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"Panama Papers" : 4 questions pour comprendre le scandale

INFOGRAPHIES - Une entreprise, 370 journalistes mobilisés et plusieurs personnalités concernées. L'affaire "Panama Papers" éclabousse plusieurs pays.

L'entreprise Mossack Fonseca est concernée par le scandale "Panama Papers"
L'entreprise Mossack Fonseca est concernée par le scandale "Panama Papers" Crédit : RODRIGO ARANGUA / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et Caroline Brenière

"Panama Papers". C'est sous ce nom que 107 médias ont fait des révélations sur "le monde opaque des paradis fiscaux et de ceux qui en profitent", explique Le Monde. Il s'agit de la plus grosse fuite de données mondiales, dans l'histoire de la presse. Selon le quotidien, douze chefs d'État ou de gouvernement, dont six en exercice, ainsi que 128 dirigeants politiques et hauts fonctionnaires sont concernés par ce scandale. Autres personnes concernées : 29 des 500 personnalités les plus riches du monde et environ 1.000 ressortissants français.

Cette enquête internationale a été réalisée par plus de 100 journaux sur quelque 11,5 millions de documents. Ces documents, regroupés sous la dénomination "Panama Papers", proviennent du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. François Hollande a assuré, ce lundi 4 avril, que ces révélations vont donner lieu à des "enquêtes" fiscales, ainsi que des "procédures judiciaires", en France.

1. Qu'est ce que les "Panama Papers" ?

11,5 millions de documents provenant d'une entreprise panaméenne, Mossack Fonseca, ont été épluchés par les journalistes. 370 journalistes de 76 pays ont contribué à ces révélations. Les documents analysés concernent la période allant de 1977 à 2015, explique Le Monde. Mais d'où viennent ces documents ? "Il s'agit d'un lanceur d'alerte, dont l'identité reste protégée, qui a contacté un journal allemand, Süddeutzsche Zeitung", raconte le quotidien. Ensuite, les informations ont été partagées avec d'autres médias et plus précisément le Consortium international de journalistes d'investigation, étant donnée l'ampleur des documents à analyser. L'identité du lanceur d'alerte reste inconnue.

À noter que plusieurs morceaux de ces informations ont été vendues aux autorités fiscales allemandes, américaines et britanniques. "Une procédure devenue relativement habituelle, notamment en Allemagne. la France fait ainsi partie des pays qui se sont vus proposer l'achat d'une partie des 'Panama Papers'", explique le quotidien du soir. 

2. Que nous apprennent ces documents ?

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Selon les premiers éléments dévoilés, plus de 214.000 entités offshore seraient impliquées dans les opérations financières dans plus de 200 pays et territoires à travers le monde. "Les documents montrent que les banques, les cabinets d'avocats et autres acteurs opérant dans les paradis fiscaux oublient souvent leur obligation légale de vérifier que leurs clients ne sont pas impliqués dans des entreprises criminelles", a affirmé le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) qui a coordonné l'enquête. Le gouvernement du Panama a lui assuré dimanche qu'il "coopérera vigoureusement" avec la justice en cas d'ouverture d'une procédure judiciaire.  

Le directeur de l'ICIJ, Gérard Rylé, explique que "cette fuite sera probablement le plus grand coup jamais porté aux paradis fiscaux à cause de l'étendue des documents (...) Ces révélations montrent à quel point des pratiques nocives et la criminalité sont profondément enracinées dans les places offshore". 

3. Qui sont les personnes concernées ?

Parmi les personnalités mentionnées dans les millions de documents figure notamment des associés du président russe Vladimir Poutine, qui auraient détourné jusqu'à 2 milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés écran, selon le consortium. Selon le Kremelin, le président russe est la "principale cible" des "Panama Papers", qui s'attaquent notamment à ses proches. "Poutine, la Russie, notre pays, notre stabilité, les prochaines élections sont la cible principale. Il s'agit de déstabiliser" le pays, a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes. 

Autre personne concernée : le premier ministre islandais. Il serait propriétaire d'une société offshore, non déclarée au fisc. "La base de données met aussi en évidence ses connexions avec les trois plus grosses banques du pays, qui ont mis à genoux, l'économie islandaise, lors de la crise financière de 2008", rappelle Le Monde. La défense du chef de gouvernement est simple : lui n'a jamais caché d'argent à l'étranger, et sa femme est en règle avec le fisc islandais.

"Je n'ai pas envisagé de démissionner à cause de cela et je ne démissionnerai pas à cause de cela", a-t-il insisté lundi, interrogé par la chaîne Stöd 2. Lors d'un entretien avec la télévision suédoise SVT réalisé le 11 mars et diffusé pour la première fois dimanche, il s'était montré très mal à l'aise, au point de quitter la pièce quand les questions sont devenues pressantes. "On rend suspect quelque chose qui ne l'est pas", s'agaçait-il. 

Michel Platini est aussi cité dans cette affaire. L'ancien président de l'UEFA aurait eu recours aux services de ce cabinet d'avocats en 2007, l'année où il a été désigné à ce poste, pour administrer une société au Panama selon cette enquête réalisée par plus de 100 journaux, qui vise des personnalités de premier plan, parmi lesquels le cercle rapproché du président russe Vladimir Poutine, ou encore Lionel Messi. 

"Suite aux informations diffusées dans le cadre de l'enquête dite des 'Panama Papers', Michel Platini tient a faire savoir, comme il l'a indiqué à maintes reprises aux journalistes en charge de cette enquête, que l'intégralité de ses comptes et avoirs sont connus de l'administration fiscale suisse, pays dont il est résident fiscal depuis 2007", a fait savoir son service de communication dans un texte transmis à l'AFP dimanche soir. 

4. Qu'est ce que Mossack Fonseca ?

Le nom au cœur de cette affaire est Mossack Fonseca. Il s'agit d'un discret cabinet d'avocats panaméen qui compte une brochette de clients prestigieux et s'est spécialisé dans l'évasion fiscale. Le voile de mystère dont il s'était entouré a été levé dimanche lorsqu'une enquête planétaire réalisée par plus de cent médias sur la base de documents prévenant de ce cabinet a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan.

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