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Une prison en Equateur (Illustration)
Crédit : Gerardo MENOSCAL / AFP
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L’Équateur entend frapper fort contre le crime organisé. Le ministre de l’Intérieur John Reimberg a affirmé que le pays construira "autant que nécessaire" de méga-prisons pour enfermer les membres de gangs.
Une première prison de très haute sécurité a déjà été mise en service en novembre. Située dans la province de Santa Elena, l’établissement d’El Encuentro accueille environ 600 détenus, dont de nombreux membres de gangs. Inspirée du modèle du Cecot salvadorien, cette prison impose un régime strict : détenus aux têtes rasées, uniformes orange et isolement renforcé.
Un second pénitencier, d’une capacité annoncée de 15.000 places, doit voir le jour à partir de mai, pour une livraison prévue sous 18 mois. "Cette nouvelle prison est fondamentale", a insisté John Reimberg, qui promet un niveau de sécurité équivalent, voire supérieur.
Depuis la ville portuaire de Guayaquil, épicentre du crime organisé, le ministre assume une ligne dure. "De nouvelles prisons ? Oui, probablement. Autant que nécessaire pour ces criminels", a-t-il avancé.
Le gouvernement de Daniel Noboa, soutenu par les États-Unis dans la lutte contre le narcotrafic, a revendiqué une politique sans compromis. "On ne va pas négocier, on ne va pas conclure de pactes, on va les attaquer", a martelé John Reimberg. L’an dernier, 74.000 personnes ont été arrêtées dans ce cadre.
En janvier 2024, peu après son arrivée au pouvoir, le président a décrété l’Équateur "en état de conflit armé interne" et déployé l’armée dans les rues. Une stratégie critiquée par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui ont dénoncé des abus.
Autrefois considéré comme relativement paisible, l’Équateur est aujourd’hui l’un des pays les plus violents de la région, avec un taux d’homicides de 51 pour 100.000 habitants. Le territoire est devenu un point de transit majeur pour la cocaïne produite en Colombie et au Pérou, représentant environ 70% des flux.
Selon John Reimberg, les criminels "hautement dangereux" doivent être placés dans des lieux totalement isolés. Il a également affirmé que les gangs ont tenté de freiner la construction de la prison d’El Encuentro en lançant près de 600 drones chargés d’explosifs, sans succès.
Le système carcéral est lui aussi sous tension. Environ 38.000 personnes sont actuellement détenues, soit une surpopulation de 36%. Depuis 2020, les affrontements entre bandes rivales en prison ont fait au moins 663 morts, selon la Commission interaméricaine des droits de l’Homme.
Face à cette spirale de violence, le gouvernement a campé sur sa position. "On nous traite d’autoritaires ? Je dois répondre au pays par la sécurité", a tranché le ministre.
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