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Ferguson entre peur et espoir, un an après la mort de Michael Brown et les émeutes raciales

EN IMAGES - Une marche sera organisée en mémoire de Michael Brown, un jeune noir tué par un policier blanc, il y a un an à Ferguson aux États-Unis.

Une petite fille tient un panneau disant "nous n'oublieront pas" à Ferguson, aux Etats-Unis.
Une petite fille tient un panneau disant "nous n'oublieront pas" à Ferguson, aux Etats-Unis.
Crédit : MICHAEL B. THOMAS / AFP
Une petite fille tient un panneau disant "nous n'oublieront pas" à Ferguson, aux Etats-Unis.
Le père de Michael Brown et des habitants défilent à Ferguson, pour les un an de la mort de Michael Brown.
Le père de Michael Brown (au centre), tué par un policier, défile à Ferguson, le 8 août 2015.
Le père de Michael Brown a ensuite déposé des peluches devant le lycée où il était scolarisé.
Le soir, le ton est monté entre manifestants et policiers à Ferguson.
Certains manifestants ont fait rôtir un cochon et tenté de donner la tête aux policiers.
Une petite fille tient un panneau disant "nous n'oublieront pas" à Ferguson, aux Etats-Unis. Crédits : MICHAEL B. THOMAS / AFP
Le père de Michael Brown et des habitants défilent à Ferguson, pour les un an de la mort de Michael Brown. Crédits : MICHAEL B. THOMAS / AFP
Le père de Michael Brown (au centre), tué par un policier, défile à Ferguson, le 8 août 2015. Crédits : MICHAEL B. THOMAS / AFP
Le père de Michael Brown a ensuite déposé des peluches devant le lycée où il était scolarisé. Crédits : MICHAEL B. THOMAS / AFP
Le soir, le ton est monté entre manifestants et policiers à Ferguson. Crédits : MICHAEL B. THOMAS / AFP
Certains manifestants ont fait rôtir un cochon et tenté de donner la tête aux policiers. Crédits : MICHAEL B. THOMAS / AFP
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La rédaction numérique de RTL & AFP

Des squelettes de bâtiments incendiés lors des manifestations de Ferguson dans le Missouri jalonnent encore les rues un an après la mort de Michael Brown, jeune noir abattu par un policier blanc, stigmates de la violence et des émeutes raciales qu'elle a engendrées. 

Cette mort, survenue en pleine rue et en pleine journée le 9 août 2014, a donné naissance au mouvement "Black lives matter" ("la vie des Noirs compte") et ravivé les tensions raciales dans le pays, avec une mobilisation à l'échelle nationale contre la violence policière envers les Noirs, entretenues depuis par  d'autres bavures. "Lorsque quelque chose comme Ferguson se produit, vous assistez à l'explosion de ces jeunes hommes et jeunes femmes qui se sentent tellement désespérés et impuissants", explique à l'AFP Michael McMillan, président de l'organisation de défense des droits civiques Urban league of metropolitan St. Louis. 

Plusieurs responsables de la police ont démissionné

"Les gens se demandent : 'd'où viennent ces gens, pourquoi n'ont-ils pas d'emploi, pourquoi sont-ils si en colère'. Ils étaient là avant mais personne ne faisait attention à eux", ajoute-t-il. Des progrès ont été effectués dans cette banlieue de Saint Louis, agitée par des dizaines de manifestations, plusieurs nuits d'émeutes et devenue le symbole des tensions raciales qui couvent aux Etats-Unis. Les décombres de la station-service incendiée lors d'une flambée de violences ont été déblayés et, bientôt, surgira un centre de formation professionnelle géré par Urban league. 

La police de Ferguson a été cible de maintes critiques notamment pour son racisme - qui a été confirmé par un rapport accablant du ministère de la Justice - et pour ses méthodes paramilitaires de gestion des manifestations, avec véhicules blindés. Le chef de la police et plusieurs responsables de la ville et de la justice locale ont démissionné ou été remplacés. Le nouveau chef de la police, nommé récemment, est un Noir. Il s'est engagé à instiller le "respect, la conscience culturelle et le professionnalisme que la communauté mérite". Les policiers de Ferguson sont désormais tous équipés de caméras individuelles et d'autres villes font de même. 

Nous attendons simplement que le prochain Ferguson se produise

Carol Camp Yeakey, directrice du Centre de recherche sur l'urbanisme et de politique publique à la Washington University de Saint Louis
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Le décès de Michael Brown a servi d'étincelle, mais tout n'est pas réglé, estiment les experts, militants et responsables de la communauté. "La poudrière est toujours là parce que vous ne changez pas des décennies d'injustice en une année", relève le pasteur Tommie Pierson, membre de la Chambre des représentants de l'Etat du Missouri. Un avis partagé par Carol Camp Yeakey, directrice du Centre de recherche sur l'urbanisme et de politique publique à la Washington University de Saint Louis. "Ce n'est pas comme si ce problème avait été résolu. Nous attendons simplement que le prochain Ferguson se produise", dit-elle. "Nous avons de la poudre aux yeux mais une réforme importante pour corriger les maux fondamentaux  de la société et de la politique, non". 

"La police, c'est le sommet de l'iceberg d'un racisme ambiant et d'un système de classes", estime de son côté Tory Russell, membre de Hands up united, un mouvement créé par des jeunes après la mort de Michael Brown. Ferguson, ses quelques manoirs chics plantés sur une colline, ses maisons modestes, ses quelques immeubles d'appartements et les nombreuses églises en font une ville qui n'a rien de remarquable. Sans oublier les traditionnels centres commerciaux. Les gens y sont plus pauvres que la moyenne nationale. La population, environ 21.000 personnes, est noire à 67% et blanche à 29%

Un mélange d'optimisme et de frustration

Le maire-adjoint Mark Byrne pensait que Ferguson était un modèle d'harmonie entre les races avant qu'incendies et pillages ne commencent. Il espère que ce sera néanmoins le cas un jour. "Ca ne va pas être facile, ça ne va pas se produire du jour au lendemain", explique-t-il à l'AFP. Mais "nous pouvons résoudre le problème". Un mélange d'optimisme et de frustration règne au sein de la communauté comme en témoignent les graffitis et les fresques murales peints sur les commerces barricadés

Un mur de restaurant est recouvert de deux poings dressés avec le mot "espoir". A côté quelqu'un a renoncé à nettoyer le slogan "Eliminons l'AmériKKK  blanche" --jeu de mots associant America et KKK, organisation qui milite pour la suprématie blanche-- et "Pas de justice, pas de putain de paix". "Je prie pour que les gens soient patients", confie Charles Davis, qui a ouvert le Ferguson Burger bar and more la veille de la mort de Michael Brown et l'a gardé ouvert malgré les pillages et les incendies tout proches. "En tant que communauté, nous avons été dévastés mais nous avons connu des changements plus rapides que jamais", relève-t-il. "Avec un peu de chance, ce jeune homme n'est pas mort en vain". 

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