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Guerre au Moyen-Orient : après la mort de trois soldats américains, Washington et Téhéran poursuivent leurs frappes pour une neuvième nuit consécutive

La tension ne diminue pas au Moyen-Orient où, pour la neuvième nuit consécutive, les États-Unis et l'Iran ont échangé des frappes. Lundi 20 juillet, au matin, un navire était en feu dans le détroit d'Ormuz. Trois militaires américains ont été tués en Jordanie et en Irak au cours du week-end.

Le président américain Donald Trump s'adresse à la nation depuis la salle Est de la Maison-Blanche à Washington, le 16 juillet 2026.

Crédit : SAUL LOEB / POOL / AFP

AFP - édité par Quentin Menu

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La perspective de paix au Moyen-Orient s'éloigne petit à petit. Lundi 20 juillet, les États-Unis ont annoncé avoir repris leurs frappes sur l'Iran pour la neuvième nuit consécutive, Téhéran ripostant une nouvelle fois par des attaques contre ses voisins du Golfe et revendiquant un raid contre un centre de commandement "ennemi" en Syrie.

Les raids de la nuit "ont visé des centres de commandement militaires iraniens, des sites de défense aérienne et de surveillance côtière, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des réseaux de communication, afin de réduire davantage la capacité de l'Iran à attaquer des navires commerciaux et des marins civils transitant par le détroit d'Ormuz", a écrit sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Nous les avons frappés très durement à nouveau ce soir", a ajouté le président américain Donald Trump, affirmant que ces bombardements avaient lieu "en l'honneur" des soldats américains tombés au combat au Moyen-Orient.

Trois militaires tués ce week-end

Deux militaires américains ont été tués vendredi par des frappes iraniennes contre une base en Jordanie, et des restes non identifiés, qui pourraient appartenir à un troisième porté disparu, ont été retrouvés sur les lieux de l'attaque, selon le Centcom. Un autre soldat est mort dimanche lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées provenant d'un drone iranien abattu dans le nord de l'Irak, portant à 17 le nombre de militaires américains tués depuis le début de la guerre le 28 février.

Côté iranien, le dernier bilan officiel, publié vendredi par le ministère de la Santé, fait état de 50 morts et plus de 500 blessés depuis la reprise des combats début juillet.

Un protocole d'accord signé entre l'Iran et les États-Unis le 17 juin, qui était censé ouvrir un cycle de négociations de paix, s'est complètement effondré avec la reprise des hostilités entre les deux pays qui s'affrontent au sujet du détroit d'Ormuz.

Ce détroit stratégique, par lequel transitait avant la guerre au Moyen-Orient un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est à nouveau verrouillé par l'Iran depuis la reprise des hostilités avec les États-Unis. Ces derniers, en représailles, ont réimposé un blocus des ports iraniens.

Un navire en feu dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont affirmé lundi avoir "arrêté" par la force deux nouveaux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit, selon les médias officiels. 

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté lundi qu'un navire était en feu dans le détroit, à 8 milles nautiques (15 km environ) au nord-ouest du village omanais de Kumzar, la cause de l'incendie n'étant pas connue pour le moment.

Les cours du pétrole, qui s'étaient apaisés après la signature du protocole d'accord, sont repartis à la hausse. Lundi matin, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a dépassé les 90 dollars, au plus haut depuis juin.

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a exhorté dimanche soir la communauté internationale à s'engager aux côtés des États-Unis pour "protéger le transport maritime" dans le détroit d'Ormuz. "Les autres pays doivent commencer à intensifier leurs efforts et fournir une aide pour partager ce fardeau, qu'il s'agisse de moyens matériels ou financiers", a plaidé M. Rubio.

"Les États-Unis restent toujours ouverts à une solution diplomatique." Nous avons tenté à plusieurs reprises avec l'Iran, et nous continuerons d'essayer", a-t-il toutefois ajouté.

Des attaques au Koweït et à Bahreïn

Au Koweït, l'armée a dit faire face lundi à l'aube à "des attaques de drones hostiles iraniens". Les sirènes d'alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn, qui héberge une importante base navale américaine, et où l'ambassade des États-Unis a mis en garde ses ressortissants contre de possibles frappes iraniennes dans le centre de la capitale, Manama.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé de leur côté avoir mené "une attaque surprise contre le centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi dans la région d'Al-Tanf, en Syrie, en représailles pour le sang des soldats tombés en martyrs d'Iranshahr", a écrit l'agence officielle Irna sur Telegram.

Dimanche soir, l'agence iranienne Tasnim avait fait état des funérailles de trois soldats tués dans une attaque américaine contre une caserne d'Iranshahr, dans le sud-est du pays. 

Les Gardiens avaient déjà annoncé vendredi avoir attaqué la base d'Al-Tanf, dont l'armée syrienne a repris le contrôle en février après le retrait des États-Unis. Mais une source militaire syrienne avait ensuite démenti à l'AFP tout bombardement. La base d'Al-Tanf est située dans le sud-est de la Syrie, dans le triangle frontalier avec la Jordanie et l'Irak.

Les Gardiens ont également affirmé lundi avoir tiré des missiles balistiques sur des avions de l'armée américaine sur l'aéroport d'Aqaba en Jordanie, près de la frontière avec Israël, "causant de sérieux dégâts à plusieurs d'entre eux", selon la télévision d'État. Dimanche, l'armée israélienne avait dit avoir abattu, en collaboration avec l'armée jordanienne, un missile iranien qui visait Aqaba, port de la mer Rouge voisin d'Eilat en Israël.

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