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Frappes en Iran : Donald Trump a-t-il outrepassé le Congrès américain, qui selon la Constitution est le seul habilité à "déclarer" la guerre ?

L'opposition démocrate a fait valoir que les objectifs fixés par le président Trump - mettre fin au programme nucléaire de l'Iran, démanteler son arsenal de missiles, écraser son réseau de mandataires et changer le régime - ne correspondent pas à une opération limitée.

Donald Trump, le 28 février 2026

Crédit : HANDOUT / TRUTH SOCIAL @realDonaldTrump / AFP

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Donald Trump avait promis "son aide" au peuple iranien. En lançant une campagne militaire majeure aux côtés d'Israël contre l'Iran, le président américain a appelé, ce samedi 28 février, à un soulèvement populaire contre la République islamique, quitte à se départir de ses positions passées. 

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"Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir, ce sera à vous de le faire. Cela sera probablement votre seule chance pour des générations à venir", a-t-il affirmé dans un message vidéo pour annoncer les frappes américaines. Depuis les manifestations de janvier réprimées dans le sang en Iran, le dirigeant républicain n'a cessé de dénoncer la mort de civils, citant le plus souvent le chiffre de 32.000 manifestants tués. 

"Trahison"

Le président "faiseur de paix", comme il aime à se vanter, avait déjà ordonné des frappes en juin dernier contre l'Iran qui ont selon lui "anéanti" le programme nucléaire de Téhéran. Sans consulter le Congrès, qui est selon la Constitution américaine seul habilité à "déclarer" la guerre. 

D'aucuns s'interrogent cependant sur ce qui se passera en Iran si le régime devait tomber, alors qu'au Venezuela le président américain joue la carte du pouvoir en place au détriment de l'opposition. Personne ne sait "ce que serait l'impact d'un conflit sur le maintien au pouvoir du régime iranien", écrivait la semaine dernière Richard Haass, ancien président du Council on Foreign Relations, sur la plateforme Substack. "Il pourrait tout aussi bien le renforcer que l'affaiblir", ajoutait-il. 

"Ce sont les objectifs d'une guerre prolongée", a déclaré l'élu Gregory Meeks, ironisant sur le bilan "pas très heureux" des États-Unis en matière de changement de régime. L'ex-élue républicaine au Congrès Marjorie Taylor Greene, ancienne fidèle de Donald Trump, a condamné les frappes comme une "trahison" du président américain envers sa base, qui avait voté selon elle pour mettre fin aux interventions à l'étranger. 

Fin janvier, lors d'une audition parlementaire, le secrétaire d'État américain Marco Rubio concédait aussi que personne ne savait "ce qui se passera en Iran si le guide suprême et le régime venaient à tomber, si ce n'est l'espoir qu'il y ait quelqu'un, au sein de leur système, avec qui vous pourriez travailler". 
L'opposition démocrate faisait valoir elle que les objectifs fixés par le président Trump - mettre fin au programme nucléaire de l'Iran, démanteler son arsenal de missiles, écraser son réseau de mandataires et changer le régime - ne correspondent pas à une opération limitée. 

Khamenei, vivant "autant que je sache"

Une source de sécurité israélienne a déclaré que "des cibles de haut rang" avaient été visées, sans donner de nom. Mais selon la radio-télévision publique israélienne KAN, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Massoud Pezeshkian en font partie. 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a toutefois affirmé sur la chaîne américaine NBC que Khamenei était vivant "autant que je sache". Jusqu'à samedi, le président américain avait soufflé le chaud et le froid sur ses intentions, disant préférer la voie diplomatique mais envisager des frappes "limitées" à défaut d'un accord sur le nucléaire iranien. Mais il s'était gardé de parler ouvertement de changement de régime. 

Dans un discours marquant en mai à Ryad, en Arabie saoudite, le dirigeant républicain s'était inscrit en rupture avec l'interventionnisme passé des États-Unis, tout en affichant sa volonté de mettre fin aux conflits. Il avait alors dit que les États-Unis se garderaient désormais de dire à d'autres nations "comment vivre ou gouverner". Les "interventionnistes se sont immiscés dans des sociétés complexes qu'ils ne comprenaient même pas eux-mêmes", avait-il relevé. Donald Trump s'est d'ailleurs toujours dit opposé au fait d'imposer un changement de régime de l'extérieur, comme lors de la guerre en Irak en 2003. 

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