représentent une réelle menace économique et même sécuritaire pour l'Allemagne.

Friedrich Merz et Donald Trump à la Maison Blanche, en mars 2026

Crédit : ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Retrait d'Allemagne de 5.000 militaires américains, 25% de taxes sur les voitures européennes... Un climat de tensions entre Berlin et Washington

00:03:19

Hélène Kohl - édité par Justine Audollent

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Un coup de froid sur les relations entre les États-Unis et l'Allemagne. Vendredi 1er mai, le ministre de la Défense américain a annoncé le retrait de 15% des troupes présentes sur le sol allemand d'ici un an, soit environ 5.000 militaires.

D'où vient cette décision ? L'étincelle est partie d'une petite phrase lâchée par le chancelier Friedrich Merz. Cette semaine, lors d'un échange avec des jeunes, il a critiqué ouvertement le manque de stratégie des États-Unis dans le conflit avec l'Iran. Il avait même estimé que c'était toute la nation américaine qui était humiliée par le régime des mollahs. Donald Trump avait immédiatement répliqué sur son réseau social, en agitant déjà la menace d'un retrait de certaines troupes américaines en Allemagne. 

Un retrait "prévisible"

À Berlin, on se préparait donc en quelque sorte à cette annonce, confirmée officiellement par Washington il y a quelques heures. En réalité, c'était même une épée de Damoclès dans la relation germano-américaine depuis le premier mandat de Donald Trump. À l'époque, le président américain voulait déjà retirer 12.000 soldats

En théorie, avec 5.000 hommes en moins, sur les 39.000 recensés, on est plutôt sur une "fourchette basse des sanctions trumpiennes". "C'était prévisible", a même commenté le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius. Le chancelier, lui, n'a pas encore réagi. On sait aussi que le président américain est le spécialiste des volte-faces. Mais si c'est confirmé, ce retrait sera un grand tournant dans les relations entre les deux pays.

Une menace économique et sécuritaire

Friedrich Merz est au pied du mur puisque récemment, il a déclaré que l'émancipation allemande de la tutelle américaine devait être la grande mission de son mandat à la tête de l'Allemagne. Et ce n'est pas une mince affaire parce que le pays a confié les clés de sa sécurité aux États-Unis depuis des décennies.

À lire aussi

En plus du retrait des troupes, une autre décision inquiète particulièrement Berlin et aussi l'OTAN. Ce samedi 2 mai, selon le New York Times, le Pentagone a annulé une décision de Joe Biden et renonce à déployer une batterie de missiles à longue portée sur le territoire allemand. Or, ce sont justement des systèmes d'armement qui font cruellement défaut à la défense européenne. 

Par ailleurs, pour l'Allemagne, le départ de ces 5.000 soldats représente une menace économique. Les 40 bases américaines sur le territoire allemand font tourner toute une économie locale. Et l'Allemagne est également une plaque tournante pour toutes les opérations militaires américaines dans le monde. Pour l'instant, on ne sait pas quelles régions allemandes seront concernées, mais pour le ministre de la Défense, en tout cas, c'est un signe supplémentaire pour les Européens qu'il faut prendre en main leurs responsabilités, leur sécurité et que l'OTAN doit devenir plus européenne.

Une taxe sur l'automobile qui pourrait coûter 0,3 point de croissance à l'Allemagne

L'autre coup de bâton porté aux relations germano-américaines concerne l'automobile. Washington a annoncé une taxe de 25% sur les voitures européennes qui sera mise en place dès la semaine prochaine. Et les cibles sont clairement les véhicules allemands, notamment Volkswagen. Le premier groupe allemand est déjà frappé de plein fouet par les droits de douane élevés. Son directeur financier a récemment indiqué que ces derniers lui avaient coûté 4 milliards d'euros. 

Les exportations risquent d'être encore plus chères si, effectivement, Washington applique cette nouvelle augmentation des droits de douane. Les États-Unis sont le premier marché d'exportation pour l'automobile allemande. L'an dernier, elles ont été en baisse de 9%, même de 17% si on regarde les exportations de poids lourds. La facture pourrait s'élever à 30 milliards d'euros au total et coûter 0,3 point de croissance à l'Allemagne.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info