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Des manifestants affrontent la police anti-émeute lors d'une manifestation contre les réformes de l'éducation et les coupes budgétaires, à Liège, en octobre 2026.
Crédit : JONAS ROOSENS / Belga / AFP
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La contestation étudiante franchit les frontières françaises. Alors que la mobilisation des lycéens s’étend désormais aux étudiants, la Belgique est à son tour touchée par un mouvement de protestation, avec des rassemblements dans plusieurs villes, notamment à Liège, où la manifestation de mercredi 7 octobre a réuni environ 1.000 personnes dans les rues de la ville.
La police a été confrontée à des débordements. Des vitrines et des abribus ont été dégradés, plusieurs départs de feu ont été signalés et des pétards ont été lancés en direction de la foule. Plusieurs commerces ont également été pillés et des policiers ont été blessés. Au total, une cinquantaine de personnes ont été interpellées, selon les éléments communiqués après la manifestation.
La gare principale de Liège a même dû être brièvement fermée en fin d'après-midi, au moment où un cortège s'en approchait, tandis que tous les commerçants étaient invités par message d'alerte à baisser leur rideau, toujours selon la même source.
Face à ces violences, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, a annoncé mercredi soir l’interdiction de tout rassemblement de plus de trois personnes sur l’ensemble du territoire de la ville pour la journée de jeudi. "Il en va de la sécurité des Liégeoises et des Liégeois, des étudiants, des commerçants et de tous les usagers de la ville", a-t-il déclaré.
Les revendications portent d'abord sur l'avenir du système éducatif belge francophone. La mobilisation s'inscrit dans le prolongement de celle des enseignants belges, opposés aux réformes du gouvernement dans l'enseignement, mais aussi dans la dynamique du mouvement des lycéens en France. Les élèves redoutent des conséquences sur la qualité de leur formation et sur leur avenir.
Le ministre belge de l'Intérieur, Bernard Quintin, a dénoncé "des faits d'une extrême gravité", dans un message sur le réseau X. "Les auteurs identifiés devront répondre de leurs actes devant la justice. Casseurs ? Payeurs ! Point", a ajouté ce libéral francophone.
Le gouvernement avait reçu dans la matinée une délégation de lycéens et d'étudiants pour évoquer la mobilisation, ses revendications et les violences, alors que le mouvement dure depuis plusieurs jours.
Au même moment, alors que des violences éclataient dans le centre de Liège, les échanges se sont tendus au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les élus de l'opposition PS, PTB et Ecolo ont dénoncé à la fois les choix politiques ayant nourri la colère et la réponse du gouvernement, qu'ils estiment inadéquate.
À Liège, la ministre de la Jeunesse Valérie Lescrenier doit recevoir jeudi 8 octobre à 15h30 des élèves et jeunes engagés dans plusieurs structures, dont le Comité des Élèves Francophones, le Forum des Jeunes et les Maisons de jeunes.
Selon une source policière, la plupart des personnes soupçonnées sont mineures et ont répondu à des appels à manifester diffusés sur plusieurs messageries. La même source évoque "les pires conséquences des réseaux sociaux".
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