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"Nous avons libéré la Hongrie" : le conservateur pro-européen Peter Magyar détrône le nationaliste Viktor Orban avec une supermajorité des deux tiers

Le parti de Magyar remporte une supermajorité des deux tiers après un décompte presque définitif, dimanche 12 avril. Selon un décompte officiel portant sur 98,15% des bureaux de vote, Tisza remporte 138 sièges sur 199 avec 53,56% des voix, contre 55 sièges et 37,86% des voix pour le Fidesz de Viktor Orban. La participation a atteint un record de 79,50%.

Peter Magyar, chef du parti conservateur pro-européen TISZA, sur les rives du Danube après sa victoire aux législatives à Budapest en Hongrie, le 12 avril 2026.

Crédit : Ferenc ISZA / AFP

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Le conservateur pro-européen Peter Magyar a largement remporté les élections législatives en Hongrie dimanche 12 avril face au nationaliste Viktor Orban, dont la défaite constitue aussi un camouflet pour le président américain Donald Trump qui lui avait apporté son soutien.

"Nous avons libéré la Hongrie", a proclamé en fin de soirée Peter Magyar, juché sur une estrade installée sur les bords du Danube, avec en arrière-plan l'emblématique bâtiment du parlement hongrois, sous les acclamations de dizaines de milliers de personnes, dont certains ont tiré des feux d'artifice.

"Ensemble, nous avons fait tomber le régime Orban", a-t-il encore dit, après avoir fendu la foule compacte, en portant le drapeau hongrois. Selon un décompte officiel portant sur 98,15% des bureaux de vote, Tisza remporte 138 sièges sur 199 avec 53,56% des voix, contre 55 sièges et 37,86% des voix pour le Fidesz de Viktor Orban. La participation a atteint un record de 79,50%.

Un peu plus tôt, Viktor Orban avait concédé sa défaite après 16 ans de pouvoir, prenant acte de résultats "douloureux mais sans ambiguïté" et ajoutant avoir "félicité le parti vainqueur".

"Une défaite retentissante pour l'autoritarisme"

Cette déroute de Viktor Orban, qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale, porte également un coup aux mouvements nationalistes et d'extrême droite à travers le monde, pour qui il était devenu un modèle. C'est le cas en particulier du camp "MAGA" du président américain Donald Trump qui n'avait pas ménagé ses efforts pour le soutenir, multipliant les messages et envoyant son vice-président JD Vance en appui cette semaine à Budapest.

"C'est une défaite retentissante pour l'autoritarisme, dont l'écho dépasse largement les frontières de la Hongrie", analyse le centre de réflexion américain Center for American Progress. "C'est aussi un coup majeur porté à ceux qui voyaient dans le modèle corrompu de Viktor Orban un modèle à suivre, y compris Donald Trump". 


"La victoire de l'opposition en Hongrie hier, tout comme les élections polonaises de 2023, est une victoire pour la démocratie, non seulement en Europe, mais partout dans le monde. C'est avant tout un témoignage de la résilience et de la détermination du peuple hongrois – et un rappel pour nous tous de continuer à lutter pour la justice, l'égalité et l'État de droit", a félicité Barack Obama sur X.

Plusieurs dirigeants européens ont félicité Peter Magyar, dont le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, et le Premier ministre polonais Donald Tusk, qui a ajouté en hongrois : "Les Russes, rentrez chez vous", en référence aux amitiés de Viktor Orban avec Vladimir Poutine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est réjouie que la "Hongrie ait choisi l'Europe".

"Pour l'UE, le Royaume-Uni et l'Ukraine, la soirée sera bonne : moins de blocages en perspective et une coopération plus amicale", souligne Grégoire Roos, directeur pour l'Europe et la Russie au centre de réflexion Chatham House, même si cela ne marque pas "le début de la fin du populisme en Europe", selon lui.

Le dirigeant nationaliste maniait régulièrement son droit de veto pour bloquer les politiques européennes, dont fin mars un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Un pays que Viktor Orban a désigné comme un ennemi pendant sa campagne électorale, accusant le président ukrainien Volodymyr Zelensky de vouloir entraîner les Hongrois dans la guerre contre l'envahisseur russe.

Cependant, l'argument n'a pas pris face à la stagnation de l'économie, l'inflation et une corruption devenue trop flagrante, selon des analystes. Peter Magyar a, lui, promis d'être un membre loyal de l'UE, bien que, comme Orban, il refuse l'envoi d'armes à l'Ukraine.

"Oui à l'Europe"

"Aujourd'hui, le peuple hongrois a dit oui à l'Europe", a-t-il déclaré à la foule venue l'acclamer dimanche soir, avant de promettre de rétablir les contre-pouvoirs et de garantir "le fonctionnement démocratique" du pays, une tâche "énorme".

Novice en politique, cet ancien membre du Fidesz avant de devenir son principal pourfendeur, a réussi en deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de terrasser un Viktor Orban qui avait pourtant forgé le système électoral à son avantage, et mis au pas les médias.

"Je suis là pour gagner", avait déclaré dans la matinée Viktor Orban après son vote à Budapest, mettant en avant ses amitiés à travers le monde "des États-Unis à la Chine, en passant par la Russie et le monde turc". Mais "dans un contexte de tensions accrues, il est devenu plus difficile de présenter Trump comme un garant de stabilité, celui-ci étant perçu par certains comme un facteur d'incertitude sur la scène internationale", souligne Bulcsu Hunyadi, analyste chez Political Capital.

"Je suis très triste, je n'arrive pas vraiment à comprendre ce qui s'est passé, mais tout comme notre Viktor Orban l'a dit, j'accepte le résultat de tout mon cœur", déclare Hajnalka Gan Bozsokine, une enseignante de 62 ans, portant une casquette de baseball orange aux couleurs de Fidesz, rencontrée dans le QG du parti.

"Je me sens fantastiquement bien. On s'est enfin débarrassés de ce système, et il était temps", confie à l'inverse Zoltan Sziromi, un étudiant de 20 ans qui fêtait la victoire au milieu de la foule des supporters de Peter Magyar.

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