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Canonisation de Mère Teresa : quelles conditions faut-il respecter pour être canonisé ?

ÉCLAIRAGE - La religieuse de Calcutta est au cœur d'une messe événement ce dimanche 4 septembre au Vatican.

Mère Teresa aux côtés de Jacques Chirac en 1985.
Mère Teresa aux côtés de Jacques Chirac en 1985.
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

"Si jamais je deviens une sainte, ce sera sûrement une des ténèbres. Je serai en permanence absente du paradis, afin d'aller allumer une torche pour ceux plongés dans les ténèbres sur terre". La prédiction de Mère Teresa en 1959 prend tout son sens ce dimanche 4 septembre. En effet, la religieuse décédée en 1997 entre définitivement dans l'histoire. Devant des dizaines de milliers de fidèles, une douzaine de chefs d'État et de gouvernement, dont une délégation indienne, et les journalistes du monde entier, le Pape François canonisera la femme d'Église au sari blanc bordé de bleu au cours d'une cérémonie exceptionnelle organisée au Vatican. Mère Teresa devient donc officiellement une sainte et rejoint ainsi les anciens papes Jean Paul II et Jean XXIII dans ce cercle très fermé. 

Prix Nobel de la Paix en 1979, Mère Teresa est déjà élevée au rang de sainte dans l'inconscient collectif. Dans le langage courant, son nom est associé à l'essence même de la charité. Pourtant, dans la religion catholique, devenir saint ou sainte n'est pas chose aisée. Il faut, en effet, répondre à des critères bien précis, comme être évidemment de religion catholique ou être décédé depuis au moins cinq ans.

Avoir accompli au moins deux miracles au cours de son existence

Le premier critère de choix étant d'avoir accompli deux miracles au cours de son existence. La guérison d'une Indienne atteinte d'un cancer en 1998 et celle d'un Brésilien de 35 ans souffrant de tumeurs au cerveau, dont l'épouse priait Mère Teresa, en 2008 sont les deux miracles qu'elle aurait accomplis. La validation du premier miracle, qui nécessite l'ouverture d'une enquête déterminant si oui ou non la vie de la personne concernée a été exemplaire et bienfaisante, a engendré la béatification de la religieuse le 19 octobre 2003 par le pape Jean Paul II. Du statut de "vénérable", Mère Teresa est alors devenu "bienheureuse".

Le quotidien catholique La Croix explique ce à quoi cela correspond. "La béatification est un acte solennel par laquelle l’Eglise déclare la vie et l’action d’une personne authentiquement chrétienne. Elle la donne ainsi en exemple à tous. La béatification n’aboutit qu’au terme d’une longue quête de la vérité qui prend la forme d’un procès où s’affrontent le promoteur de la béatification (le postulateur) et son adversaire, l’avocat du diable. Il s'agit de l'étape qui précède la canonisation." Cette dernière est ouverte à deux types de personnes : les martyrs et ceux qui ont fait preuve d'"héroïsme des vertus". 

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Mais cette procédure de canonisation a un coût, que France Info estime à "plusieurs centaines de milliers d'euros. (...) Elle est financée par les fonds diocésains et les dons de la communauté.

Mère Teresa est aussi un personnage conservateur opposé à l'avortement

Si les combats de Mère Teresa contre la pauvreté font l'unanimité, les positions de la religieuse ont parfois divisé, comme le rappelle Le Huffington Post qui lui consacre un portrait. En 1994, par exemple, la fondatrice d'hospices des missionnaires de la charité à Calcutta (Inde), dont l'hygiène et les conditions de vie sont critiquées, a déclaré au cours d'une rencontre avec Bill Clinton, le président américain de l'époque, que "la plus grande menace pour la paix aujourd'hui, c'est l'avortement, parce qu'il s'agit d'une guerre contre l'enfant, du meurtre direct d'un enfant innocent, d'un meurtre par la mère elle-même". "Comment pouvons dire aux gens de ne pas s'entre-tuer si nous acceptons qu'une mère tue son propre enfant?"

Les détracteurs de Mère Teresa vont plus loin : ils lui reprochent d’avoir été plus guidée par sa volonté d’évangéliser que d'apporter des soins, notamment dans ses fameux mouroirs. Qu'importent les polémiques désormais, dans le calendrier de l’Église catholique, il y aura un jour pour la fêter. Ce sera le 5 septembre, qui est aussi le jour de sa mort.

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