2 min de lecture Nazisme

L'ex-comptable d'Auschwitz condamné à quatre ans de prison

L'ancien comptable du camp de concentration d'Auschwitz Oskar Gröning a été condamné à quatre de prison pour "complicité" dans le meurtre de 300.000 Juifs.

Oskar Gröning le 8 juillet 2015.
Oskar Gröning le 8 juillet 2015. Crédit : CHRISTIAN CHARISIUS / POOL / AFP
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et AFP

Cela pourrait être le dernier procès nazi de l'Histoire. Après près de trois mois de procès, le tribunal de Lunebourg, dans le nord de l'Allemagne, a condamné ce mercredi 15 juilletl'ancien comptable d'Auschwitz Oskar Gröning à quatre ans de prison pour "complicité" dans le meurtre de 300.000 Juifs. Une peine légèrement supérieure aux trois ans et de mi d'emprisonnement requis le 7 juillet par le parquet.

Dans ses réquisitions, le procureur avait mis en balance la "contribution mineure" de l'ancien SS de 94 ans au fonctionnement d'Auschwitz, devenu emblématique de l'enfer concentrationnaire, et dans lequel quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, ont péri entre 1940 et 1945. Une contribution tellement mineure, que la défense de Gröning avait plaidé l'acquittement, estimant qu'il n'avait "nullement favorisé l'Holocauste, du moins pas d'une manière pertinente sur le plan pénal".

Les excuses

Les charges contre Gröning reposaient sur deux points : on lui reprochait d'avoir soutenu économiquement le régime, en envoyant l'argent des déportés à Berlin, et surtout d'avoir assisté par trois fois à la "sélection" séparant, à l'entrée du camp, les nouveaux arrivants jugés aptes au travail de ceux qui étaient immédiatement tués. L'ancien soldat s'était défendu en assurant que son rôle consistait uniquement à éviter les vols dans les bagages des déportés, sans lien avec le processus d'extermination, et en rappelant ses trois demandes infructueuses de transfert sur le front.

Bien avant d'être rattrapé par la justice, cet ancien engagé volontaire dans les Waffen SS avait livré le récit de ses deux ans passés à Auschwitz, de 1942 à 1944, dans un mémoire destiné à ses proches puis dans de longues interviews destinées à "lutter contre le négationnisme".

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Dès l'ouverture de son procès, l'Allemand avait assumé une "faute morale" et présenté ses excuses pour ses actes. "Auschwitz est un endroit auquel personne n'aurait dû participer", a-t-il déclaré mardi, la voix tremblante et le corps éprouvé par trois mois d'audience, faisant sienne la phrase prononcée un peu plus tôt par l'un des représentants des victimes. Des excuses saluées par les avocats des parties civiles qui se sont félicités "que pour la première fois, après un demi-siècle de procès des crimes nazis, un accusé reconnaisse formellement sa faute et s'en excuse".

Une sévérité tardive

Le procès Gröning illustre la sévérité accrue de la justice allemande à l'égard des derniers nazis encore vivants, depuis la condamnation en 2011 à Munich (sud) de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, à cinq ans de prison. Alors qu’auparavant les juridictions allemandes exigeaient la preuve d'actes individuels pour condamner les anciens nazis, Demjanjuk a été reconnu coupable simplement parce qu'il avait travaillé à Sobibor, camp uniquement dédié à l'extermination.

Ces décisions tardives contrastent avec le peu de condamnations, à des peines souvent faibles, prononcées pendant des décennies par les tribunaux allemands. Le patron de l'office fédéral chargé d'enquêter contre les crimes nazis, Kurt Schrimm, a récemment déclaré au quotidien Bild que des enquêtes contre d'anciens gardes de camps nazis étaient toujours en cours, même si "beaucoup ont dû être abandonnées en raison du décès des suspects" ou parce que d'autres "n'étaient plus en mesure de comparaître devant un tribunal" du fait de leur âge.

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